Livre : Qi-gong No Stress

PARTIE A : Les 8 brocarts

1 | Introduction

En coaching comme en thérapie, impossible de demander à tous les intéressés d'être "Maître de Qi Gong", ni de "Maître de Yoga" non plus. Les pratiques à médiation corporelle doivent donc être adaptées et un grand effort de pédagogie est nécessaire. La description des huit mouvements qui suivent est donc adaptée à une pratique individuelle sans instructeur et... sans risque bien sûr!

Qi-qong signifie littéralement exercice (qong) relatif à l'énergie vitale (Qi). On prononce tchi-kong et on le trouve écrit de différentes façons: Qi-Qong, Tchi-Kung, Ki-Kong, Chi-Gong ou Qigong. C'est un art millénaire Chinois conçu pour garder la forme et la santé physique, mentale et psychique. Issu de la gymnastique Taoïste (Daoyin ou Tao Yin -15) pratiquée dès l’antiquité, la légende la plus moderner nous dit que, vers le Vème siècle, le Bodhidharma lui-même formalisa un Qi-gong pour les moines Kung-fu du monastère Shaolin, en Chine. Depuis l'an mille, les écrits sont de plus en plus nombreux et il existe aujourd'hui des centaines d'écoles structurées et pérennes en Asie comme dans le reste du monde.

Choisir parmi les centaines de mouvements de Qi-Qong, ceux qui sont les plus simples à apprendre, mais aussi les plus efficaces pour la gestion des stress, peut paraître un travail de Titan. Heureusement, dès le XIIème siècle, un général soucieux de la bonne forme de ses armées, le Général Yue Fei, développa le Ba Duan Jin (littéralement : les huit pièces de brocart) pour améliorer la santé et le moral de ses troupes. Ce sont donc ces huit exercices que nous utiliserons en priorité pour la gestion des stress de la Vie.

Travaillés d'une façon globale, les huit mouvements régularisent la circulation énergétique, fortifient le corps et développent l'équilibre psychique. Dit d'une façon plus précise, l'ensemble des huit techniques présentées vise à améliorer:

      • la concentration,
      • la résistance aux conditions de terrains difficiles,
      • la fluidité mentale face aux imprévus,
      • la gestion des émotions et
      • la récupération après un rush !

Au vu de tous ces bénéfices, c'est le moment de revenir sur la définition d'un brocart pour mieux comprendre l'emploi de ce mot ici:

    • "Un brocart est une étoffe de soie rehaussée de dessins brochés d’or et d’argent. Le terme de brocart a souvent été appliqué à des soieries brochées richement décorées." Wikipedia.

Aussi, pratiquer les 8 brocarts c'est donc comme habiller, draper de 8 pièces de soieries richement décorées... notre santé et notre bien-être. Et c'est toujours au vu des tous les bénéfices décrits plus haut qu 'on les nomme aussi les 8 trésors.


Voir la vidéo de synthèse de 8 bocarts plus bas.

NB: Il existe autant de variantes que d'école de Qi-gong (soit plus de mille), aussi avons-nous fait le choix de la simplicité et de l'universalité. Simplicité pour que chacun puisse refaire le mouvement facilement chez lui. Universalité, aucun prérequis sportif ou de souplesse n'est nécessaire dans les variantes proposées. Si on ne force pas ces mouvements sont toujours positif pour la personne. Bien sûr, si vous avez le moindre doute, demander l'avis de votre médecin traitant avant de pratiquer. Un autre critère a guider notre choix, nous décrivons les mouvements sur Ciel vers la Terre, symboliquement le sens de l'incarnation de l'énergie de Vie TAO. Nous avons donc choisi des variantes allant progressivement du Yang au Yin suivant le modèle ancestral du Pakua.

2 | Levez les mains pour supporter le ciel

Description

    1. Debout en posture naturelle: pieds un peu écartés, tête digne, genoux déverrouillés, regard horizontal
    2. Ramenez les mains, paumes vers le haut, à hauteur du ventre, les extrémités des index se touchent face au ventre.
    3. Montez les mains sur la ligne centrale du corps avec souplesse, en inspirant profondément, assez lentement
    4. Naturellement, les mains pivotent au niveau du visage, les paumes s'orientant vers l'extérieur
    5. Continuez à monter les mains pour aller soutenir le ciel
    6. Finissez en étirement, en poussant ou en soulevant le ciel quelques secondes
    7. Redescendez en relâchant le souffle et les bras (et en déverrouillant les genoux)
    8. Recommencez encore 2 fois au minimum (3 fois en tout), et 7 à 15 fois si besoin.

Indications

Le but de cet exercice est de tonifier l'organisme et d'harmoniser le yin et yang, l'énergie vitale et le trois tandiens ou dan tian ou centres énergétiques ou foyers: celui de la tête, de la poitrine et du bassin.

Comme disent les anciens "Levez les mains pour supporter le ciel règle les trois foyers" c'est à dire tonifie et rééquilibre le foyer supérieur : la zone du troisième œil, le foyer moyen : la zone le cœur, et le foyer inférieur le bassin, le hara.

Variantes

Suivant les écoles, on porte son attention sur différents points comme :

    • Ne pas décoller les pieds ou au contraire accentuer l'extension en montant sur la pointe des pieds ou encore monter sur la pointe des pieds puis les redescendre les talons au sol.
    • Garder le regard horizontal ou au contraire le laisser suivre les mains.
    • Garder les mains horizontales vers les centres ou au contraire les laisser vivre le moment présent et aller vers l'extérieur comme pour soutenir une grosse sphère
    • Coordonner la respiration avec le mouvement ou au contraire laisser la respiration libre, et suivre son ressenti
    • Garder les épaules basses ou au contraire, les laisser montées et même entrelacer les doigts comme dans un mouvement spontané d'étirement.
    • ...

Il existe aussi des variantes sur la deuxième partie du mouvement, la redescente des bras :

    • Suivant le principe de l'alternance Yin-Yang, plus l'extension (Yang) est forte, longue ou intense, plus le relâcher (Yin) est soudain et profond. Souvent une expulsion bruyante de l'air par la bouche accompagne cette deuxième phase de mouvement. Lors de ce relâchement-expir-, les mains peuvent même descendre tout en bas et les genoux fléchir.
    • Dans d'autres écoles, le maintien des mains en haut est court, l'extension moins forte, et la descente des bras se fait sur le côté à vitesse modérée. On peut alors synchroniser la respiration avec le mouvement : inspir sur la montée des bras, expir sur la descente des bras.

Comme on le voit, tout est possible, l'important en gestion du stress c'est de se sentir mieux après => un bon Qi-gong est un Qi-gong qui se fait avec LE SOURIRE et qui connecte la joie et l'enthousiasme des étoiles.

Autres traductions

      • Levez les mains pour supporter le ciel règle les trois foyers
      • Porter le ciel dans ses mains (Liang Shou Tuo Tian Li San Jiao)
      • Les mains soutiennent le ciel
      • Les deux mains levées soutiennent le ciel pour réguler les Trois Réchauffeurs

3 | Défier le dragon du poing avec le regard de feu

Description

    1. Debout en posture dite du cavalier: pieds bien en appui, genoux écartés vers l'extérieur (idéalement comme si vous étiez sur un Percheron), tête digne, regard horizontal.
    2. Notez que le cheval que vous montez n'est pas forcément un percheron, il peut être un simple cheval même un peu maigre, l'important est de ne pas avoir les genoux en dedans.
    3. A votre gauche, il y a un "Dragon". Afin de le tenir en respect, vous allez le défier du poing avec un regard de feu.
    4. En inspirant, croisez légèrement les bras devant le buste, fermez les poings et tournez la tête vers la gauche afin de regarder le dragon.
    5. En contraction isométrique, c'est-à-dire en contractant vos muscles pendant le mouvement, amenez votre poing à la hauteur de l'épaule, pointé vers la gauche, le tout en expirant bruyamment par la bouche.
    6. Pendant le mouvement, l'autre main peut venir en "hikité", c'est-à-dire sur votre flanc opposé, le flanc droit, paume vers le haut, coude en arrière. (Cet hikité est optionnel, il augmente considérablement l'extension de la région de la poitrine, centre de régulation énergétique primordiale qui de toute façon sera travaillée avec le tir à l'arc.)
    7. En fin de mouvement vous êtes donc en fin d'expiration forcée, en contraction et avec un regard de feu qui "toise le Dragon".
    8. Relâchez complètement la contraction et la tension en respirant
    9. Revenez alors en position initiale, vous pouvez également relâcher la position du cavalier sans pour autant rapprocher les jambes.
    10. Lentement, recommencez le même exercice de l'autre côté
    11. En tout, faites-le 3 fois à gauche et 3 fois à droite au minimum.

Indications

Rafraîchissant et tonifiant, cet exercice fortifie le métabolisme en gardant les organes vitaux en bonne santé. Tout le mouvement tend vers la fermeté.

Psychiquement, il contribue à l'endurance, à garder le cap même si la situation s'éternise.

Variantes

"Défier le dragon du poing avec le regard de feu" a comme base une contraction isométrique, c'est un point clef qu'il ne faut surtout pas oublier.

La forme la plus simple est une contraction isométrique sur place comme imagé en fin de la vidéo ci-dessous. On contracte fort le corps entier. Ensuite, les variantes vont toutes être inspirées des arts martiaux (le hikité est alors obligatoire):

    • Au lieu d'un mouvement circulaire de balayage latéral, on peut donner un coup de poing sur le côté.

Le coup de poing peut être frontal, comme un coup de poing de karaté. Le regard est alors frontal aussi. C'est comme si on boxait un adversaire situé en face de nous.

Autres traductions

      • Serrez le poing avec force et les yeux de feu.
      • Augmenter la force en serrant les poings (Zuan Quan Nu Mu Zeng Qi Li) avec les yeux de feu pour accroître le Qi Li.
      • Vriller les poings avec des yeux de feu
      • Serrer les poings et écarquillant les yeux pour accroître le souffle et la force

4 | Bandez l'arc avec le regard de l'aigle pour décocher une flèche au loin

Description

    1. Debout en posture dite du cavalier: pieds bien en appui, genoux écartés vers l'extérieur (idéalement comme si vous étiez sur un Percheron), tête digne, regard horizontal.
    2. Noter qu'il s'agit de la même posture que pour défier le Dragon, toutefois, ici elle n'est pas obligatoire. On peut être en appui sur la jambe avant ou arrière (voir images plus bas).
    3. Comme si vous teniez un grand arc devant votre torse, et que vous alliez décocher une flèche dans une cible au loin, à votre gauche.
    4. A l'inspire, étirez l'arc imaginaire comme pour viser la cible au loin, votre index gauche servant de viseur, votre regard étant celui de l'aigle...
    5. Maintenez la tension maximale de l'arc, en maintenant une extension, une ouverture maximale de votre poitrine.
    6. Soufflez en lâchant la flèche puis relâcher tout (les épaules, le regard, et même la position du cavalier si vous voulez).
    7. Tournez votre regard de l'autre côté et reprenez la posture du cavalier.
    8. Tirez l'arc alternativement à gauche et à droite 3 fois au minimum

Indications

D'un point de vue physique, le but de l'exercice est de fortifier la musculature des épaules et des bras, et de dilater la poitrine afin d'accroître la capacité et l'élasticité des poumons.

Un point clef invisible est de mettre son intention sur les omoplates. On peut même venir faire toucher les omoplates (le fameux "baiser des omoplates").

Il ne faut pas oublier que la mémoire du corps l'emporte sur nos images mentales et a le pouvoir, via une pratique quotidienne, de faire évoluer tout type de croyances notamment sur l'image que nous avons de nous même, y compris l'image de notre futur comme ici.

Le Kyodo, la voie Zen de l'arc Japonais, nous apprend que dans ce mouvement du tir à l'arc, nous nous autorisons à nous réapproprier nos valeurs intérieures. En réorientant notre attention à travers "Je retrouve le pouvoir de lancer ma flèche où et quand je veux", je reprends la maîtrise de diriger cette attention différemment tout en réactivant mes circuits énergétiques.

Variantes

Très peu de variantes ici, seul la position du cavalier est, dans certaines écoles, non obligatoire :

    • Si la posture du cavalier est adoptée, il est préférable d'avoir la sangle abdominale tonique et le bassin basculé vers l'avant (retro-version du bassin autour de l'axe des hanches pour décambrer).
    • Si la posture n'est pas celle du cavalier, une jambe sera pliée, l'autre tendue et orientée vers la cible. Le tir sera plutôt un tir lointain "en cloche", la flèche pointant un peu vers le haut.

Autres traductions

      • Bandez l'arc pour décocher une flèche sur l'aigle au loin.
      • Tirer à l’arc (comme pour abattre un aigle) - (Zuo You Wan Gong She Da Diao)
      • La droite et la gauche bandent l’arc
      • Bander l'arc pour décocher une flèche à droite puis à gauche

5 | Dodeliner la tête pour allez voir la queue du Dragon

Description

    1. Debout, écartez un peu les pieds afin d'ouvrir un peu les genoux en position dite du cavalier.
    2. Abaissez-vous légèrement en prenant appui, avec les mains, sur vos genoux ou vos cuisses. Du fait de la position, vous êtes légèrement penché en avant et vos épaules sont un peu surélevées.
    3. Vous pouvez alors entamer de "dodeliner la tête". Il s'agit de laisser rouler la tête comme quand on fait de la gymnastique du cou. Toutefois ici, tout le corps accompagne si besoin. L'objectif est de détendre le muscle "trapèze", celui en haut du dos, en lien avec la nuque. On peut dodeliner en maintenant la tête verticale ou alors, au contraire, se laisser pencher en avant pour utiliser la tête comme un balancier.
    4. Une fois les muscles du cou bien relâcher, vous allez entamer la deuxième partie du mouvement, totalement indépendante, qui consiste si possible à aller voir la "queue de dragon", le dragon étant vous dans ce mouvement.
    5. Vous partez par exemple sur la droite, le buste suit et les bras accompagnent le mouvement général.
    6. Le mouvement du corps se poursuit jusqu'à alignement de la jambe et du tronc. A ce moment fugitif, le tibia, la cuisse, le flanc sont alignés et en extension complète. NB: Si vous débuter, passer le paragraphe suivant et maintenez quelques secondes la position.
    7. Le mouvement de la tête se poursuit seul. C'est comme si vous alliez voir derrière vous "la queue du Dragon", de façon plus technique, vous essayez de voir votre talon par-dessus l'épaule. Normalement, ce dernier regard vers la queue du Dragon accentue l'effet de stretching.
    8. Le mouvement aller est fini. Pour le retour, il convient de refaire exactement le chemin inverse. Tout d'abord la tête repart en roulant pour revenir s'aligner avec le flanc et la jambe, puis continue de rouler en emmenant le reste du corps.
    9. Vous vous retrouvez dans la position initiale, sauf que le mouvement est maintenant lancé dans l'autre sens. Vous le poursuivez exactement de la même façon le poids de votre corps passant sur l'autre pied entraîné par le mouvement de la tête.

Trois balancés de chaque côté est une bonne pratique.

Indications

Cet exercice stimule la digestion et la circulation du sang, équilibre le système nerveux et les glandes, et aide à réduire la lourdeur de la taille.

