Livre: HSP et médiumnie

La médiumnité, la comprendre, l'accepter et bien la vivre.

Ce livre dont la première édition date de 2010 est maintenant épuisé (son titre était "Médium 2012"). Plutôt que de le ré-écrire nous avons préféré le mettre à la disposition de tous en ligne. De plus nous avons ajouté deux chapitres qui datent de 2017 et, pour aller plus loin, vous trouverez à la fin un index de tous les articles de la newsletter sur ce thème. Bien sûr, comme toutes nos productions, il s'agit ici d'opinions, de modélisations, d'approches subjectives. Il n'y a là aucune vérité sauf si vous l'avez vérifiée, expérimentée vous-même.

INTRODUCTION de 2010

Souvent, le simple fait de prononcer le mot « Médium » crée un recul et suscite une vive réaction soit du type « ça, moi, je n’y crois pas ! », soit du type « il paraît que je suis un peu médium...».

En paraphrasant la phrase clef de l'Institut Métapsychique Internationale : « la médiumnie, le problème n'est pas d'y croire ou de ne pas y croire, mais de la comprendre ». Savoir interagir avec le côté subjectif comme avec le côté objectif de ce que l'on nomme « médiumnie » va permettre d'amener une reconnaissance des vécus associés. Ensuite, il devient possible de proposer une relation d'aide - coaching ou thérapie - afin de minimiser les stress induis et accompagner la personne vers un mieux-être.

Aussi l’objectif de ce livre sera-t-il, d’une part de démystifier la « médiumnie » en lui rendant ses lettres de noblesse, et, d’autre part, via une démarche de type coaching, de donner des pistes pour mieux comprendre et gérer le phénomène de la médiumnité.

Bonne lecture !

CHAPITRE 1, Essai de définition

Avant de rentrer dans l'exposé d'un nouveau modèle pour la médiumnie, il est logique de commencer par mieux cerner, mieux définir, ce que peut être « un médium » en ce début du troisième millénaire, nous dirons le modèle implicite ou historique. Comme nous allons le découvrir, les définitions couramment rencontrées dans les dictionnaires nous rappellent plus le spiritisme tel qu'Allan Kardec1 le définissait en 1869i, que la métagnomieii telle que le propose actuellement l'IMI, l'Institut Métapsychique Internationaliii.

Voici, à titre d'exemple, ce que l'on trouve comme définition dans la plupart des dictionnaires :

    • Médium : Nom masculin, personne réputée capable de pouvoir communiquer avec les esprits.

Voilà qui ne donne pas forcément envie d'être catalogué de « médium » ! Mais allons plus loin et consultons ce qu'en dit la célèbre encyclopédie libre du Net, Wikipédia :

    • Médium (spiritualité) : On nomme médium une personne qui serait sensible à une autre dimension ou qui favoriserait (volontairement ou non) des manifestations qui proviendraient d'une autre dimension. Cette autre réalité peut être l'au-delà (monde des défunts, des esprits, des anges, des démons, de Dieu), ou tout autre "univers" non perceptible par les cinq sens.

Cela ne donne toujours pas envie d'être vu et reconnu comme médium. De plus, si vous êtes un tant soi peu matérialiste, le scepticisme arrive à grands pas. Pour compléter et bien comprendre à quel point ce mot de médium est chargé en 2012 en France et dans le monde occidental, continuons cette lecture partielle de Wikipédia :

La médiumnité - ou médiumnie - est une faculté prise en considération dans le cadre :

    • de religions comme le Pentecôtisme, le Renouveau charismatique, le Spiritualisme moderne, le Caodaïsme, l'Antoinisme, l'Animisme, le Vaudou, le Candomblé, le Palo Mayombe et les diverses formes de Spiritisme, ...
    • d'une profession comme la voyance, …
    • de cas de possessions (anthropologie) etc.

De quoi faire froid dans le dos si votre patron apprend que vous êtes médium, donc « tout ça » ! De plus, l'image qui accompagne le texte est de 1894, ce qui nous plonge dans les vieilles histoires de chasses aux sorcières.

Faire accepter une nouvelle définition de la médiumnité n'est pas chose aisée. Aussi, Bertrand Méheuste, de l'IMI, a-t-il proposé de relancer un ancien mot : « métagnomie », qui a malheureusement reçu peu de succès auprès des médias. Voici sa définition :

  • Métagnomie :
      • Nom féminin ; terme de métaphysique ; de Meta, au-dessus et Gnose, savoir-connaissance. Connaissance de faits, de pensées ou d’événements normalement inaccessibles au raisonnement, à l’observation ou aux sens communément acquis. Cette connaissance semble pouvoir aussi s'effectuer dans le temps (passé, présent, futur) et dans l'espace (ici ou ailleurs) et couvre donc les divers phénomènes de la parapsychologie : voyance, clairvoyance, rétrovision, télépathie, psychométrie, vision à distance, consultation des mémoires du passé, etc.