Comme souvent dans notre coaching No Stress, nous privilégions la médiation corporelle, le corps est notre meilleur allié pour tous les stress liés au mental. L'action proposée ici est courte et peut se faire dans un environnement non silencieux, lors d'une pause par exemple et permet un recentrage et une redynamisation générale.

Variantes

La première variante est la position où l'on dodeline de la tête comme nous l'avons vu. Cette première étape qui va déverrouiller la nuque et les muscles des trapèzes, peut se faire tête verticale ou tête vers le bas. En le faisant tête verticale, on laisse rouler la tête entre les épaules remontées par l'appui sur les genoux. Sinon, on laisse la tête tombée vers le sol et on la secoue doucement pour bien relâcher les tensions de la nuque et du cou.

La deuxième variante est la trajectoire pour arriver en position inclinée. Pour faire plus simple, il est possible, dans un premier temps, d'y aller directement plutôt que d'y aller par une large circularité du buste.

Enfin la troisième variante sera sur la troisième partie du mouvement, quand il faut aller voir la queue du dragon. L'idée est d'augmenter l'extension des méridiens, et effectivement en allant regarder en arrière, par-dessus l'épaule, on accentue cet effet. À vous de voir si la queue est loin derrière ou pas en fonction de votre souplesse naturelle.

    • Attention, de nombreuses personnes vont voir la queue du dragon en regardant par dessus le "mauvaise" épaule et ne reviennent pas par le chemin inverse de la tête. => choisissez la variante la plus simple !

Une aide peut être de suivre la trajectoire circulaire de votre menton et de reprendre la même trajectoire au retour.

Autres traductions

      • Branlez la tête et agiter la queue de l'ours libère le feu du cœur.
      • Apaiser le cœur en tournant la tête (Yao Tou Bai Tun Gu Xin Huo) pour éliminer le feu excessif du cœur.
      • Osciller la tête et remuer la queue
      • Secouer la tête puis "remuer la queue" afin de chasser la chaleur du cœur

Animation sympathique des 8 brocarts dans une variante différente de ce livre.

6 | Entourer les pieds avec les mains

Description

    1. Debout en posture naturelle: pieds un peu écartés, tête digne, genoux déverrouillés, regard horizontal
    2. Allez poser vos mains dans le dos, sur vos reins et masser vos reins.
    3. Laissez glisser vos mains vers le bas, vers le pied en brossant l'arrière des jambes.
    4. Aller rejoindre vos pieds, il est bien sûr autorisé de plier les genoux, il ne s'agit pas ici de souplesse.
    5. Les pieds saisis, voire entourés, vous allez commencer à remonter souplement en commençant par... le bassin. Comme vous le constaterez en faisant l'exercice, remonter d'abord le bassin provoque naturellement un étirement à l'arrière des jambes.
    6. Quand votre limite de souplesse est atteinte, relâchez les mains progressivement, puis les laisser remonter souplement sur l'avant des jambes.
    7. Le mouvement se termine, les mains remontant sur la poitrine pour finir en position initiale.
    8. Recommencez deux fois encore

Indications

Cet exercice contribue à accroître l'élasticité du tronc, accélère la circulation vers le cerveau, stimule les reins et aide le corps à se débarrasser des toxines en lui donnant une fraîche énergie.

"Entourer les pieds avec les mains" sera notre solution pour le ré-équilibrage de l'énergie du rein qui est liée à la Terre.

    • Ployez le dos les deux mains agrippées aux pieds fortifie les reins et les lombes.

Notez, qu'il n'est jamais question de souplesse, d'étirement ou de stretching, simplement d'attraper ses pieds, il est donc normal de plier les genoux.

Si vous êtes en excès, cet exercice va réguler le sentiment de surpuissance due à trop d'énergie dans les reins. Si vous êtes en vide, ce même mouvement va reconnecter l'énergie de reins vitale sue terre. Voici les conséquences courantes de ce vide:

    • Inquiétudes pour l’avenir
    • Frayeurs constantes
    • Incapacité à gérer la pression
    • Apathie
    • Teint sombre
    • Hypersensibilité au froid

Ni vide, ni excès, il faut réguler, ré-équilibrer et c'est cet exercice qui vous le permettra.

Variantes

La principale variante est la trajectoire pour aller saisir ses pieds. Dans certaines écoles, on va aller chercher ses pieds "par devant", et non par-derrière en longeant les reins et l'arrière des jambes. Dans cette variante, on va faire comme un plongeon, les mains partent en avant, et par un large circularité, vont rejoindre les pieds. Comme dans la version de base, on n'hésite pas à fléchir les jambes afin de pouvoir saisir ses pieds sans souci.

Une autre variante, mineure, consiste si l'on est pieds nus, à saisir le gros orteil à la place du pied.

Autres traductions

      • Ployez le dos les deux mains agrippées aux pieds fortifie les reins et les lombes.
      • Renforcer les reins en saisissant les pieds (Liang Shou Pan Zu Gu - Shen Yao)
      • Les deux mains tiennent les pieds
      • Agripper les pieds avec les mains pour tonifier les reins et les lombes

7 | Séparez le ciel et la terre ou connecter le ciel et la terre

Description

    1. Debout en posture naturelle: pieds un peu écartés, tête digne, genoux déverrouillés, regard horizontal.
    2. Ramenez les mains, paumes face-face, à hauteur de la poitrine, du sternum.
    3. Montez doucement la main droite tandis que la main gauche descend,
    4. Lentement, continuez la même trajectoire, une main va vers le ciel et l'autre vers la terre.
    5. Naturellement, l'orientation des paumes se modifie à votre convenance pour finir le mouvement en léger étirement.
    6. N'insistez pas sur l'extension et entamez le mouvement de retour avec souplesse et lenteur.
    7. Le mouvement de retour continue et les paumes se retrouvent face-face devant la poitrine, sans pause, le mouvement continue. La main qui descendait continue de descendre et celle qui montait, continue de monter.
    8. Le mouvement retour se finit comme le mouvement aller, par une légère extension, une main vers le ciel et l'autre vers la terre.
    9. Continuez ces allers et retours (5 allers-retours soit 10 mouvements alternés au minimum).
    10. Dès que possible, synchroniser votre mouvement avec une respiration circulaire cohérente (5 sec - 5 sec).

Indications

D'un point de vue physique, ce mouvement stimule la circulation entre l'énergie, le sang et les organes internes, en particulier l'estomac et la rate.

Cet exercice d'étirement très léger, à la fois dynamique tout en restant de faible intensité, améliore d'un côté la récupération par une meilleure circulation du sang et des énergies, et de l'autre, en provoquant une légère augmentation de la température du corps restaure la perception de notre schéma corporel, nous reconnectant à notre intériorité donc à notre sagesse intérieure.

« Séparez le ciel et la terre » est le mouvement de base pour intégrer, via le corps, les principes de séparations. Aussi, pendant le mouvement, une fois bien intégré par le corps, vous pouvez vous laissez à méditer comme :

    • bien séparer ce qui est profitable pour moi de ce qui est préjudiciable,
    • bien séparer ce sur quoi je peux agir de ce sur quoi je ne peux rien,
    • bien séparer mes problèmes personnels et les problèmes des autres, etc.

Il existe une autre symbolique très utilisée en coaching ou en thérapie, il s'agit de "Connecter le Ciel et la Terre". Dans cette vision des choses, l'Homme est le lien entre Ciel et Terre. C'est cette version là que nous privilégions en Ethérapie.

Variantes

Les variantes vont concerner d'une part la position des épaules et d'autre part la position des mains. Comme souvent en Qi-gong on va avoir une version très codifiée et une version plus "Qigong spontané".

    • Les épaules restent horizontales et basses ou, au contraire, elles suivent le mouvement, une épaule montant, et l'autre descendant.
    • Les mains peuvent être tournées vers l'extérieur. La main du bas sera alors comme si on gardait un chien à l'arrêt. Les mains seront nettement pliées, perpendiculaires à l'avant-bras. On ne négligera pas l'extension, surtout celle du bas vers le bas, celle du haut vers le haut ce qui provoquera une ouverture forte de la poitrine.
    • On peut aussi trouver des écoles où les mains seront tournées vers l'intérieur. La main du bas sera juste en dessus du pubis et la main du haut au-dessus du crâne.
    • En Qi-gong spontané, les mains seront plus libres, voire en mouvement comme pour cueillir. La main du haut va cueillir un fruit haut perché et la main du bas va comme pour saisir une herbe haute. Cette pratique convient particulièrement bien à la symbolique "Connecter le Ciel et la Terre".

Autres traductions

      • Séparez les mains, et le bras qui se lève traite la rate et l'estomac
      • Soulever la montagne d’un bras (Tiao Li Pi Wei Bi Dan Ju)
      • Levez un seul bras de fer
      • Lever le bras agit sur la rate et l'estomac

8 | Haussez le corps 7 fois sur la pointe des pieds

Description

    1. Debout en posture naturelle: pieds un peu écartés, tête digne, genoux déverrouillés, regard horizontal
    2. Prenez conscience de vos pieds et de leur contact avec le sol ou la chaussure.
    3. Levez-vous lentement sur la pointe des pieds en ayant comme intention un massage de la voûte plantaire.
    4. Ne cherchez surtout pas l'hypertension du mollet puisqu'il s'agit d'un massage de la plante des pieds.
    5. Redescendez lentement également avec toujours cette intention de massage de la plante des pieds, et ce, même si vous avez des chaussures.
    6. Amplifiez si possible ce mouvement de descente en essayant de masser jusqu'au talon (aidez-vous d'une chaise si l'équilibre vous pose un problème).
    7. Recommencez sept fois avec la même présence à vos pieds.

L'idéal serait de pratiquer pieds nus sur le sable ou l'herbe, mais en chaussures c'est ok aussi, si l'intention de "réflexologie plantaire " est là.

Indications

Cet exercice régularise globalement la circulation énergétique, fortifie le corps, développe l'équilibre. Sa portée très générale en fait dire "Haussez le corps 7 fois sur la pointe des pieds et les 7 afflictions et les 100 maladies disparaîtront". Cet exercice permet donc au corps de conserver tous les organes en bonne santé et maintient le système nerveux sain et équilibré.

Nos pieds nous portent et nous supportent toute la journée, un peu d'attention à leurs égards est normal.

Psychiquement, ce mouvement de Qi-qong va permettre simplement et rapidement de passer à autre chose. En s'élevant sur les pieds, on active les 6 méridiens des pieds et cela régularise la circulation du Qi et des humeurs associées. Il s'agit donc d'une sorte d'auto-réflexologie plantaire et non d'un mouvement gymnique de musculation des mollets!

Variantes

La principale variante concerne la redescente. En effet, soit on reste sur la notion de massage plantaire et on redescend lentement Yin), avec une forte conscience sur les pieds, soit on vise un effet réflexe type "ostéo" (Yang). Dans ce cas, on relâche le corps qui "tombe", le talon venant légèrement frapper le sol. S'en suit une vibration, une onde de choc qui remonte sur tout le corps (faire vibrer la colonne de jade). Afin de rester dans le cadre "Coaching No Stress" et adapté à toutes et à tous, nous préférerons grandement la version douce, où l'on redescend lentement.

Il peut être aidant d'imaginer que l'on nous tire lentement vers le ciel en tirant un de nos cheveux. Ainsi, l'idée d'extension verticale est plus présente.

Autres traductions

      • Haussez le corps 7 fois sur la pointe des pieds et les 100 maladies disparaîtront.
      • Secouer le corps pour éliminer les maladies (Bei Hou QI Dian Bai Bing Xiao) (faire vibrer la colonne de jade).
      • Sept désordres, sept bonds
      • Soulever et baisser les talons pour guérir les maladies

9 | Regardez l'arrière et laisser les cinq fatigues et les sept malaises

Description

    1. Debout en posture naturelle: pieds un peu écartés, tête digne, genoux déverrouillés, regard horizontal
    2. Bras le long du corps ou légèrement écartés, vous allez aller regarder loin derrière sur votre gauche en étant piloté par vos yeux!
    3. La rotation du buste est lente, ce n'est pas le buste qui pivote, mais les yeux qui balayent un grand arc de cercle pour aller voir derrière.
    4. Au fur et à mesure que les yeux vont vers l'arrière, le corps suit sans jamais anticiper la rotation.
    5. Sans forcer, quand le mouvement est terminé pour vous, les yeux regardent vers l'arrière, soufflez alors comme pour évacuer les 5 fatigues et vous libérer des 7 blessures, un geste de la main aide grandement.
    6. Revenez ensuite lentement, toujours en guidage oculaire, et continuez le mouvement pour aller voir de l'autre côté, vers l'arrière droite.
    7. En fin de course, libérez les fatigues, les blessures, tous les soucis par une expiration consciente.
    8. Faites 3 allers et retours au minimum avant de revenir en position centrale.

Indications

Physiquement, on effectue un massage profond de tout le torse, les viscères et la colonne vertébrale ce qui est extrêmement régénérant. Il ne s'agit pas d'aller voir le plus loin possible derrière en tournant le hanche, mais en vrillant la taille.

Psychiquement, quand la fatigue se fait sentir, une réaction immédiate est nécessaire sous peine de perdre en efficacité sans même en avoir conscience. Dans les entreprises, les personnes en burn-out ne s'en rendent pas compte elles-mêmes c'est souvent le médecin... ou leur patron qui leur annonce !

Regardez l'arrière et laisser les cinq fatigues et les sept malaises est profondément régénérant. Les "cinq fatigues" font allusion aux maladies des cinq organes internes yin: le cœur, le foie, la rate, les poumons et les reins. Les "sept malaises" sont liés aux sept émotions: la colère, la joie, la tristesse, la peur, l'obsession, l'inquiétude, l'effroi.

Variantes

La principale variante est celle que vous avez sûrement vu lors des démonstrations ou des festivals d'arts martiaux. Elle consiste en un mouvement rapide de rotation autour de l'axe du corps (version Yang). En effet, le mouvement lent où ce sont les yeux qui pilotent est trop lent pour une démonstration en public! Toutefois cette variante, si elle est souhaitable en démonstration, est bien trop rapide pour effectuer un profond massage et une profonde détente. Elle est donc à proscrire, du moins dans le cadre des 8 brocarts à but thérapeutique. Il existe aussi des compromis entre "le regard qui pilote lentement le mouvement" et le mouvement de gymnastique. L'idée sera d'aller voir loin derrière via un mouvement de rotation, plutôt autour de l'axe de la colonne vertébrale, qui restera plutôt verticale. Pour les sportifs cette variante est valable, mais, là encore, un mouvement lent, voire très lent, qui descend de la nuque, vers les omoplates, puis la taille autour d'un axe vertical matérialisé par la colonne vertébrale est préférable.

Un excellent éducatif est de prendre la forme "Yoga" avec le pouce: Livre VNS fiche 37.

Autres traductions

      • Regardez en arrière les 5 fatigues et les 7 déficiences.
      • Renforcer le corps en regardant vers l’arrière (Wu Lao Qi Shang Xiang Hou Qiao) pour éliminer les «cinq faiblesses» (Wu Lao) et les «sept traumatismes» (Qi Shang).
      • Tournez le cou et regardez en arrière
      • Regarder en arrière pour prévenir les "cinq fatigues" et les "sept malaises"

Comme vous l'avez peut-être remarqué, certaines vidéos (celles dehors dans un parc public) sont de OPS_Formation qui propose la formation TQC complète en e-learning. Merci à OPS Formation de ce partage.

Vidéo de synthèse des 8 brocarts :

10 | Pour aller plus loin, Qi-gong Spirituel

Quand on pratique souvent les 8 brocarts, il devient intéressant de rentrer dans le sens symbolique. Pour cela, on peut associer à chaque mouvement un "mantra", une parole semence, une intention de travail.

Voici un résumé des phrases possibles a associer avec les mouvements des 8 brocarts. Elles sont proposées dans un ordre de pertinence en coaching. Ensuite, nous développons pour chaque mouvement.

Soutenir le ciel

    1. « Je choisis de me réconcilier avec Moi-même ».
    2. J’accepte de voir ce qui est ».

Attraper ses pieds

    1. « Je reviens aux bases. »
    2. « Je choisis la simplicité. »

Séparer le ciel et la terre (a)

    1. « J’accepte d’intégrer les opposés comme naturels faisant partie de la vie ».
    2. « Je dis oui à tous les aspects de la vie les hauts comme les bas »

Connecter le ciel et la terre (b)

    1. « Je suis l’intermédiaire, le centre entre : le fini et l’infini, le rationnel et l’irrationnel, le matériel et le subtil. »

Le tir à l’arc

    1. « J’ai le droit de réussir ma vie à ma façon »
    2. « Je trouve l’équilibre entre références internes et références externes »

Contraction isométrique défier le dragon avec le regard de feu

    1. « Je m’inscris dans la réalité »

Dodeliner la tête de l'ours pour aller voir la queue du dragon

    1. « La vie est changement permanent ».

Regarder derrière soi et laisser ses soucis

    1. « J’ouvre ma conscience à la vie »

Masser 7 fois la plante des pieds:

    1. « La vie me soutient »
    2. « Je recherche la simplicité »

Nous allons maintenant reprendre chaque possibilité afin de mieux voir comment la phrase est née.

Soutenir le ciel

Commençons par la symbolique classique que nous utilisons en coaching et en thérapie pour l’intégration de la polarité Yang originel. Le ciel est, dans l’inconscient collectif archaïque, lié au Yang, cette énergie d’action certes, mais aussi et surtout de sécurité bienveillante. Souvent on connaît l’anecdote humoristique de nos ancêtres les gaulois qui avaient peur que le ciel leu tombe sur la tête. Bien sûr nos ancêtres Celtes comme les Taoïstes n’étaient pas « aussi bête que ça », juste symboliquement, via ce type de mouvement, on vient dire « Ma famille, mon clan, vivez en sécurité, je soutiens le ciel afin que vous puissiez vaquer à vos occupations sans crainte. ». Le fait de soutenir le ciel, ici symbole des vicissitudes et tragédies de la vie, met bien en évidence ce qu’est la bienveillance pour les autres… et pour soi-même. Le côté guerrier, à tort si souvent associé au Yang en occident, est ici totalement absent. Le côté étirement des méridiens (Yang notamment GI, E, IG, V, TR, VB) va donner un plus non négligeable en renforçant le vécu au niveau énergétique.

Ce mouvement qui facilite l’intégration de l’énergie Yang lors du travail de la mise en place du TAO intérieur, peut aussi intervenir soit dans la relation avec soi-même, soit dans sa relation avec la Vie. Si notre difficulté est avec nous-même pratiquer, « soutenir le ciel » permet de changer d’état d’être. La phrase correspondante sera:

    • "Je choisis de me réconcilier avec Moi-même"

Si l’enjeu se situe au niveau de notre relation avec la Vie, ce mouvement nous replace dans une autre attitude intérieure et la phrase devient :

    • « J’accepte de voir ce qui est ».

Attraper ses pieds

A nouveau commençons par la symbolique classique que nous utilisons en coaching et en thérapie pour l’intégration de la polarité YIN originelle. La Terre c’est le Yin, allez vers la Terre-mère c’est dire incarner : je vais vers le Yin que je considère. Pour aller vers ce Yin, le passage par les reins (organe), via un court auto-massage, va reconnecter énergétiquement parlant, le Yin à nouveau. Ensuite la façon d’aller-vers doit être Yin et non Yang. Il est hors de question ici de faire de la gymnastique suédoise, on plie donc les jambes pour aller accueillir notre gros orteil dans le creux de nos mains, symboliquement les points tings des méridiens RP et F. Lors de la descente, afin d’augmenter l’effet énergétique, on va balayer en douceur le méridien yang de l’arrière de la jambe (V). Une fois la reconnexion à la Terre établie, on peut se relever, mais toujours en Yin donc en prenant tout le temps nécessaire. Lors de cette remontée à la verticale, on balayera, toujours en douceur, le méridien E de l’avant du corps.

Méridiens activés lors de : « Aller chercher son gros orteil »

Méridiens activés lors de : « Aller chercher son gros orteil »

Ce mouvement de Qi-gong, traditionnellement associé à l’énergie Yin lors du travail de la mise en place du TAO intérieur, est aussi très adapté dès qu’il s’agit pour nous de revenir à plus de simplicité, et se reconnecter à l’essentiel. Dans ce cadre les deux phrases types que nous pouvons adopter sont les suivantes:

    • « Je reviens aux bases. »
    • « Je choisis la simplicité. »

Séparer le ciel et la terre (a)

Le troisième mouvement tout comme le premier recèle deux facettes. Il faudra donc bien veiller à quel type d’intention on désire se connecter. Il existe l’intention « séparer » et l’intention « connecter », commençons par la première.

En partant du principe que la vie peut être pleine de paradoxes et que nous aimerions pouvoir les vivre sans en ressentir de stress, ou d’inconfort, les phrases d’intention possibles sont:

    • « J’accepte d’intégrer les opposés comme naturels faisant partie de la vie ».
    • « Je dis oui à tous les aspects de la vie les hauts comme les bas »

Connecter le ciel et la terre (b)

En se positionnant avec cette autre démarche de connecter le ciel et la terre, nous pouvons nous fixer comme objectif d’accéder à la totalité de notre être. Nous sommes alors l’intermédiaire entre le ciel et la terre. Cet état d’esprit pourra être exprimé par la phrase suivante:

    • « Je suis l’intermédiaire, le centre entre: le fini et l’infini, le rationnel et l’irrationnel, le matériel et le subtil. »

Le tir à l’arc

La symbolique de ce mouvement est très parlante puisqu’elle nous renvoie au fait que c’est nous qui avons le choix de notre cible et donc de nos objectifs. En conséquence, à tout instant nous avons le pouvoir de déplacer notre cible et donc de réorienter nos objectifs. Les flèches étant les moyens que l’on se donne pour atteindre cet objectif.

Ce mouvement nous rappelle également que l’important est dans le processus et que l’objectif est le prétexte pour expérimenter. Travailler ce mouvement régulièrement permet de valider le droit de « faire à sa façon » donc de se réapproprier ce qui est juste pour soi tout en tenant compte du contexte.

Cela va donner les phrases suivantes:

    • « J’ai le droit de réussir ma vie à ma façon »
    • « Je trouve l’équilibre entre références internes et références externes »

Contraction isométrique défier le dragon avec le regard de feu

La dimension taoïste à laquelle nous renvoie la pratique de ce mouvement symbolise un positionnement très ferme dans le choix de la non-dualité:

    • « Je m’inscris dans la réalité »

Pour nous aider à percevoir l’attitude d’esprit qui est derrière cette notion de non-dualité voici un texte tiré du livre de Michel Laurent Dioptaz « Le silence qui parle » qui peut être associé à cette recherche:

      • Le contraire de la mort c’est la naissance.
      • La Vie n’a pas de contraire.
      • Le contraire du passé c’est le futur.
      • Le présent n’a pas de contraire.

Dodeliner la tête de l’ours pour aller voir la queue du dragon

Dans la Vie tous les points de vue existent. Savoir passer de l’un à l’autre sans stress c’est savoir être dans le flux de la vie:

    • « La vie est changement permanent ».

Voici également une proposition de texte tiré du même livre « Le silence qui parle »de Michel Laurent Dioptaz en lien avec ce thème d’être dans le flux de la vie.

      • Je lâche mes préjugés, je suis là où la Vie prend vie.
      • Je suis au centre de partout.
      • Le centre est partout.
      • Partout est le centre.

Regarder derrière soi et laisser ses soucis

Ce mouvement est une invitation à lâcher ses résistances, à ne plus s’opposer à ce qui va dans le sens de plus de vie:

    • « J’ouvre ma conscience à la vie »

Masser 7 fois la plante des pieds

Ne plus être à la surface des choses mais être au sein du monde en associant inspir =expir

Au début prendre appui sur le mur ou une chaise est ok pour garder son équilibre

    • « La vie me soutient »
    • « Je recherche la simplicité »

Conclusion

Comme on peut le remarquer, ici, c’est avant-tout le mouvement ou le ressenti lors du mouvement qui inspire le sens métaphorique. Il serait bien sûr possible de rechercher un sens via les méridiens sollicités, mais ceci est moins accessible au non-initié. Pour nous, en cabinet, c’est un point important car les personnes qui viennent nous voir pour des problématiques de stress métaphysiques, ne sont pas forcément au fait du modèle des méridiens de la médecine traditionnelle chinoise (MTC).

Face à une personne particulière, donc à une problématique singulière, l’intuition et l’expertise permettent de connecter d’autres associations, mais celles présentées ci-dessus sont une bonne base de travail.

Enfin, pour compléter votre connaissance du Ba Duan Jin, vous pouvez consulter:

    • Ce qu'en dit Paulo Coelho dans "Arc-Flèche-Cible" => News Etherapia n°8
    • Pourquoi "3 FOIS" notamment en Qi-gong => News Etherapia n°8
    • La routine adaptée aux ENFANTS de Marianne => sur Issuu
    • Une version ASSISE => vidéo sur Youtube
    • et bien sûr l'article complet "Qi-gong Spirituel" sur notre blog qui donne des pistes intéressantes avec de nombreux exemples que l'on peut aussi reprendre en coaching par exemple.

PARTIE B : Taï-chi archétypal & MNS

Mouvement Neuro-Sensoriels et Taï-chi archétypal

11 | Présentation du Mouvement Neuro-Sensoriel

Ces mouvements sont dit "sensoriels" pour bien les distinguer des mouvements moteurs, purement sportifs. Les pratiques proposées ici sont issues, à la fois, de l'approche Taï-chi et de l'approche "mouvement fondamental" du Pr. Dr. Danis Bois.

Le corps en mouvement, bien plus qu’un outil "effecteur", peut devenir un merveilleux outil de déprogrammations cellulaires du stress qu'il soit physique, émotionnel, mental ou même spirituel. Pour cela, il faut faire intervenir la proprioception. La proprioception est un flux sensoriel continu, mais inconscient, grâce auquel la position, le tonus et la vitesse de nos mouvements sont en permanence évalués. Cette boucle de feedback va permettre une adaptation en temps réel des paramètres moteurs. Les capteurs de cette boucle de feedback sont cachés au cœur des muscles et sont appelés fuseaux neuromusculaires.

Afin d'utiliser pleinement ces fuseaux neuromusculaires, les mouvements "neuro-sensoriels" devront être lents, voire très lents. Ce qui est magique avec le MNS - Mouvement Neuro-Sensoriel - c'est que c'est l'intelligence du corps qui est mis à contribution, l'esprit lui auto-adapte ensuite en fonction du vécu et de son fantastique pourvoir de transfert.

Par exemple comprendre et trouver l'équilibre entre "savoir lâcher ou tenir" dans la vie n'est pas évident. Travailler cet état d'esprit avec un MNS va se faire en douceur, mais avec une efficacité redoutable. Dans la même idée on pourra travailler :

    • l'agressivité « manque / trop »,
    • l'équilibre « intraveti/extraverti »
    • la superstition « Chance / Malchance »
    • le choix « Être implacable / bienveillant ».
    • le passage « Être sympa / rester implacable »
    • les croyances « bienveillance / respect »
    • les variations « Les hauts et les bas de la vie »
    • l'équilibre « savoir lâcher / tenir »

Pendant le mouvement de 15 secondes ou plus, le cerveau gauche va nous aider en se mettant dans le rôle d'observateur. En permanence le mental va être au service du mouvement par un scanning permanent des éléments clefs du mouvement: position, angles, direction, lenteur, ….

Que votre choix de mouvement soit gauche/droite, avant/arrière ou haut/bas, le processus type est identique:

    1. Posez bien votre intention de travail
    2. Faites ensuite trois allers-retours en comptant 15 secondes ou plus
    3. Enchaînez par trois allers-retours où le ressenti est prioritaire
    4. Continuez par trois allers-retours en observant un angle
    5. Terminez par trois allers-retours en rentrant dans la trace.

Pour résumer, on pourrait dire qu'en augmentant la conscience du mouvement, vous augmentez votre conscience de la Vie.

Nous allons maintenant découvrir en détail les trois mouvements de base, et, pour chaque mouvement, le processus complet à suivre. Ensuite, nous reviendrons sur les principes et concepts liés à cette pratique qui est la base, le socle du Taïchi et du mouvement codifié MDB.

12 | MNS ou Taichi Avant-Arrière

Votre position, dans la vie ou au boulot, vous perturbe

Description

Vous êtes perturbé par votre position hiérarchique au boulot, vous trouvez que la place n'est pas facile et ceci vous gêne. Par exemple, au siège social, vous êtes juste avant ou après le service comptabilité, ce qui inhibe en partie votre champ d’action. Ou inversement, vous êtes à un poste décisionnaire, mais qui doit débriefer de ces faits et gestes toutes les semaines, ce qui vous met en pleine lumière et tous les "adversaires" suivent parfaitement le moindre de vos gestes, ce qui vous gêne surtout vu le niveau de jalousie qui règne.

Diagnostic

Être à l’aise, quelle que soit sa position est une attitude intérieure à acquérir et doit donc être travaillée en dehors du lieu de travail. En revanche c'est une attitude qui, une fois acquise, sera utile en toute situation, même hors boulot.

Action

Votre corps via un mouvement neuro-sensoriel (M.N.S.) va être la bonne clef d'apprentissage pour cette intégration. L'intelligence du corps est souvent négligée dans les « temps modernes », pourtant elle a l'avantage d'éviter tous les pièges du mental que l'on nomme alors ego. Un vécu dans un mouvement sensoriel est, hiérarchiquement parlant, supérieur à toutes les mentalisations.

L'exercice est une translation lente avant-arrière qui prendra au moins quinze secondes à l'aller comme au retour.

Phase d'initialisation

    • Coupez le téléphone et mettre « Do not Disturb » sur la porte
    • Mettez-vous en position de départ, en fente avant, le genou étant approximativement à l'aplomb du gros orteil.
    • Faites 3 allers-retours afin d'ajuster la position des pieds - orientation et écartement - de façon à être à l'aise. Le montage photos ci-dessous donne une bonne idée des positions de pieds :
      • pied avant vers l'avant,
      • pied arrière à 45° ou même perpendiculaire au pied avant si vous préférez,
      • écartement des hanches ou des épaules
    • Fermez les yeux afin de vous intérioriser et réajuster votre buste afin qu'il soit bien perpendiculaire au sol (ne penchez pas en avant ni sur le côté).