Cette définition a l'avantage de se détacher du spiritisme pour nous mener à la métaphysiqueiv via la parapsychologie. Toutefois, la fin de la définition reste assez « occulte », du moins au niveau du vocabulaire choisi.

L'avantage de recentrer la médiumnie sur la parapsychologie, c'est de disposer de nombreux centres d'études, avec en première ligne, l'IMI (Institut Métapsychique International). Cet institut, en plus d'être officiellement reconnu par les pouvoirs publics comme outil d'analyse et d'investigation, a l'avantage d'avoir une démarche non partisane que sa phrase générique exprime bien :

Le Paranormal, nous n'y croyons pas, nous l'étudions.

Nous reviendrons souvent dans cet ouvrage sur des thématiques bien étudiées par l'IMI de Paris. Les autres centres francophones d'études sérieux sont l'INREESv piloté par le célèbre Stéphane Allix, le GEEPP de Toulouse et le GERP de Béziers.

Le problème de tous ces centres, comme de la très belle bibliographie existante, c'est que ce sont toujours les cas « extra-ordinaires » qui sont la base de toutes les études. Comme du temps d'Allan Kardec, seuls les « médiums » sortant du commun sont analysés, modélisés, contre-expertisés.

L'objectif de ce livre étant de poser les bases d'un nouveau modèle, d'apporter des réponses à tous les « médiums » qui souffrent de la médiumnie, de leur don, l'étude des cas rares et marginaux sont de piètre utilité. Notre idée de base n'est pas la « chasse aux bêtes rares », mais bien au contraire, de voir comment tout un chacun, peut être concerné, à son niveau, par le phénomène « médiumnie ». Nous allons donc partir d'une idée radicalement différente, qui évacue d’emblée tout spiritisme :

« Et si nous étions tous plus ou moins médiums ? ».

Si, sur une échelle de 0 à 10, nous avions tous un degré de médiumnie? Bien sûr, avec cette échelle de « gens normaux », les cas extra-ordinaires comme ceux décrit dans les ouvrages de Allan Kardec pourraient largement dépasser le 10 de notre échelle, mais peu importe, ce qui compte c'est de mettre en place une échelle utile à la vie de tous les jours. Pour celles et ceux qui sont des médiums en dehors de la norme, les groupements et instituts de référence vus ci-dessus seront une excellente source de compléments d'informations.

Nous supposerons donc que tout le monde a un potentiel de médiumnie, révélé ou non, qui peut varier de 0 à 10. Toujours dans le but d'avoir un outil de mesure utilisable, nous considérerons que « 1 » sur cette échelle de médiumnie est le classique le plus courant dans notre société occidentale en ce début du troisième millénaire. Zéro sera considéré comme rare, et, au-dessus de « 5 », la personne sera déjà bien « médium » et se retrouvera dans pratiquement toutes les problématiques exposées dans ce livre.

Partant de ce nouveau paradigme, nous pouvons proposer une nouvelle définition de la médiumnité :

Un médium est une personne qui est sensible à d'autres informations que celles accessibles ànos cinq sens ordinaires.

En anticipant un peu la suite de l'ouvrage, nous pouvons compléter cette définition du début du troisième millénaire par :

      • Souvent les perceptions supra-sensorielles du médium débouchent sur une information synthétique, réelle ou symbolique, exploitable comme un plus, notamment dans le domaine des sciences humaines et de la communication.

Enfin, l'aspect humaniste, psychologique, étant un complément absent des anciennes définitions, il est important de l'ajouter :

    • Les facultés de médiumnie proviennent souvent d'une supra-sensibilité qui n'est pas sans conséquences sur l'état émotionnel de la personne.

Nous finirons par une formule simple et efficace comme on les aiment en coaching :

Médium = Grand intuitif supra-sensible

ce qui, dans notre échelle de 1 à 10 donnera des variantes allant de '1 = peu intuitif et peu sensible', à '10 = hyper-intuitif et hyper-sensible', en passant bien sûr par toutes les possibilités intermédiaires.

Rappelons que, à partir de 8-9 on se rapproche des cas étudiés par Allan Kardec et les instituts.