Phase de prise du mouvement

    • Top départ, enclenchez le mouvement moteur qui va vous amener en arrière,
    • Volontairement faites le mouvement de translation très lentement, en comptant lentement de 1 à 15...
    • A 7 vous devez être à mi-chemin
    • A 15 ou plus, votre mouvement est terminé : Top arrivée
    • Marquez un instant de pause qui peut aller d'une seconde à dix secondes suivant votre ressenti.
    • Top départ, le mouvement de retour s'enclenche.
    • Lentement, les yeux fermés ou semi-fermés, compter 15 secondes ou plus pour revenir en fente avant....
    • A 7 vous devez être à mi-parcours...
    • A 15 ou plus c'est le Top arrivée suivi d'une pause, d'un point d'appui.
    • Faites trois allers-retours afin de bien intégrer la vitesse de 15 secondes mini, le top départ et le top arrivée et bien sûr, le temps de pause et de centration au top arrivée.

Phase « compression de l'air »

    • En repartant vers l'arrière, sentez, ressentez imaginez que vous compressez l'air qui est entre votre dos et le mur qui est derrière vous. C'est comme s'il y avait un gros ballon entre votre dos et le mur de derrière et que vous vous amusiez à le compresser lentement (15 secondes mini).
    • Après la pause, au retour, ressentez la compression de l'air compris entre votre torse et le mur d'en face.
    • Répétez 3 à 9 allers-retours afin de rentrer de plus en plus dans le mouvement subjectif. Vous développez ainsi une pleine conscience du bloc médian (bassin + torse + épaules) qui glisse. Ce bloc médian peut être perçu comme une armoire qui translate.

Phase « observation des angles »

    • Pendant 3 allers-retours, pour la jambe avant, prenez conscience au mieux de l'angle qu'il y a entre le dessus de votre pied et votre tibia. Observez mentalement (vos yeux sont fermés) cet angle, ralentissez si besoin pour être sûr de bien sentir,d' imaginer, de ressentir l'angle.
    • Pendant les 3 allers-retours suivants, prenez conscience d'un autre angle, toujours sur la jambe avant, celui qu'il y a entre votre mollet et l'arrière de votre cuisse. A chaque instant, observez mentalement...
    • Enfin, pendant 3 allers-retours prenez conscience de ce même angle -mollet/cuisse-, mais sur l'autre jambe, la jambe arrière. Conscience, ressenti, imagination de cet angle à chaque seconde....

Phase « libre », rentrer dans la trace

    • Les trois dernières translations vont vous permettre de prendre conscience de la trace de la translation. L'idée est de prendre votre centre de gravité comme point de repère, le nombril, le bassin comme vous le sentez. Imaginez qu'un crayon ou un feutre soit associé, collé à ce centre de gravité. Le crayon dessine dans l'espace une trace.
    • Une fois cette trace conscientisée, il suffit de rentrer dans la trace et le mouvement se fait tout seul. C'est comme s'il y avait un rail invisible, et hop, vous vous mettez dedans et 15 secondes plus tard, top arrivée, vous êtes arrivé, prêt à repartir dans la même trace.
    • Rouvrez les yeux et profitez de l'état de sérénité atteint.

Bien sûr il est possible de doubler l'exercice en recommençant de l'autre côté (l'autre jambe en avant), mais ce n'est pas une obligation.

La pratique neuro-sensorielle de la fente avant-arrière est également un excellent support de l’archétype Yin-Yang, vous passez donc progressivement de la position Yang à la position Yin avec toutes les positions intermédiaires.

Quand le mouvement est bien intégré, toutes les positions sont bonnes, agréables et il est plaisant et régénérant de faire le mouvement.

13 | MNS Haut-Bas ou Taichi du piston

Perte de motivation (vous arrêtez votre projet)

Description

Une fois de plus, vous venez de perdre votre challenge. Vous en avez par-dessus la tête de cette boîte d’imbéciles qui fait croire qu’en travaillant et en étant plus malin que les autres, il serait possible de gagner. C’est décidé: vous arrêtez ce boulot. Une fois pour toutes.

Diagnostic

Si votre stress est tel, que seul l'abandon de l'activité vous apparaît comme l'unique solution pour le diminuer, c'est que vous êtes atteint d'une forme d'épuisement à l'image de certains athlètes face à un surentraînement. Vous vous êtes déconnecté du plaisir de jouer à travailler pour vous investir à 100% dans le désir de vous améliorer. Celui-ci étant devenu une obligation, face au déséquilibre ressenti entre tout ce que cela vous a demandé d'efforts, de sacrifices, de temps, d'énergies de toutes sortes et le peu de satisfaction que vous en retirez, vous êtes dégoutté. Voir le côté enrichissant de vos expériences est au-dessus de vos forces.

Action

Une fois encore, le corps sera votre meilleur ami, et via un mouvement neuro-sensoriel Haut-Bas, vous allez pouvoir revenir à un état plus objectif et où vous pourrez mieux décider l'avenir de votre projet, de votre activité.

L'exercice est une translation lente haut-bas qui prendra au moins quinze secondes à l'aller comme au retour.

Phase d'initialisation

    • Couper le téléphone et mettre « Do not Disturb » sur la porte
    • Se mettre en position de départ, les pieds légèrement écartés.
    • Faites 2 ou 3 aller-retour afin que votre corps mémorise bien le mouvement moteur.
    • Fermer les yeux afin de vous intérioriser et réajuster votre buste afin qu'il soit bien perpendiculaire au sol, c'est comme si on vous tirait par un cheveu du dessus du crâne vers le haut.

Phase de prise du mouvement

    • Top départ, enclenchez le mouvement moteur qui va vous amener en bas,
    • Volontairement faites le mouvement de translation très lentement, en comptant lentement de 1 à 15...
    • A 15 ou plus, votre mouvement est terminé : Top arrivée. La position basse atteinte doit respecter vos possibilités corporelles. L'objectif n'est pas de descendre très bas, mais de faire le mouvement en 15 secondes.
    • Marquer un instant de pause de quelques secondes.
    • Top départ, le mouvement de retour, de remontée vers le haut s'enclenche.
    • Lentement, les yeux fermés, compter 15 secondes ou plus pour aller en position haute maximum.
    • A 15 ou plus, c'est le Top arrivée suivi d'une pause, d'un point d'appui.

Faites trois allers-retours afin de bien intégrer la vitesse de 15 secondes mini, le top départ et le top arrivée et bien sûr, le temps de pause et de centration au top arrivée.

Phase « compression de l'air »

    • En redescendant, sentez, ressentez imaginez que vous compressez l'air qui est entre votre fessier et le plancher. C'est comme si vous vous asseyez sur un gros ballon de mousse très souple. Vous vous amusez à le compresser lentement (15 secondes mini).
    • Après la pause, au retour, ressentez la compression de l'air compris entre vos épaules et le plafond.

Répétez 3 allers-retours afin de rentrer de plus en plus dans le mouvement subjectif. Vous développez ainsi une pleine conscience du bloc médian (bassin + torse + épaules) qui glisse. Ce bloc médian peut être perçu comme une armoire qui translate.

Phase « observation des angles »

    • Pendant 3 allers-retours, prenez conscience au mieux de l'angle qu'il y a entre le dessus de votre pied et votre tibia. Observez mentalement (vos yeux sont fermés) cet angle, ralentissez si besoin pour être sûr de bien sentir,d' imaginer, de ressentir l'angle.
    • Au fur et à mesure de votre expérience dans le mouvement, prenez conscience des deux jambes. Cela va certainement vous obligez à une alternance de l'observation jambe droite / jambe gauche et à ralentir le mouvement.
    • Pendant les 3 allers-retours, prenez conscience d'un autre angle, celui qu'il y a entre votre mollet et l'arrière de votre cuisse. A chaque instant, observer mentalement...

Phase « libre », rentrer dans la trace

Les trois dernières translations haut-bas vont vous permettre de prendre conscience de la trace de la translation. L'idée est de prendre votre centre de gravité comme point de repère, le nombril, le bassin comme vous le sentez. Imaginez qu'un crayon ou un feutre soit associé, collé à ce centre de gravité. Le crayon dessine dans l'espace une trace. Une fois cette trace conscientisée, il suffit de rentrer dans la trace et le mouvement se fait tout seul. C'est comme s'il y avait un rail invisible, et hop, vous vous mettez dedans et 15 secondes plus tard, top arrivée, vous êtes arrivé, prêt à repartir dans la même trace. Rouvrez les yeux et profiter de l'état de sérénité atteint. Quand le mouvement sera bien intégré, toutes les positions entre les deux top seront agréables et plaisantes. Globalement le mouvement sera régénérant.

Conclusion

La pratique neurosensorielle de l’ascenseur est un excellent support pour travailler "les hauts et les bas" de la Vie. La roue qui tourne est un bon exemple pour saisir que "ça monte ... puis ça descend". Ce côté symbolique "des hauts et des bas de la vie" n'échappe à personne, mais comment le travailler, l'intégrer, le vivre sans stress? La médiation corporelle et plus particulièrement le MNS-Taichi H-B est un excellent moyen. Ce moyen à l'avantage de ne pas passer par le mental, de pouvoir court-circuiter l'ego puisqu'il ne demande que 10 minutes par jour "de volonté" et d'être très efficace dès la première semaine.

14 | MNS Latéral ou Taichi Gauche-Droite

Vous vous sentez vide : solitude, blues...

Description

Avez-vous vu cette publicité des années 1980 pour la Golf ? Ce joueur qui sort du casino au petit matin qui raconte qu’il a tout perdu, son argent, sa maison, ses titres de propriété… sauf sa Golf ? C’est le blues du perdant dans la vie, à la fraîche quand il se rend compte de son échec. Un terrible sentiment de vide intérieur, de déprime, et vous n’avez envie de voir personne.

Diagnostic

Vous êtes passé de l'euphorie de la réussite possible à brusquement broyer du noir, le sentiment de solitude tout à coup vous submerge et vous laisse un goût amer dans la bouche. Vous êtes dans un état où vous repérez et personnalisez toutes les infos négatives. Tout ce qui concerne vous-même, les autres, l'avenir est par définition nul, moche, voire même pourri. La dépression étant une question d'émotions, la raison n'a aucune prise et aucun raisonnement ne peut inverser le processus. Passer par le corps va être la solution pour sortir de ce vague à l'âme et retrouver le goût de vivre .

Action

Votre corps, via un mouvement neuro-sensoriel (M.N.S.) va être la bonne clef d'apprentissage pour sortir de ce blues. L'exercice est une translation gauche-droite lente qui prendra au moins quinze secondes à l'aller comme au retour. Pour ceux qui connaissent ou ont déjà vu du Taïchi, le mouvement ressemble à un mouvement de Taïchi : lenteur, souplesse, zénitude.

Phase d'initialisation

    • Coupez le téléphone et mettre « Do not Disturb » sur la porte
    • Mettez-vous en position de départ, le poids du corps sur la jambe gauche, le genou étant approximativement à l'aplomb du gros orteil.
    • Faites 2 ou 3 allers-retours afin d'ajuster la position des pieds - orientation et écartement – de façon à être à l'aise.
    • Fermez les yeux afin de vous intérioriser et réajuster votre buste afin qu'il soit bien perpendiculaire au sol (ne penchez pas en avant ni sur le côté).

Phase de prise du mouvement

    • Top départ, enclenchez le mouvement moteur qui va vous amener à droite
    • Volontairement faites le mouvement de translation très lentement, en comptant lentement de 1 à 15...
    • A 7 vous devez être à mi-chemin, c'est-à-dire le centre de gravité au milieu des pieds, les deux jambes dépliées.
    • A 15 ou plus votre mouvement est terminé, le poids du corps est principalement en appui sur la jambe droite, c'est votre : Top arrivée
    • Marquez un instant de pause qui peut aller d'une seconde à dix secondes suivant votre ressenti.
    • Top départ, le mouvement de retour s'enclenche.
    • Lentement, les yeux fermés ou semi-fermés, compter 15 secondes ou plus pour revenir en fente avant....
    • A 7 vous devez être à mi-parcours...
    • A 15 ou plus c'est le Top arrivée suivi d'une pause, d'un point d'appui.
    • Faites trois allers-retours afin de bien intégrer la vitesse de 15 secondes mini, le top départ et le top arrivée et bien sûr, le temps de pause et de centration au top arrivée.

Phase « compression de l'air »

    • En repartant vers la droite, sentez, ressentez imaginez que vous compressez l'air qui est entre votre épaule droite et le mur de votre droite. C'est comme s'il y avait un gros ballon entre votre côté droit et le mur de droite. Vous vous déplacez en le compressant lentement (15 secondes mini).
    • Après la pause, au retour, ressentez la compression de l'air compris entre votre flanc gauche et le mur de gauche.
    • Répétez 3 allers-retours afin de rentrer de plus en plus dans le mouvement subjectif. Vous développez ainsi une pleine conscience du bloc médian (bassin + torse + épaules) qui glisse. Ce bloc médian peut être perçu comme une armoire qui translate.

Phase « observation des angles »

    • Prenez conscience et observez l'angle compris entre le dessus de votre pied gauche et votre tibia gauche. Observer mentalement (vos yeux sont fermés) cet angle, ralentissez si besoin pour être sûr de bien sentir, imaginer ou/et ressentir l'angle. A l'aller, quand vous allez vers la droite, c'est la jambe gauche que vous observez en premier, mais à partir du milieu du mouvement vous passez sur l'autre jambe.
    • Pendant 3 allers-retours, vous restez en conscience sur l'observation ou le ressenti de cet angle alternativement sur les deux jambes (à mi-parcours, les deux jambes sont tendues et l'angle initialement observé ne varie plus.
    • Pendant les 3 allers-retours suivants, prenez conscience d'un autre angle, celui qu'il y a entre votre mollet et l'arrière de votre cuisse. A chaque instant, observer mentalement... Conscience, ressenti, imagination de cet angle à chaque seconde....

Phase « libre », rentrer dans la trace

    • Les trois dernières translations vont vous permettre de prendre conscience de la trace de la translation. L'idée est de prendre votre centre de gravité comme point de repère, le nombril, le bassin comme vous le sentez. Imaginez qu'un crayon ou un feutre soit associé, collé à ce centre de gravité. Le crayon dessine dans l'espace une trace.
    • Une fois cette trace conscientisée, il suffit de rentrer dans la trace et le mouvement se fait tout seul. C'est comme s'il y avait un rail invisible, et hop, vous vous mettez dedans et 15 secondes plus tard, top arrivée, vous êtes arrivé, prêt à repartir dans la même trace.
    • Rouvrez les yeux et profiter de l'état de sérénité atteint.

Quand le mouvement est bien intégré tout le trajet est agréable, plaisant et régénérant. La pratique neuro-sensorielle gauche-droite est un excellent support pour retrouver son équilibre. Ici son équilibre « après » l'échec ou le contrecoup de la Vie.

Le mouvement c'est la vie, aussi une intériorisation en mouvement entraîne-t-elle une relance en conscience de la vie dans nos cellules. Cette pratique va donc plus loin que de rééquilibrer votre blues, elle reconnecte aussi votre intuition, votre sensorialité et votre vitalité.