Voilà, nous avons lancé les bases d'une nouvelle définition. Tout au long de ce livre, nous établirons le maximum de liens et de faits qui supportent cette définition et amènerons, dans la mesure du possible, des pistes de solutions pour mieux intégrer ce potentiel dans la vie de tous les jours.

i ALLAN KARDEC

Allan Kardec ou Alan Kardec, 1804-1869, pédagogue français, fondateur de la philosophie spirite. Il est reconnu mondialement pour ces deux ouvrage de base « Le Livre des Esprits » (1857) et « Le Livre des médiums » (1861)

ii METAGNOMIE

Métagnomie : Meta, au-dessus ; Gnomie, du grec. γ ν ω ́ μ η «faculté de connaître, pensée, intelligence». Connaissance de choses réputées inconnaissables selon l'expérience ou le sens communs, que Boirac nommera métagnomie, Richet cryptesthésie et l'école américaine perception extra-sensorielle (Amadou,Parapsychol., 1954, p.36).

iii IMI

I.M.I. : L’Institut Métapsychique International (IMI) est une fondation reconnue d’utilité publique depuis 1919 et qui se consacre à l'étude scientifique des phénomènes dits "paranormaux". Sa devis est : « Le "Paranormal", nous n'y croyons pas, nous l'étudions ».

iv METAPHYSIQUE

Étymologie : du latin metaphysica, composé du préfixe méta- et de physique. Elle désigne à l'origine les ouvrages écrits par Aristote venant après ceux traitant de la physique. Définition : Partie de la philosophie qui traite des premiers principes de nos connaissances et des idées universelles. Les différents courants philosophiques:Chez Platon une philosophie, un mouvement pour comprendre un point de vue supérieur, la loi même (J. Lagneau, Célèbres leçons et fragments, Paris, P.U.F., 1964, p.92).Chez Aristote, elle pose le problème très concret: Qu'est-ce qui fait qu'un être est ce qu'il est? (E. Bréhier, Hist. de la philos., t. 1, Paris, P.U.F., 1967, [1938], p. 166).Chez Descartes, la métaphysique cartésienne loin d'être connaissance théorique et purement intellectuelle, devient méditation et réflexion vécue (Alquiéds Encyclop. univ.t. 10 1971, p. 986).Chez Kant, la philosophie kantienne fondera la science et constituera une nouvelle métaphysique, que l'on pourrait appeler métaphysique critique (Alquiéds Encyclop. univ.t. 10 1971, p. 987).Chez Marx et ses héritiers, la métaphysique est une conception fausse des choses Chez les existentialistes, elle est recherche du sens, des fins de l'existence. singulière. En ce sens, la métaphysique est à l'ontologie comme l'histoire à la sociologie. (Sartre, Être et Néant, Paris, Gallimard, 1981 [1943], p. 683).

v INRESS

Fondé par Stéphane Allix, réalisateur, journaliste, écrivain et créateur de la série documentaire Enquêtes extraordinaires sur M6, l’INREES est soutenu par des médecins, des psychologues, des chercheurs ainsi que des cinéastes et des écrivains, tous désireux de porter avec rigueur, méthode et ouverture un regard neuf sur ces expériences humaines extraordinaires. L’objectif de l’INREES est d’aider à faire avancer les connaissances sur ces sujets méconnus, et souvent mal compris. L'INREES offre aux soignants, à la communauté scientifique, ainsi qu'au grand public la possibilité de porter avec rigueur, méthode et ouverture un regard neuf sur les expériences humaines d'apparence inexplicables, parfois qualifié de « surnaturelles » ou de « paranormales ».

CHAPITRE 2, La médiumnie faible au quotidien

Afin de rendre les choses plus évidentes, commençons par voir ce qu'est « un médium à 10% », au jour le jour, dans les activités classiques de la vie courante.

L'exemple que tout le monde, ou presque, a vécu, est d'arriver dans une réunion et de « sentir » que l'ambiance est glauque. Et oui, le médium « ressent » la plupart du temps, d'autres fois nous dirons qu'il « sait ». Comment peut-on « sentir » une ambiance ? Aucun capteur physique ou chimique ne sait le faire ! On voit d'emblée que la notion de supra-sensoriel va se définir par rapport à la science actuelle. Être supra-sensoriel, c'est tout simplement capter des choses que les capteurs de technologie chimique, électronique, mécanique, ... ne savent pas capter. Toute personne capable de sentir une atmosphère est donc, avec notre nouvelle définition, médium à 5%, 10% ou plus.

En reprenant le contexte « mon patron sait que je suis médium » évoqué au chapitre précédent, on imagine sans difficulté qu'un patron qui sait que vous savez bien sentir l'ambiance d'un groupe sera, d'une part, sans l'ombre d'une angoisse ou d'une suspicion, et, d'autre part, enclin à vous faire confiance pour l'animation d'un groupe de travail. La notion qu' « être médium est un plus » apparaît ainsi plus évidente.