Pour finir cette troisième partie, un récapitulatif en vidéo avec démonstration :

Plus loin avec le mouvement sensitif lent

15 | Rappels historiques

TAICHI (ou Tai Chi Chuan)

S'il est vrai que la philosophie Yin-Yang date d'au moins du X° siècle av. J.-C., et que le Qi-gong date d'au moins du IV° siècle av. J.-C., en revanche le Taichi est plus jeune et date du moyen-âge. Comme le peuple Chinois adore les mythes et légendes, il est très difficile d'avoir de réels faits historiques, toutefois on peut dire que le Wu-Shu (Art martial ou Kung-fu) intégra le Qi-gong vers le III° siècle et le Taichi est sûrement né au X° siècle ou... au XVI° siècle. Ce qui est sûr c'est qu'au XIX° siècle, il fut reconnu et formalisé. On reconnaît trois grandes écoles WU (Wu tang pai), CHEN (famille Chen) et YANG (famille Yang). Cette dernière, la plus douce donc Yin malgré son nom qui est celui du nom de la famille, est la plus connue et pratiquée en Europe (et la base implicite de notre approche).

MNS (ou Mouvement Neuro-Sensoriel)

Issue des recherches pratiques et théoriques menées depuis le début des années 80 par le Pr Danis Bois, docteur en Sciences de l’éducation, professeur agrégé en Sciences humaines et sociales et directeur du Centre d’Études et de Recherches appliquées en Psychopédagogie perceptive (Cerap.org). Ses travaux se situent au carrefour de la psychologie humaniste (Rogers, Maslow, Gendlin), de la physiologie de la perception (Paillard, Roll), de la phénoménologie du toucher et du contact (Maine de Biran, Husserl, Merleau-Ponty, Jonas) et d’une certaine philosophie de la conscience (James, Bergson, Depraz).

16 | Synthèse des 3 mouvements de base

Tout au long des trois chapitres précédents, vous avez pu découvrir ces mouvements sensoriels -YIN- qu'il convient de bien distinguer des mouvements moteurs, purement sportifs -YANG-. Les exercices proposés ici sont des fondamentaux, une base que ce soit pour l'approche Taïchi ou pour l'approche sensorielle du Pr. Dr. Danis Bois. Nous invitons toutes les personnes intéressées pour aller plus loin à continuer à pratiquer en groupe avec un instructeur soit dans une approche Tai-chi-Chuan soit dans une approche gymnastique sensorielle soit dans une autre approche où le mouvement lent et sensoriel est mis au service d'un mieux-être holistique, d'un connais-toi toi-même:

Comme vous l'aurez vécu si vous avez fait les exercices proposés, le corps en mouvement peut devenir un merveilleux outil de déprogrammations cellulaires du stress et même plus. Pour cela, il faut faire intervenir la proprioception, ce sixième sens qui est très perceptible et sollicité dans la lenteur, voire l’extrême lenteur si on la compare à la lenteur habituelle en Taïchi moderne. Mais, en plus de cette lenteur et de cette conscience du mouvement, pour avoir un impact thérapeutique, il est important de poser une intention ou un objectif: le geste devient donc métaphore de la vie.

Récapitulons les 3 mouvements de base et leur symbolique associée:

    • MNS G-D La translation gauche-droite est idéale d'une part, pour retrouver vos repères quand vous vous sentez perdu par exemple, et, d'autre part, pour tout ce qui est recherche d'équilibre comme savoir lâcher-prise ou au contraire persévérer, faire un métier lucratif ou initiatique, trouver l'équilibre entre une vie professionnelle et une vie privée...
    • MNS AV-AR La fente avant-arrière est bien adaptée aux problématiques de positionnement comme lorsque vous être facilement perturbé par votre position hiérarchique ou quand vous ne savez quelle position prendre sympa / implacable, bienveillant/ imposant votre autorité, etc. C'est aussi le meilleur outil de médiation corporelle pour découvrir, comprendre et intégrer le TAO, le Yin e le Yang.
    • MNS H-B L’ascenseur haut-bas est la médiation corporelle à adopter quand les hauts et les bas de la vie sont difficiles à gérer, ou lors d'une profonde perte de motivation par exemple. C'est aussi, un outil adapté aux prises de décision répétitives sur le long terme.

17 | Back to basic

Il peut paraître étonnant de revenir à ces bases fondamentales de mouvements suivant les trois directions de l'espace. Si vous avez pratiqué en club ou en stage le Taichi ou la gymnastique sensorielle, vous avez certainement été dans un mouvement plus rapide, même s'il était lent et surtout dans une complexité bien plus grande ou par exemple le mouvement des bras était requis. Vous avez peut-être même abordé les directions intermédiaires voire les changements de direction. En revanche, vous n'avez certainement pas abordé le sens symbolique et l'usage thérapeutique du mouvement : on ne peut pas tout faire ! Dans le cadre de notre pratique de coaching de vie, l'objectif de mieux être demain, de mieux vivre les situations stressantes dans mon futur est notre objectif. Le mouvement est donc le moyen et non l'objectif. De plus, en coaching individuel, il ne s'agit pas d'établir un cours avec une progression pédagogique sur plusieurs trimestres.

"Back to basic", revenir aux trois translations de base, a donc beaucoup de sens dans notre démarche "life coaching one to one", alors que dans le cadre d'un club ce ne serait pas le cas. Toutefois, ces trois translations restent un socle, une base de qualité même pour les personnes qui veulent aller vers une activité suivie en club. Aussi, nous allons voir maintenant comment peut évoluer cette pratique.

18 | Méditation en mouvement

Comme vous l'aurez certainement remarqué lors de vos pratiques, du fait de l’extrême lenteur du mouvement, cela induit naturellement un état particulier, un état modifié de conscience (EMC), un état méditatif ou s'y rapprochant. Pour cela il faut bien sûr avoir dépassé les "débuts difficiles", mais les astuces mentales consistant à compter, puis ressentir et enfin observer sont très aidantes. La première étape de la méditation est d’apaiser le mental, de calmer les modifications de la pensée. Dans les années 90 on parlait de "concentration", mais cela peut induire un effort Yang, une volonté alors qu'au contraire il faut "lâcher-prise" et tout simplement observer et accueillir ce qui est (Yin).

Souvent, ce qui contrecarre cet effet méditatif, c'est d'utiliser le mouvement avec un objectif de coaching ou thérapeutique. Nous reviendrons plus loin sur cette utilisation prioritaire dans le cadre de notre cabinet, mais pour ce qui est de la méditation, sachez qu'il est plus simple et logique de ne pas poser d'intention de résolution de problème et de rester dans le mouvement, tout simplement.

Un autre facteur très aidant en méditation en mouvement sera de suivre "la trace". Une trace simple sans complexification des mouvements contrairement à ce que nous allons voir plus loin en Taïchi. On peut dire que si le Taïchi s’appuie sur le côté Yang du MNS, la méditation va s'appuyer sur le côté Yin du MNS.

Un prolongement possible de la pratique du MNS est donc la méditation, une méditation en mouvement bien sûr. Se mouvoir en pleine conscience, vivre l'instant présent est la deuxième étape de la méditation.

Progressivement on peut évoluer d'un mouvement codé (translation dans les mouvements de base) vers un mouvement spontané, intuitif. C'est ce mouvement que Danis Bois qualifiait de "fondamental" à ses débuts. Mais comme il l'a si bien remarqué, pour un débutant, le "mouvement soi-disant fondamental" devient vite une "impro n'importe-quoi". Vigilance donc afin de rester du côté structurant si l'on veut avoir un effet "croissance personnelle" ou "méditatif structurant". Contrairement au Taïchi, l'altérité n'est pas là comme garde-fou (il n'y a pas une autre personne en face de nous), c'est donc la prise de recul, l'observation (observation des angles dans nos exemples) qui va permettre cet état "méta" et ne pas rester le nez collé au mur. Ainsi la troisième étape de la méditation peut être atteinte.

19 | Taïchi et trajectoire

Si l'on veut rentrer dans la philosophie du Taïchi, c'est la dernière étape de la méthodologie exposée dans les articles précédents "trace & trajectoire" qui va nous permettre de mieux comprendre ce qu'est "LA pratique".

Lors du mouvement sensoriel, au fur et à mesure de la pratique, c'est comme si on inscrivait une trace dans l'espace. C'est comme si on avait un crayon marqueur au niveau du nombril par exemple, et que ce crayon écrivait dans l'espace. Il laisse donc la TRACE de la trajectoire. Cette trace subjective va devenir comme palpable, comme réelle pour le pratiquant. A un certain moment qui peut venir au bout de quelques semaines, de quelques mois ou de quelques années, la trace peut devenir un guide dans lequel il suffit de rentrer pour vivre le mouvement en toute quiétude et sérénité.

Dans le cas de nos translations, la trajectoire est excessivement simple, pour la translation haut-bas il s'agit tout simplement d'une droite verticale :

C'est pour cela que ce mouvement est décrit dans notre mémento de la zénitude. Pour la fente avant-arrière ou la translation, la trajectoire est plus complexe. En effet, au fur et à mesure que l'on avance, on s'élève. Puis à la moitié de la course, on redescend. La trace laissée par cette trajectoire ressemble à une courbe:

Nota pour les pratiquants d'arts martiaux: Contrairement à ce qu'on demande en club, à aucun moment la consigne n'est de rester au même niveau, de ne pas monter puis descendre les hanches. En MNS, il est important de laisser aller le mouvement naturel qui nous fait légèrement monter puis redescendre. Au bout de quelques années, il peut devenir intéressant de garder les hanches au même niveau comme en art martial afin de travailler, en conscience, sur les mouvements des articulations des hanches. Avoir conscience des mouvements de rotation et de translation au sein même des articulations nécessite des années de pratique et n'est donc pas accessible quand on débute.

Revenons à notre trace. Au fur et à mesure, on ajoutera des mouvements de bras, qui eux aussi vont laisser une trace (celle des poignets par exemple). La vidéo suivante donne une idée de ce type de pratique quand "on rentre dans la trace":

En Taïchi, afin de garder une composante thérapeutique ou/et développement personnel - "connais-toi toi-même" - il faut dans un premier temps que le mouvement ne soit pas vide de sens. Dans cette démarche, il est donc important de connaître le sens martial des mouvements. En effet c'est l’altérité qui donne de l'ouverture, la rencontre avec l'autre. En art martial, l'autre c'est le partenaire, le binôme voire l'adversaire si besoin. Allez à la rencontre de l'Autre, sera par exemple: parer une attaque. Puis progressivement le contexte qui a permis la création du mouvement (la parade par exemple) devient invisible, seule l'intention reste. Le mouvement va alors se transformer en fonction de qui l'on est, de nos ressentis et des énergies du moment. Le mouvement final peut donc paraitre loin de celui utilisable en close-combat ou en self-défense, mais l'intentionnalité reste, guide, met des limites et au final permet de créer et de vivre des mouvements que l'on n'aurait jamais faits sans tout ce contexte. Le résultat est une meilleure ouverture au monde.

Plus loin encore sur le chemin, on va pouvoir ajouter une nouvelle intentionnalité, qui en Taïchi sera celle des éléments. Ainsi on peut interpréter, vivre, un enchaînement dans l'intention de l'Eau ou celle du Feu, ce qui donnera bien sûr deux expressions de la forme bien différentes.

20 | Geste métaphorique

Comme exposé lors des trois premiers articles et reprécisé un peu plus haut, dans le cadre de notre cabinet, en consultation individuelle comme en formation de groupe, notre axe principal est le coaching et la thérapie. Si besoin nous développons l'aspect méditatif, mais jamais l'aspect enchaînement Taïchi que nous laissons aux spécialistes en club.

En dehors du MNS, nous utilisons aussi le Yoga et le Qi-gong. Dans les trois cas, en plus des vertus intrinsèques à chaque pratique, il y a l'aspect métaphore vécu du geste. Par exemple, le choix de la ligne droite en MNS de base (translation) est la métaphore de la traversée de la vie, de la problématique ou de la Vie. Cette translation avec son "top départ" et son "top arrivée" permet symboliquement à notre corps et notre psyché de vivre toutes les étapes du processus de traversée de la problématique. Aussi, les pertes de conscience du mouvement ou de la consigne ou de la présence à soi, sont-elles les preuves que, sur cette partie-là de la trajectoire (trajectoire physique et symbolique), la problématique est non résolue, non fluidifiée. Le simple fait de faire et refaire le mouvement (10 allers-retours mini à chaque pratique) va permettre, progressivement, la résolution du problème en quelques semaines. Il s'agit bien sûr d'une approche "cerveau droit" où le "cerveau gauche" n'aura aucune explication analytique, mais où l'important, au final est le mieux-être de la personne dans la situation problème.

Il est bien sûr possible de décoder finement la symbolique de chaque geste, de chaque mouvement, toutefois l'intérêt resterait purement cognitif. En effet, seule la pratique en conscience, le vécu observé permet de valider l'adéquation entre la problématique et le geste prétexte. Une grande intuition ou une grande expérience sont donc nécessaires pour "inventer" un nouveau geste adapté et écologique pour la personne dans son contexte et sa problématique. A nouveau "Back to basic" reste le mot d'ordre en posant bien l'intention de travail et en ... pratiquant.

21 | MNS Yin-Yang ou Av-Ar en couple

Rappelons tout d'abord que l'activité consciente du cerveau que nous nommons ici "Cerveau Gauche" a une capacité de traitement de l'information équivalente à un modem des années 95 - certains se souviennent sûrement de cette époque ou l'image mettait du temps à s'afficher -. En revanche, le "Cerveau Droit" qui comprend bien sûr le cerveau reptilien, à une capacité ADSL ou même Fibre (et heureusement, car nos fonctions vitales demandent à chaque instant de nombreux ajustements). L'expérientiel - l'apprentissage par le faire, par le mouvement de notre corps notamment - est une clef incontournable surtout dans les domaines de la pensée complexe. Et justement, la relation Homme-Femme est un de ces domaines complexes!

Comme le montre la figure ci-dessus, la pratique va consister à faire "une danse du Yin et du Yang" en étant face-face et en entamant un mouvement avant-arrière lent et synchronisé. Quand l'un sera en fente avant, l'autre sera en assise arrière. La distance entre les 2 haras (nombrils si vous préférez) sera constante et le déplacement prendra au moins 15 secondes aller (ou retour). Fixer le point entre les clavicules du partenaire est aidant, mais non obligatoire. Au fur et à mesure des allers-retours, la fluidité apparaît, 10 AR de chaque côté sont un bon début de pratique.

L'approche non-duelle du Tao nécessite de bien comprendre la complétude Yin-Yang. Notre corps est alors un excellent ami pour comprendre et intégrer ces notions, ces concepts que notre esprit croit saisir, mais n'alchimise absolument pas. Le MNS AV-AR à deux est une vraie expérience où le ressenti et la prise en compte de l'autre donne une dimension supplémentaire à la pratique habituelle. Comment on passe du Yin ou Yang (et vice-et-versa), à quel moment se fait la décision de ne plus reculer ou de stopper notre avance, tous ces points sont très complexes à décrire voir paradoxaux. Et pourtant, les paradoxes se résolvent d'eux-mêmes dans la pratique.

22 | Votre MNS, exemple du cou

L'avantage des 3 translations de base est l'universalité de la pratique. Comme l'a si bien noté le Pr. D. Bois, entre le top départ et le top arrivé, la translation nous fait traverser symboliquement toutes les étapes du processus. Toute perte de conscience - de présence ou d'observation si vous préférez - indique qu'un point du processus n'est pas intégré, alchimisé. Le processus en question sera directement lié à la problématique posée que ce soit de l'intégration du schéma corporel, de la gestion d'un relationnel ou du positionnement dans la vie. En dehors de ces 3 grands axes, 3 grandes translations, on peut aussi étudier, au cas par cas, des mouvements rotatoires.

A titre d'exemple nous allons prendre l'articulation du cou qui est difficilement expérimentable en translation. En avant pour la circularité...

Comme le montre le premier schéma ci-dessous nous pourrons, tour à tour, travailler avec 4 points, 4 focus :

    • a- Menton
    • b- Occiput
    • c- Pomme d'Adam
    • c'- Arrière du cou (vertèbre C4 par exemple)
    1. Mouvement lent (plus de 15 sec) de GRANDE Circularité du menton (au moins 6 AR)
    2. Mouvement lent (plus de 15 sec) de Circularité en posant son attention sur l'arrière du crâne, l'occiput (au moins 6 AR)
    3. Mouvement TRANSLATION de la pomme d'Adam : toujours avec un mouvement moteur de hochement de tête, on essaie de percevoir que la glotte avance et recule.
    4. Idem avec un point à l'arrière du cou. Si besoin, afin de mieux ressentir le mouvement de translation, on peut à l'aller poser son intention sur la glotte et au retour sur la C4.

Voilà, donc comment, pour une problématique spécifique il est possible d'utiliser des circularités sur des articulations (cou, poignet, genou, ....)

23 | Conclusion

Plus on s'éloigne du mouvement moteur, du mouvement sportif, martial ou de danse, plus on peut plonger dans le monde de la conscience et donc de la connaissance de soi. Le mouvement, au moins dans un premier temps, devra être lent, voire très lent, afin de donner la place à ce sixième sens qu'est la proprioception. Ensuite, en fonction de l'axe de travail : performance, thérapie, médiation, art, ... on pourra adapter ou réinventer un MNS en adéquation avec le contexte. Il prendra plus ou moins en considération l'aspect symbolique et métaphorique du mouvement en fonction des besoins, de l'adaptation au public concerné.

MNS "L'ENVOL" pour développer son intuition et sa sensorialité=> News RQ n°20

PARTIE C : Les 8 énergies du Pakua

Librement inspiré de "Taiji Quan Pratique et enseignement des Huit Portes et Treize Postures" par Georges Charles

24 | Introduction aux 8 énergies du Pa-kua ou Ba-gua

Qu'est-ce que le Pakua ?

Pa ou Ba veut dire 8 en chinois, il s’agit donc d’un modèle de la chine ancienne qui propose d’utiliser 8 facettes, 8 éléments pour exprimer et vivre l’énergie de Vie, le Tao. Comme dans toute approche Taoïste ou systémique, ces 8 éléments sont en inter-action dynamique, et malheureusement, la description statique – cerveau gauche – d’une des facettes fait donc disparaître ce côté global, holistique. Il faut passer par le cerveau droit et la médiation corporelle pour pouvoir appréhender ces 8 facettes; ces 8 façons d’incarner l’énergie du Tao, l’énergie de Vie. Ces 8 facettes sont symbolisées par les 8 trigrammes:

Bāguà ou Pakua dans sa forme Fúxī, succession du ciel antérieur

Bāguà ou Pakua dans sa forme Fúxī, succession du ciel antérieur

Si les trigrammes sont nouveaux pour vous, reportez-vous à l’article « Tao Yin-Yang » qui explique les bases de leur construction à partir du Yin et du Yang.

Les 8 mouvements spécifiques

Nous allons donc découvrir un ensemble cohérent de 8 mouvements qui sont une synergie entre le Qi-gong, le Tui-shou, le Taï-chi et même le Kung-fu au sens dynamique du terme. Bien sûr ce set de postures-mouvements n’est pas le seul utilisable pour travailler et alchimiser les 8 énergies primordiales, mais ils ont été conçu pour ça en visant un niveau initiation (jeune pousse et non vieux chêne ;o)

Les 8 Qi-gong des 8 énergies du Pa-kua

L’idée principale est de vivre l’énergie, de se l’approprier à sa façon. Pendant tout le mouvement « Eau » par exemple, vous devrez vous sentir eau, être cette rivière qui descend vers l’océan. Toutefois, dans notre pays très mental (cerveau gauche de la maternelle à Bac+5) il est nécessaire d’avoir des points de repère, et souvent de comprendre avant de faire. A l’inverse, dans une approche cerveau-droit, les explications ne viendraient qu’après de très nombreuses pratiques, expérimentations et auto-analyses. Étant en France, nous devons tenir compte de notre approche culturelle, et pédagogiquement, commencer par des explications. C’est ce que nous allons faire, trigramme par trigramme en partant du Yang pour finir sur le Yin, parcourant ainsi un chemin typique d’incarnation de la spiritualité du troisième millénaire (du Ciel vers la Terre).

Pour chaque énergie nous donnerons des caractéristiques voire une définition, mais attention, tout ceci n’est qu’indicatif, l’objectif étant de vous aider à créer des repères, mais vos propres références s’appuieront avant tout sur votre vécu, celui de l’ici et maintenant de la pratique. Aussi, vos repères et vos définitions évolueront-elles au fur et à mesure de la pratique, c’est ça le « chemin ».

Pour commencer à pratiquer nous vous conseillons de vous imprégner du texte, puis de « faire » même si vous avez l’impression d’avoir oublier ou de n’avoir rien compris. Le but de la lecture du texte est de bien poser votre intention de travail (focus). Au fil du temps, le texte vous semblera plus connu ou familier, ce sera le moment de ne plus lire que le titre, cela suffira à poser votre intention. Puis l’intuition fera son office et vous pourrez associer vos ressentis à de nouvelles compréhensions physique, énergétique, psychique ou symbolique (spirituel).

Si votre interrogation est "à quoi ça sert en thérapie ou en coaching?", reportez-vous tout de suite au paragraphe 33 juste après les explications des 8 mouvements.

25 | Le ciel, qián ou K’ien 乾

Ce premier mouvement n’est pas le plus simple, en revanche il est bien caractéristique de la démarche utilisée pour mettre au point ce set de 8 mouvements. Il propose deux variantes de la même idée, l’idée de l’action sans effort, sans volonté externalisante, mais qui produit une action et une externalisation. L’inspiration principale provient ici du Tui-Shou qui est une discipline peu connue, mais qui est régulièrement abordée par les pratiquants de Qi-gong, de Taï-chi et de Kung-fu. On connaît souvent le Tui-Shou comme étant une pratique de poussée de mains, ce qui est vrai dans sa forme externe. Dans ce mouvement Yang, nous allons donc pousser avec la main un protagoniste imaginaire qui rentre dans notre espace de sécurité. Mais l’idée, l’intention ne sera pas martiale au sens guerrier, l’idée c’est juste d’inspirer en se connectant avec le ciel.

Le mouvement induit provoquera une poussée sur « l’envahisseur d’espace sécure personnel », et naturellement, sans effort la personne sera projetée à plusieurs pas. Évidement, l’idéal serait de pouvoir essayer de vivre ce mouvement avec un ou une amie bienveillante. Vous posez simplement votre main sur son plexus et vous inspirez en vous redressant, le mouvement de détente du bras n’est pas « moteur » c’est le résultat de votre inspiration, de votre « je suis » (I am!).

Comme vous pourrez le remarquer sur la vidéo ci-dessous, il y a une deuxième phase ou la poussée de la main est absente. Effectivement en Tui-Shou, si l’adversaire me pousse le premier, il ne s’agit pas de contrer, mais au contraire d’accueillir, d’accompagner pour que l’adversaire rencontre… le vide. Il s’agit donc bien d’une esquive un peu comme en Aïkido ou en Judo, mais l’intention reste juste d’inspirer en se connectant au ciel. Le mouvement d’hélice ainsi créé provoque l’esquive et laisse le protagoniste entrainé par l’élan de sa propre poussée.

Ici aussi, l’idéal serait de pouvoir essayer de vivre ce mouvement avec un ou une amie bienveillante. Ici c’est « l’autre » personne qui pose sa main et quand elle vous pousse vous inspirez en vous élevant et en laissant votre corps vriller sous l’action de sa main. Vous pourrez noter sur la vidéo que le point d’appui du pied avant est différent suivant la variante.

Mais revenons à cette énergie du ciel afin de mieux la cerner pour mieux la vivre ensuite. Le descriptif donné dans l’article précédent « Qi-gong spirituel » pour le mouvement de soutenir le ciel reste vrai: « Le ciel est, dans l’inconscient collectif archaïque, lié au Yang, cette énergie d’action certes, mais aussi et surtout de sécurité bienveillante ». On peut ajouter les qualités suivantes:

    • Créativité
    • Force
    • Initiative
    • Espace

Le créateur, le Ciel, est le trigramme pur yang, il peut aussi être associé à la création, à la lumière, mais aussi à la pensée rationnelle. Au niveau de la visualisation, on peut prendre un ciel bleu de jour ou un ciel étoilé de nuit.

26 | Le Lac de cascade, duì ou Touei 兌

Ses qualités sont:

    • Expression
    • Communication
    • Joie
    • Légèreté

aussi le nomme-t-on « Le joyeux » dans le Yi-king. Le Lac est le trigramme de l’eau qui peut sembler dormante, lac de barrage, mais elle va se déverser dans la cascade. Il peut donc y avoir aussi un lac à l’arrivée de la cascade avec ses brumes et ses vapeurs lumineuses (ionisation de l'air). Il symbolise la paix et le plaisir. Force joyeuse, à fort potentiel, le lac peut aussi être symbole de l’éphémère. La tendance organisatrice est ici externe.

Comme on peut le voir sur la vidéo ci-dessous, le mouvement est extrêmement simple. On monte le genou en appui sur un pied et dans un premier temps, on potentialise l’énergie comme un lac de barrage. Vous devez sentir l’énergie qui s’accumule en vous, qui vous recharge. La respiration est régénérante et cohérente (voir respiration circulaire si besoin) ce qui permet, dans un deuxième temps, de pouvoir rentrer dans le vécu léger des vapeurs lumineuses de l’arrivé de la cascade. Si vous le sentez mieux, vous pouvez rester les trois respirations sur le même pied.

27 | Le Feu, li ou Lï 離

Ses qualités sont :

    • Clarté
    • Lucidité
    • Vivacité
    • Éclat
    • mais aussi transcendance.

Dans le Yi-king on nomme ce trigramme « Ce qui s’attache » et il représente à la fois ce qui s’attache et la vue. Ces termes ne sont pas très parlant pour nous, aussi est-il important de se souvenir de notre chamanisme Celtique et de ses salamandres. Les salamandres sont ces esprits du feu qui glissent le long du bois et sautent de branche en branche. Si vous pouvez, regarder un feu de camp, et laissez-vous hypnotiser par les flammèches. Vous devriez percevoir les salamandres, les flammes qui suivent, qui collent à la branche de bois et qui la remontent comme si elle était animé de sa propre vie. C’est donc dans ce sens et ces images du feu de camp (ou de cheminée) qu’il faut entendre ce trigramme (et non comme un feu destructeur guerrier).

Le feu est aussi associé à la conscience et sa tendance organisatrice reste externe (yang).

Soulevez les genoux et les bras en synchronisation est la base de ce mouvement. Comme vous pouvez le remarquer sur la vidéo, il y a un changement de pied qui s’effectue lors du sursaut. C’est un peu comme dans les danses folkloriques, il y a un petit coup de main à prendre. Lors du mouvement gardez à l’esprit que c’est joyeux et que vos mains sont comme les flammèches du feu de camp. D’un point de vue psychologique, le feu transmute, il nettoie programmes devenus inutiles.

28 | Le Tonnerre, zhèn ou Tchen 震

Cette quatrième et dernière énergie du coté Yang est en même temps le pont vers le côté Yin. La tendance organisatrice est donc interne. Ses qualités sont:

    • Impulsion
    • Mise en route
    • Secousse
    • La vibration sonore

Le Yi-king l’appelle « L’éveilleur » ou « L’ébranleur ». Le Tonnerre est une force initiale, une impulsion spontanée, surprenante voire brutale ou irrationnelle si elle est mal gérée. Si les éclairs peuvent, dans un premier temps, susciter la crainte ou l’anxiété, dans un deuxième temps c’est le rire parce que l’on comprend le jeu de la Vie et ses règles.

Le « Coup de talon vers l’avant » s’accompagne d’un mouvement de bras vers l’arrière et s’appuie sur la respiration. En théorie, on expire bruyamment lors du coup de talon. Si l’on veut faire un pas plus grand en avançant c’est OK et on peut dans ce cas, si on manque de place, faire demi-tour à la moitié.

29 | Le Vent, xùn ou Souen 巽

Ses qualités sont:

    • Pénétration
    • Soumettre (comme le vent sur le roseau ou l’herbe)
    • Intériorisation
    • mais aussi prendre du recul, parcourir le monde.

Le Vent est symbole de douceur , de pénétration lente (percée du yin par le bas). Il s’agit d’une force d’empathie qui reste légère, sans tristesse, dans la Vie. Le Yi-King le nomme le doux et, en symbolique Celte, il s’agit des Sylphes, les énergies de l’air. D’autres images peuvent être utilisée comme celle du vent sur l’herbe, il y a donc un côté très sensitif. On peut aussi changer d’échelle et se connecter aux vents inter-continentaux qui survolent les pays, il y a donc aussi une grande force, souple et spiralée. Comme ce trigramme établit le lien avec « l’autre côté Yang », la tendance organisatrice est externe.

Le mouvement associé est l’Envol, une base du mouvement neurosensoriel. Comme tous les mouvements côté Yin, la lenteur est préférable et il est possible de fermer les yeux lors de la pratique. Les bras peuvent monter plus ou moins haut par rapport aux épaules. Ça dépend de votre corporalité et de votre ressenti. Cette amplitude de mouvement des bras peut même variée tout au long de la pratique et certains allers et retours latéraux peuvent se faire les bras quasi immobiles comme un oiseau en vol.

30 | L’Eau, kǎn ou K’an 坎

Ses qualités sont :

    • Profondeur
    • Endurance
    • Émotions
    • Révélation

L’insondable comme le nomme le Yi-king : abîme impénétrable et lunaire comme le fond de l’océan. Il s’agit ici d’une eau vivante, en mouvement comme celle de l’océan ou celle d’une rivière qui s’écoule sans que l’on puisse l’empêcher de rejoindre l’océan. Ce peut être aussi le sac et le ressac. On peut l’associer à l’inconscient (profondeur de l’océan) ou à l’Ondine druidique (rivière). La tendance organisatrice est ici interne.

Si l’on prend le ressenti du sac et du ressac, la Vague est un excellent support. On peut aussi se référer au MNS-Taïchi Avant-Arrière, mais ici le mouvement sera plus rapide si on veut se synchroniser avec la respiration (inspire=expire=5secondes). Un bon éducatif est aussi de faire le mouvement avec un ballon entre les mains.

Si l’on voulait prendre comme métaphore la descente de l’eau d’un ruisseau ou d’une rivière, le mouvement de bras deviendrait plus complexe. Plutôt qu’un long discours, il est préférable ici de passer par un éducatif type Taïchi-Ball.