Une réflexion peut venir à l'esprit : « N'est-ce pas tout simplement de l'intuition ? ». Cette réflexion, heureusement courante chez les dirigeants, est hyper positive pour les supra-sensoriels. En effet, c'est déjà gagné : le mot « simplement » dénote que le fait « intuition » est acquis. Or l'intuition n'est pas scientifiquement démontrée, tout comme la médiumnité.

Il est tout à fait bienvenu de définir un médium comme un intuitif. Toutefois, nous verrons tout au long de cet ouvrage que si l'intuition est incluse dans la médiumnie, l'inverse n'est pas vrai, et que la médiumnité renferme d'autres facettes, dont certaines sont malheureusement difficiles à gérer.

Prenons un autre exemple très courant aussi chez les médiums, même les faiblement médiums. Vous « sentez » qu'une personne n'est pas claire, qu'elle vous ment. Comme précédemment, on peut bien sûr dire que c'est un phénomène intuitif, mais allons plus loin, et voyons comment d'autres approches non « supra-sensorielles » peuvent expliquer ce phénomène. Ces autres explications sont régulièrement mises en concurrence avec l'interprétation « médiumnie » proposée ici, aussi est-il enrichissant de les découvrir afin de mieux cerner notre nouvelle définition du médium.

Tout d'abord, il existe une approche « électronique », dite du détecteur de mensonge. La mesure de différents indices bio-chimiques (résistance galvanique de la peau par exemple), et électromagnétiques (EEC et EEG étant les plus connus) va permettre aux scientifiques d'en déduire si la personne ment ou non. Cette technologie, si elle donne de bons indices, n'est pas toujours reconnue par les tribunaux donc par la science. Toutefois, admettons que le médium fait la même chose : mais comment obtient-il les indices décrit ci-dessus ? C'est là qu'intervient une autre science montante, celle issue de la psychologie et de la morphopsychologie : les « Tell1 ».

C'est au Poker que l'on doit la diffusion en masse des études des « Tell ». A ce jeu de cartes de stratégie, les Tell permettent de savoir si l'adversaire ment. En jargon Poker, on dit que les Tell permettent de savoir si l'adversaire bluffe. Voici quelques exemples de Tell présentés par Mike Caro dans son best-seller « The Body Language of Poker » :

    • Direction du regard
    • Force de la voix
    • Raideur ou tremblement des mains
    • Dilatation des pupilles
    • Battement de la jugulaire
    • Vitesse de réaction
    • Position générale du corps
    • Expression générale du visage
    • Tics, manies avec les objets à portée de main
    • ...

Avec de l'expérience, les Tell qui sont des habitudes, réactions physiques, attitudes, et autres donnent aux autres joueurs des indications sur la main2 de leur adversaire et donc sur « il ment donc il bluffe ».

Dans ce cadre, le médium, « supra-sensoriel » serait une personne qui glane des informations « Tell » de façon inconsciente, et qui en fait une synthèse qui débouche, par exemple, sur « il ment ».

Une bonne alliance des deux approches : détecteur de mensonges et Tell, nous est donnée dans la série « Lie To Me », où le docteur en psychologie clinicienne Paul Ekman est à la tête d'un laboratoire scientifique spécialisé dans la détection du mensonge. Dans la série TV, l'analyse des « micro-expressions des méchants » permet soit d'aider directement la police à résoudre des enquêtes criminelles, soit de calibrer les détecteurs de mensonges électroniques de l'Etat. La question sera : le Docteur Ekman est-il un scientifique, un psychologue ou un médium ? Personnellement je répondrais « les trois mon capitaine ». Afin d'argumenter cette affirmation, voici un extrait de la bande annonce :

« Qui que vous soyez, il sait si vous dites ou non la vérité... Véritable détecteur de mensonges fait homme, il sait décrypter sur un visage, dans une attitude ou au son d'une voix, la fausseté et le secret. Cette extraordinaire aptitude l'aide tout particulièrement dans les enquêtes criminelles qu'il résout au sein de son agence de détectives privés. Mais, dans sa vie privée, c'est une tout autre histoire... »

Voici une autre définition possible de la médiumnie : « une extraordinaire aptitude ». En effet, pourquoi avec la même analyse des Tell, les autres personnes n'arrivent-elles pas à interpréter correctement ? Parce qu'elle n'ont pas l'intuition de la réponse sera notre explication, et je l'ai mainte fois vérifiée dans de très nombreux contextes, psychologique certes, mais aussi industriel...