31 | La montagne, gèn ou Ken 艮

Ses qualités sont :

    • Rigueur
    • Cohésion
    • Calme
    • Solidité

L’image de la montagne dégage de la stabilité, mais aussi la notion de cycle lent incontournable. Cette lenteur apparente la fait nommé « immobilisation » par le Yi-king, à ne pas confondre avec un principe de blocage. La tranquillité qui se dégage d’une montagne permet de l’associer également à la méditation, à la zénitude. (La tendance organisatrice est interne).

« Embrasser le tigre et le rendre à la montagne » est un bon mouvement pour incarner cette énergie de la montagne dans toutes ses facettes. Au départ, il n’est pas évident de synchroniser la respiration, il faut tout d’abord bien intégrer le mouvement moteur qui est un vrai petit enchaînement. Ensuite, il faut vivre le mouvement jusqu’à obtenir et ressentir une expansion, une solidité naturelle. Enfin, on peut essayer de synchroniser une respiration, celle proposée dans la vidéo ou une autre plus adaptée à vous-même.

32 | La Terre, kūn ou K’ouen 坤

La dernière des énergies, 100% Yin, ses qualités sont:

    • Disponibilité
    • Adaptabilité
    • Accueil
    • Don de soi

Le Yi-king parle du réceptif : Yin pur, principe femelle, Terre. Ce trigramme représente la force réceptrice et invisible, la matrice. Recevoir le germe dans un premier temps (planter la graine), puis lui laisser le temps d’incubation (nourrir la graine) pour, au final, le laisser grandir en continuant à le nourrir (l’ensemble des graines donnant le jardin d’Eden).

L' "Enracinement latéral" est un mouvement qui va vous permettre de bien sentir cette énergie Yin. Toutefois, attention à ne pas être Yang, c’est naturellement par le relâchement de la hanche que vous descendez, et par le souffle que vous « lancez vos racines vers le centre de la terre ». Dans un premier temps, négliger les bras est donc une bonne option: juste lâcher la hanche afin de descendre vous assoir dans votre bassin. De même il est plus facile de le faire 3 fois du même côté qu’en alternance comme sur la vidéo. Ensuite progressivement, les mains peuvent devenir actrices, comme si elles plongeaient au centre de la terre.

33 | Devenir autonome via les 8 énergies en coaching

Vous venez de découvrir 8 mouvements pour incarner 8 énergies, celle du Pakua qui forment un tout cohérent. La première pratique consiste tout simplement à enchaîner les 8 mouvements, l'ordre proposé ici est symbolique l'incarnation du Tao dans la matière (Ciel vers Terre, vision immanente de la spiritualité incarnée). On peut aussi, ne vouloir renforcer que son "Yang" et faire les 4 mouvements Yang ou, au contraire, vouloir travailler son "Yin" et faire les 4 mouvements Yin.

Dans tous les cas, le principe reste le même: l’intention est de vivre l’énergie, le mouvement associé étant la meilleure aide en médiation corporelle que nous ayons trouvé pour des non-initiés. La forme est donc indicative, le vécu doit être privilégié. De même la respiration doit être aidante. Dans un premier temps, souvent on n’y prête pas attention, ce qui est normal, il faut d’abord acquérir le mouvement moteur « la chorégraphie ». Mais ensuite, on peut essayer de mettre la respiration au service de son ressenti: les vidéos proposent souvent une respiration associée. Mais n’hésitez pas à expérimenter et, par exemple, à inverser l’inspire et l’expire, et observer ce que cela produit en vous.

Sinon, ce set de mouvement est tout jeune (2014), il est donc largement perfectionnable et hautement adaptable. Toutefois, si l’on veut rester dans le cadre qu l’a vu naître, il s’agit de permettre au citadin européen du XXI siècle de pouvoir vivre les 8 énergies de base sans pour autant avoir suivi une école ou un cours de QI-gong ou de Taïchi. En une journée l’ensemble des 8 mouvements doit être acquis sans souci (voir le paragraphe suivant pour connaître l'origine de ces mouvements).

    • >>> En coaching ou en thérapie, pourquoi faire pratiquer – 2 fois par jour pendant un mois par exemple – un des mouvement du set "8 énergies du Pakua"?

Si nous associons une intention à la pratique des 8 énergies, cela va nous permettre d’effectuer une transformation directement en lien avec la conquête de notre indépendance: sur le plan mental pour ne plus être bloqué par les références extérieures et sur le plan spirituel pour la conquête de notre liberté intérieure. L'idée est la même que pour les 8 brocarts spirituels vu plus haut au paragraphe 10.

Si pour une raison de contexte, nous avons besoin d’activer plus spécifiquement une facette il va être possible de le faire en pratiquant une des 8 énergies, celle associée à notre besoin. Voici le détail des capacités que chaque énergie peut nous permettre d’acquérir:

Le ciel

    • décider par soi-même
    • se fixer un objectif
    • s’autoriser, j’ai le droit

Le lac

    • la tranquillité, j’ai confiance en moi
    • je suis à l’origine et à la source de mes actions
    • je maîtrise mes émotions

Le feu

    • l’ appropriation de son pouvoir
    • je sais mobiliser mon énergie
    • je peux prendre des initiatives

Le tonnerre

    • choisir
    • je veux prendre soin de moi
    • je veux m’impliquer

Le vent

    • la notion d’ espace pour soi
    • je prends mon espace
    • je suis présent à moi-même, je m’écoute
    • je m’ouvre à moi-même et à la Vie

L’eau

    • l’affirmation de soi
    • je prends en charge uniquement ce qui m’appartient
    • je sais exprimer mes besoins
    • je prends soin de mon développement et de ma croissance

La montagne

    • l’estime de soi
    • j’ai de la valeur
    • je m’accepte tel que je suis

La terre

    • la liberté
    • je sais m’auto-évaluer
    • j’ai confiance en mon efficacité

Prenons quelques exemples de coaching:

    • Une personne nous consulte parce qu’on vient de lui proposer pour la rentrée un nouveau poste qui est une véritable opportunité professionnelle. Elle en a les compétences, désirait cette promotion et pourtant elle est dans un stress tel qu’elle ne dort plus. Elle a pratiqué pendant un mois le mouvement de la terre qui n'est pas le plus facile il faut le reconnaître; quand nous l’avons revue elle nous a dit: "c’est incroyable à mon retour au bureau, j’étais pleine d’énergie et prête à relever le défi mon enthousiasme était revenu et bien sûr oubliés les problèmes de sommeil."

Ce qui est intéressant dans la pratique de ces huit mouvements c’est que les impacts vont être très concrets et les changements de comportements se faire naturellement. Une personne trop gentille qui avait du mal à refuser de rendre service s’est entendu dire "non" spontanément sans arrière-pensée après avoir pratiqué le mouvement du tonnerre (2f/j pd 4 sem).

Et une mère de famille qui n‘arrivait pas à tenir bon sur les règles à respecter avec le linge sale et autres participations demandés aux enfants a pu expérimenter "l’énergie inébranlable" de la montagne face aux manipulations de charme du petit dernier qui espérait s’échapper sans avoir débarrassé la table.

Il existe de multiples autres possibilités comme de combiner la pratique de deux énergies.

Par exemple j’ai besoin de motivation pour aborder et concrétiser un changement. J’ai donc besoin de créer de l’énergie. Travailler l’énergie du ciel et celle du tonnerre conjointement va être très intéressante et efficace. Ainsi faire cinq fois chacun des deux mouvements deux par jour pendant un mois est idéal pour cet objectif.

Nous pouvons comprendre pourquoi dans ce cadre de coaching ou de thérapie, l’utilisation d’un biotest est un plus certain. Il va permettre de choisir le mouvement adapté en tenant de la spécificité de la personne et pas uniquement du sens symbolique universel perçu par le prescripteur (le coach ou le thérapeute). En effet, si les archétypes définissent des sens symboliques universels, cela n’empêche pas chacun d’avoir une symbolique personnelle issue de sa trajectoire singulière. En l’absence de biotest, le choix de l’exercice en fonction du ressenti est également une bonne méthode.

34 | Histoire de ce set "8 énergies du Pakua" revisité

Ce paragraphe s’adresse plutôt à celles et ceux qui connaissent et/ou pratiquent régulièrement les "Pakua" soit sous forme d’un qi-gong, soit sous forme d’un taï-chi.

Comme vous le savez, "travailler les Pakua" est un travail de longue haleine, que ce soit à travers des marches, des méditations dynamiques, des mouvements spécifiques, il faut du temps avant de pouvoir vivre et transcender les 8 énergies des 8 trigrammes. Il est donc strictement impossible de prendre directement cette base ancestrale pour l’utiliser en en thérapies courtes ou en coaching. Notre objectif pédagogique a donc été de recréer un set de 8 mouvements afin qu’en médiation corporelle – thérapie ou coaching – on puisse faire travailler la personne sur ces énergies archétypales. Le cahier des charges opérationnel est que l’apprentissage ne prenne pas plus de 2 à 3 h pour une personne ignorante du qi-gong ou du taï-chi, et qu’elle puisse le répéter sans danger toute seule chez elle.

On imagine bien qu’entre un contexte antique Taoïste et un contexte contemporain citadin, il y a une re-contextualisation nécessaire et que les objectifs atteints en 30 ans de pratiques n’auront strictement rien à voir avec ceux atteints en 3 heures de pratiques! Toute comparaison serait non pertinente.

Notre challenge était donc de faire vivre les 8 énergies en médiation corporelle à "une personne non sportive, stressée et peu disponible". Ce projet, ce challenge, a commencé il y a 3 ans, début 2014. La principale base d’inspiration initiale fut le "Taiji quan : Ba men shi san shi" de Georges Charles (1996). Pour l’anecdote, historiquement, c’est grâce à Patrick Vaidie l’illustrateur de ce livre (et pratiquant), que j’ai connu l’approche et la pratique de Georges Charles. Voici la version initiale sur laquelle nous nous sommes appuyée:

Il a donc fallu ensuite valider la mise en mouvement. L’idée initiale était bien sûr de s’inspirer au plus près du Ba men shi san shi (école des huit portes et treize postures), mais l’expérimentation avec des "primo-débutants" nous a fait évoluer vers des pratiques soit plus simples, soit qui permettent de dégager plus vite un vécu significatif vis-à-vis de l’énergie du trigramme. Le mouvement neuro-sensoriel, mais aussi le Tui-shou et bien sûr le Kung-fu nous ont permis, au fur et à mesure, de peaufiner la gestuelle et l’intention afin d’être efficient dans notre cadre.

Les retours-erreurs du au fait que les personnes pratiques ensuite sans instructeur chez elle, nous ont aussi obligé à revoir certaines "prétentions" et soit à caricaturer encore plus le mouvement (pédagogie), soit à le simplifier pour contourner le fait que les personnes ne sont ni sportives ni pratiquantes de Taï-chi. Les formes exposées dans les vidéos des articles tiennent compte de tout ce chemin. Ce n’est bien sûr qu’une proposition, juste, elle donne satisfaction avec un public néophyte.

Pour finir, nous partagerons avec vous deux choix, celui du Lac et celui du Feu.

Comme vous avez pu le lire dans le descriptif du mouvement « Lac », nous avons privilégié la version « lac » à celles des « brumes, vapeurs lumineuses ». On a effectivement le choix entre prendre le potentiel à son départ « le lac de barrage » ou à son arrivée, en bas de la cascade avec « les vapeurs lumineuses ».

Le lac, sa brume, ses vapeurs lumineuses

Dans les deux cas, il s’agit d’une énergie Yang liée à ce que l’on nomme l’énergie potentielle en mécanique et d’une ambiance régénérante avec tous les ions positifs que l’on ressent. Comme support visuel ou imaginaire, il ne s’agit pas de prendre un lac de barrage artificiel avec du béton, mais plutôt un lac vivant et vivifiant comme le lac d’Annecy par exemple.

De par notre choix « Celtique » nous avons pris ce qui est le plus courant sous nos climats: le lac de barrage des castors étant plus courant que le lac de cascade. C’est un choix,l’autre est bien sûr possible et débouche sur une interprétation du mouvement peut être moins statique, plus vaporeuse, plus ondulatoire.

Pour le feu aussi nous avons aussi privilégié l’approche Celtique. La lave du centre de la Terre, du volcan aurait été une autre option, qui aurait débouchée sur un autre interprétation du mouvement moins sautillante, plus feu de braises par exemple.

Comme on le voit, ce set de 8 mouvements est le résultat de nombreux choix conjoncturels. Bien d’autres sets pourraient être mis au point, la difficulté restant d’obtenir un set cohérent et adapté au public visé.

  • NB: Pour celles et ceux qui connaissent l’approche TQC, vous savez que cette approche utilise déjà les 8 trigrammes avec, comme mouvements énergétiques associés, les 8 brocarts ou Ba dua Jin. On peut alors se demander le pourquoi d’utiliser ou de créer d’autres mouvements de Qi-gong? La réponse est simple, dans l’approche TQC résolument moderne et axée vers des néophytes en Qi-gong, le parti-pris est celui de la SIMPLICITÉ. De plus les 8 mouvements s’intègrent dans un tout plus grand (24 facettes) et doit rester cohérent avec ce tout. Donc, oui les 8 brocarts sont une bonne approche en médiation corporelle pour intégrer les 8 énergies primordiales symbolisées par les trigrammes, mais si l’on veut un travail plus précis, plus orienté, d’autres mouvements et pratiques sont possible.

PARTIE D : autres Qi-gong

En coaching comme en thérapie, impossible de demander à tous les intéressés d’être "Maître de Qi-Gong", ni même de s’inscrire à un club et de revenir un ou deux mois plus tard! Les pratiques à médiation corporelle doivent donc être adaptées et un grand effort de pédagogie est nécessaire.

Les propositions de ce livre sont toutes orientées en priorité pour la gestion des stress de la Vie. Le premier principe qui permet une meilleure gestion ds stress est simple et pour le comprendre nous allons prendre la métaphore du bateau qui navigue:

Quand votre niveau d’énergie est haut, vous naviguez sans souci sur l’océan de la vie, ignorant même le fond.

    • => Mais quand le niveau d’énergie baisse, les écueils "apparaissent" et vous risquez de vous y échouer.

L’idée va donc être de refaire monter votre énergie (Qi) par une pratique journalière (les 8 brocarts ou autre). C’est d’ailleurs pour cette raison que le Qi-gong est reconnu officiellement comme thérapie complémentaire depuis 2013 (lire à ce sujet notre article « Qi-Gong, thérapie complémentaire« ).

Nous allons voir maintenant d'autres Qi-gong, toujours revus pour être pédagogiquement accessible à toutes et à tous.

35 | Qi-gong des 4 saisons

Symbolique du mouvement

Si nous observons la Nature, toute la vie est basée sur la notion de cycles. C’est-à-dire un déroulement, un enchaînement de toutes sortes de phénomènes qui se renouvellent à une certaine fréquence et dans un ordre déterminé. Qu’il s’agisse de cycles dans l’univers comme le cycle lunaire, de cycles terrestres par exemple les saisons, de cycles humains l’enfance, l’ adolescence, la période adulte puis la vieillesse, bactériens comme le cycle de Krebs ou de la transformation d’un élément comme le cycle de l’azote, le cycle de l’eau, etc., à tous les niveaux nous pouvons l’observer.

L’infiniment grand comme l’infiniment petit n’y échappe pas: la notion de cycle est présente partout.

Prenons l’exemple du cycle de l’azote. C’est un processus naturel par lequel l’azote, contenu dans l’atmosphère terrestre (il en constitue 79%), passe dans le sol, puis les plantes, les animaux herbivores et leurs prédateurs carnivores, avant d’être restitué dans l’atmosphère.

Cet échange complexe qui se passe entre l’atmosphère, les organismes vivants du sol, puis les plantes les animaux etc, permet à la vie de se manifester. Que se passe t-il quand nous avons des difficultés à accepter que la vie est ainsi, que le temps est venu de passer à une autre étape ou qu’il est normal que « la roue tourne ». Que se passe-t-il par exemple quand nous cherchons à prolonger une situation qui n’est plus juste: « Que notre ‘enfant de 20 ans’ vive encore un peu à la maison », que nous nous accrochons à une croyance devenue pénalisante: « mon père me dira un jour qu’il est fier de moi » etc. Nous venons en réalité bloquer l’énergie de vie. Nos rôles, nos fonctions, nos relations sont forcément appelés à se modifier au cours de notre vie. Refuser cette réalité c’est refuser d’évoluer comme si nous voulions rester figés à un stade donné. Imaginez ce qui se passerait si tout à coup nous vivions dans un printemps permanent. Sans passage à l’été pas de mûrissement possible, sans automne pas de récolte et sans hiver pas de repos pour la terre. Symboliquement chaque saison correspond à un processus intérieur: le printemps je fais un choix, l’été je l’expérimente, l’automne j’en vis les conséquences et l’hiver je fais le bilan de ce que je veux renouveler ou modifier pour mon futur. Si toutes ces étapes sont bien assimilées alors il y a une évolution constructive. Si une des étapes est omise, il ne peut y avoir d’évolution.

Si j’ai conscience que l’une de ses étapes est difficile pour moi ou que de passer de l’une à l’autre est stresseur comment faire? Que faire quand j’ai du mal à accepter que la roue tourne, que le temps n’est plus celui de mes 20 ans ou que mon rôle de mère est à durée déterminée comment faire? Travailler les mouvements de Qi-gong des quatre saisons va être l’outil le plus performant pour dépasser ce type de stress, relancer la dynamique de l’évolution et donc la dynamique de vie en nous. En répétant cet enchaînement tous les jours nous venons créer des repères dans notre corps ou cette notion de cycle peut être vécue comme simple et naturelle. Nous n’avons plus besoin de retenir les choses, nous n’avons plus peur de passer à une autre étape. Nous sommes en mesure d’accueillir la vie dans ces cycles et de nous adapter, car nous pouvons les suivre sans stress.

Le « Qi-gong des 4 saisons »

La version que nous vous proposons ci-dessous est prévue pour être utilisable en thérapie basée sur la médiation corporelle, en coaching ou bien sûr en pratique de santé et de mieux-être. Ceci suppose qu’elle est adaptée à des personnes n’ayant aucune expérience en Qi-gong ou en Taïchi et que la personne va pratiquer chez elle sans la supervision d’un instructeur. Aussi les pratiquants de Taïchi peuvent trouver ça « trop facile ». En réalité ce travail est de type « cerveau droit », c’est-à-dire qu’il passe par la symbolique et l’intelligence du corps à faire des ponts. Le fait de poser une intention de travail est donc primordial et ensuite « faire… faire et refaire » va permettre l’intégration. Il n’y a aucun objectif de résultat, faire est suffisant!

L’inter-saison

La première étape est la mise en mouvement et se nomme inter-saison, car, contrairement à l’Asie, nous n’avons pas de cinquième saison, mais juste des inter-saisons. Cette mise en mouvement se fait à travers une translation gauche-droite, les bras reposant souplement comme sur un énorme ballon, les épaules sont relâchées et basses.

Le mouvement est lent à votre convenance. Cette inter-saison peut être répétée à loisir et ajoutée entre chaque saison. La respiration est aidante et donc souvent synchronisée avec le mouvement.

Le printemps

Pour le printemps, le mouvement monte vers le Ciel, vers le soleil, l’énergie monte.

On bascule sur la jambe avant en se tournant vers l’extérieur. Le talon de la jambe la moins sollicitée peut décoller, l’avant du pied restant au sol avec un léger pivot si besoin.

L’été

On continue à aller vers le soleil, vers le Ciel, mais cette fois-ci on se tourne vers l’intérieur. Le talon reste au sol et le bout du pied peut décoller:

L’automne

Cette fois-ci c’est vers la Terre que l’on se dirige. Comme pour le printemps, on se tourne vers l’extérieur et l’avant du pied reste en contact alors que le talon peut se lever.

En fonction de sa souplesse, on pourra mettre ou non les mains sur les genoux pour s’aider. Les danseurs et autres personnes souples peuvent descendre très bas, mais attention de ne pas perdre la « cadence » qui doit rester la même.

L’hiver

Pour finir, on se dirige vers la Terre comme précédemment, mais en se tournant vers l’intérieur. Le talon reste au sol, la pointe de pied pouvant se lever (pied en portemanteau).

Comme toujours la respiration doit être aidante, et souffler en descendant les mains le long de la jambe est souvent une bonne solution.

Afin de donner une vision dynamique de l’enchaînement, voici une vidéo:

Voici une base pour une bonne pratique:

    • 4 inter-saisons (soit 2 Aller-Retours)
    • 6 printemps (soit 3 AR)
    • 4 inter-saisons (soit 2 AR)
    • 6 étés (soit 3 AR)
    • 4 inter-saisons (soit 2 AR)
    • 6 automnes (soit 3 AR)
    • 4 inter-saisons (soit 2 AR)
    • 6 hivers (soit 3 AR)
    • BIS (vous répétez une deuxième fois l’enchaînement complet)

Vous pouvez bien sûr augmenter le nombre d’aller-retours pour chaque saison.

Conclusion

La Nature est notre meilleur modèle et notre corps notre meilleur allié pour se mettre à l’unisson de ce qui est juste pour vivre en harmonie. Que ce soit avec nous-même en interne, avec les autres ou avec la Vie au sens large, la pratique de la médiation corporelle si elle demande certes un engagement et donc des efforts, est une véritable opportunité de dépassement de ses stress et au delà de maîtrise de notre ego.

36 | Qi-gong de l’Arbre et endurance

Comme outil d’augmentation de l’endurance, la voie interne des arts martiaux: le Qi-Gong est excellent. Il peut paraître surprenant que la lenteur et le "non-effort" puissent aller dans le sens d’augmenter notre endurance, endurance en effort, mais aussi endurance face aux stress!

La réaction classique pour les sportifs comme pour les personnes sur-actives est de se tourner vers un Qi-Gong Yang, dynamique si vous préférez. Mais c'est un piège, plus on se rapproche d’un entraînement sportif classique, plus l’intérêt de l’approche à médiation corporelle "Qi-Gong" baisse. Il est préférable de faire un "bon entraînement sportif" qu’un Qi-Gong proche du sport! Sur ce point le Qi-gong de l'Arbre prend vraiment le contre-pied, en nous proposant un Qi-gong statique, du moins en apparence.

Zhan Zhuang, la posture de l’arbre

Aussi, afin de bien mettre en évidence ceci, nous allons vous présenter aujourd’hui un Qi-gong immobile, celui de l’arbre le « Zhan zhuang« .

      • ZHAN = se tenir debout
      • ZHUANG = pieu, poteau
      • Généralement nommé : Posture de l’arbre mais aussi appelé yang sheng zhuang (posture pour nourrir le principe vital)

Et oui, rester immobile 30 à 45 minutes sans bouger les pieds rend plus endurant et … plus zen. “Se tenir debout tel un arbre” est un exercice pratiqué depuis des temps très anciens en Asie du Sud-Est et en Chine, comme méditation, art de santé ou préparation aux arts martiaux. Si la description de la technique est élémentaire, sa réalisation demande un vrai entraînement, une vraie pratique quotidienne.

Comme souvent en approche « No-Stress » nous allons évoquer une pratique adaptée à notre époque et qui ne nécessite pas « de suivre un cours dans un club pendant trois mois ou plus ». Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas recommandé de vous inscrire dans un club de Qi-gong afin d’avoir une pratique régulière et bienfaisante. Non, l’idée toute simple en gestion du stress par une approche intégrative comme « No-Stress », c’est qu’il faut piocher dans les meilleurs outils de la PNL, du Yoga, du Qi-gong, de la Sophrologie, etc. Aussi, comme il est impossible de devenir expert dans chaque pratique, nous sélectionnons les exercices efficaces même quand on n’est pas un expert.

Dans la tradition, pour rentrer dans la quiétude, il convient d’appliquer les 18 points suivants:

    • Shuang Zhu Bing Li, debout pieds parallèles
    • Qu Xi, genoux fléchis
    • Song Kua, hanches relâchées
    • Yuan Dang, cuisses légèrement « à cheval »
    • Ti Gang, périnée vers le haut
    • Shou Fou, ventre rétracté
    • Song Yao, lombes détendues
    • Han Xiong, poitrine élargie
    • Babei, dos étiré
    • Chui Jian, épaules abaissées
    • Zhui Zhou, face externe des bras tournée vers le bas
    • Xu Ye, creux de l’aisselle laissé vide
    • Song Wan, poignets souples
    • Xuan Ding, tête comme suspendue par un fil au ciel
    • Gou Sai, menton reculé
    • Bi Mu, yeux clos ou mi-clos
    • He Chun, lèvres connectées
    • She Di Shang E, langue au palais

Et bien sûr, pour chaque point, il y a toute une procédure et des points de repères pour savoir si tout est OK.

Voici donc la méthodologie « No-Stress »:

    • Faites comme si vous enserriez un gros arbre dans vos bras.
    • Faites comme si on vous tirait par un cheveu vers le ciel
    • Recherchez le non-effort, celui qui vous permet de tenir le plus longtemps possible (donc sans forcer, tout en relâchement)

Utilisez le pouvoir de l’imagination…

5 minutes sans bouger les pieds est le minium pour bien débuter la première semaine, afin d’avoir ses propres points de repères. Ensuite, mettez votre compte-minutes sur 15 minutes puis, progressivement et toujours sans effort, montez vers 30 min. Le maximum conseillé est 50 minutes (sans bouger les pieds et sans tétanisation ;o).

Vous avez le droit de vous aider de votre esprit et de votre imagination. Ainsi, vous pouvez imaginer des petits ballons d’hélium qui sont attachés à vos poignets et à vos coudes. Ou encore, vous pouvez ressentir comme un énorme ballon de plage sur lequel vous vous appuyez. Toutes les astuces de l’imagination sont Ok à 100%.

La validation est simple, on tient de plus en plus de temps, en se sentant, d’une part de plus en plus ancré dans le sol, et, d’autre part, de plus détendu au niveau des épaules. Bien sûr, comme toujours en Qi-gong, on sort de la pratique plus en forme, mieux centré et plus zen.

Pour aller plus loin

    • La routine de Qi-gong => Site d'Etherapie Dossier n°4 propose de finir par une méditation en posture de l'arbre. Un support audio est fourni afin d'avoir une guidance pendant cette méditation.

À propos des auteurs

Comme il est traditionnel en Qi-gong, en Taïchi ou en Art martial de dire d’où l’on vient (sa trajectoire), voici en quelques mots mon parcours.

Je débute les arts martiaux au collège avec le judo. Arrivé au lycée, à Paris, je m’inscris à "La Montagne Sainte Geneviève", le célèbre dojo de Sensei Henry Plée (6° dan à l’époque). J’y pratique le Karaté comme discipline principale et l’Aïkido comme discipline secondaire.

Des stages de « Boxe chinoise » (Kung Fu Wu Shu) me font alors découvrir le Qi-gong et Sensei Roland Habersetzer me fit comprendre l’importance de ces pratiques internes. Après mes études, je continue à pratiquer, mais ce n’est qu’en 1990 que je rencontre vraiment le Qi-gong et le Kung-fu avec George Charles successeur en titre de l’école de boxe chinoise de l’interne San Yiquan, style Xingyiquan. Puis c’est Georges Mongenoty qui prend en main le club et pour qui le Qi-gong (Tao Yin Fa ou Daoyinfa) fait partie intégrante du Kung-fu et du Taïchi.

En parallèle, j'ai aussi pratiqué et étudié le Raja-Yoga. A 14 ans, en autodidacte, j'ai étudié avec un ami le hata-yoga via le livre de Joseph Garnier « La leçon de Hata-Yoga » et d’autre part, le Raja Yoga via le livre de A.A. Bailey "La lumière de l’Ame: les yogas sutras de Patanjali" . De 16 à 20 ans, j'ai continué par une pratique en club et une étude du Raja-Yoga de I.K.Taimni à la société théosophique. de France. A 22 ans je rencontre le Yoga Chityanubhuti du maître Sri Dinesh qui m'ouvre à l’aspect thérapie sacrée de la conscience. Depuis, je pratique et étudie un Raja Yoga humaniste.

Revenons aux années 90, où j'ai découvert et pratiqué le mouvement thérapeutique via différents types de danses. Tout d'abord, pendant quelques années, dans une approche du mouvement libre en Sophrologie dynamique et en Transe-Terpsichore-Thérapie avec le Dr Jacques Donnars et Anne Floret-Van-Eiszner. Ensuite j'ai découvert ce qui deviendra l'Expression Sensitive® avec Dominique Hautreux et son "Génie de l’Âme en Fête", la danse comme art d'autoguérison. Enfin, en 2000, je suis revenu vers un mouvement sans musique, sans pulsation sonore, avec le mouvement subjectif en suivant une formation avec Michel Girard, fasciathérapeute et formateur somato-psychopédagogique à l'école de Dany Bois. Dernièrement j'ai renoué avec le mouvement dansé et le corps symbolique avec l'approche "Danse & Philosophie existentielle" de Stefan Alzaris.

Depuis 2000, j’ai découvert d’autres approches du Qi-gong plus thérapeutiques comme celles de Marc Sokol ou celle de Dr Benoît Fouché ce qui a enrichi ma pratique. Dernièrement j'ai renoué avec un Qi-gong Yang ancestral, avec Jérôme Quet.

Quant-à ma compagne, Pascale, ayant pratiqué la Biodanza, elle a découvert le MNS et le Qi-gong en 2005 avec moi et me permet de valider l'approche pédagogique "grand débutant non-sportif" que nous avons mis en place dans le cadre de notre cabinet.

Le cabinet Polizzi est spécialisé depuis plus de quinze ans en gestion des stress de vie que ce soit des problématiques métaphysiques (approche Ethérapie en thérapie courte), de Vie (coaching Vie No Stress) ou de performances (approche Systémique pour les managers).

    • Pascale, après des études réussies à Strasbourg, obtient son doctorat en chirurgie dentaire et ouvre un cabinet en ville. C'est à travers sa pratique professionnelle qu'elle s'intéresse et étudie le stress et sa gestion.
    • Marc, agrégé en science de l'ingénieur, formateur-conseil, après 20 ans de pratique industrielle en gestion des problématiques managériales s’est tourné vers l'approche systémique appliquée à la personne.

Depuis plus de quinze ans, la gestion du stress - mentale, émotionnelle, systémique, métaphysique, physique... - est devenue notre spécialité.

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