Et oui, cette supra-sensibilité, sensorialité, sensitivité, peut être en action quotidiennement au travail, même dans une usine. Comment nomme-t-on cela en milieu industriel : le tour de main !

Si l'on reprend un instant une définition plus métapsychique de la médiumnie, on va trouver clairaudience et clairvoyance, mais l'on oublie souvent la clairkinesthésie, c'est-à-dire un ressenti hors du commun. Dans l'aéronautique, j'ai vu des soudeurs ayant « un coup de patte » vraiment extraordinaire. Même les services techniques et qualité étaient perplexes car il était impossible de reproduire le même phénomène (la même soudure) en utilisant pourtant les mêmes paramètres technologiques.

Dans un autre domaine industriel, j'ai rencontré un « alchimiste de la fécule de pomme de terre ». Une usine de production de colle à papier peint, m'avait sollicité pour affiner l'automatisation de la « recette » de la colle. Aucun système ne semblait convenir. J'ai demandé qui, pour l'instant, assurait les ajustements finaux pour obtenir la « bonne colle », et l'on me dit que c'était un monsieur, sans diplôme particulier, mais qui faisait ça depuis longtemps. Je l'ai donc auditionné, et je me suis aperçu qu'il n'utilisait aucun critère objectivable, formalisable : il était « inspiré » et ajoutait intuitivement les bonnes doses de compléments. Les quantités variaient bien sûr en fonction de la pomme de terre, mais aussi en fonction de la météo et de bien d'autres facteurs absolument non-identifiables.

Plus proche de chacun, avoir la « main verte », est un phénomène souvent hautement médiumnique où la personne s'appuie plus sur son inspiration que sur le contenu des livres de botanique.

Voilà, nous avons parcouru « la médiumnité-faible au quotidien » à travers des exemples simples et variés.

Dans tous ces exemples, « être médium » est un plus, l'opposé d'un handicap. Toujours dans le tableau que nous venons de brosser, le côté spiritisme est complètement absent, de même que toutes connotations occultes, ce qui assure une bonne intégration sociale dans notre monde actuel.

L'idée est juste d'admettre que chacun a des dons, certains pour le sport, d'autres pour les études et d'autres pour la collecte d'informations non-formalisables.

1Tell : Du verbe "to tell" dire ; raconter ; prédire

2 Main : ensemble des cartes du joueur

CHAPITRE 3, Vivre avec une forte médiumnité

Nous avons vu qu'une faible médiumnie peut être un plus sympathique dans la vie de tous les jours, dans le relationnel comme dans le travail. On pourrait en déduire qu'une forte médiumnie sera un gros plus, mais ce n'est pas le cas, comme nous allons le découvrir.

Dans le cadre de cet ouvrage, la médiumnie est naturelle et provient de capacités sensorielles élargies. On peut donc parler de facultés extra-sensorielles au sens où le mot extra est pris en référence avec ce que des capteurs de technologie chimique ou électromagnétique savent capter en ce début du troisième millénaire. De façon logique et prévisible, le revers de la médaille de cette hypersensibilité est naturellement une hyper- sensibilité. La médiumnie étant une capacité généralement innée, nous parlerons alors de don. Toute l'enfance du médium est empreinte de cette hypersensibilité, ce qui n'est pas sans effets collatéraux, ces derniers étant plus ou moins bien gérés en fonction du contexte familial.

Comme vous le constaterez, ce chapitre va être orienté vers les conséquences négatives de l’hypersensibilité chez l'enfant. Et comme « tout se joue avant 7 ans » dans la construction psychologique, c'est la période intra-utérine et la petite enfance qui seront notre domaine de réflexion privilégié.

Être hypersensible, c'est comme ressentir les émotions plus fortement que les autres. Nous avons évoqué l'utilisation d'une « échelle de médiumnie » allant de 0% à 100% ; nous allons la compléter et y associer un coefficient amplificateur du ressenti émotionnel. Afin de faire simple tout en gardant de la nuance, nous dirons que 50% correspond à une amplification de 5 notée X5 (ou x5 ou fois5). Dans ce modèle, un médium à 50% est donc une personne qui perçoit les émotions cinq fois plus fortement que la réalité émise. En termes techniques, c'est comme si le médium avait un tuner interne avec un gain de cinq.

Déjà, avec cette vision des choses, on peut se dire « Ouha ! Il faut gérer », mais le problème de gestion devient vite insoluble si l'on se souvient, d'une part, que l'on parle de l'enfant de moins de 7 ans, et, d'autre part, que l'enfant ne sait pas qu'il est hypersensible x5. Et oui, la plupart du temps, dans notre civilisation moderne occidentale, l'enfant et son entourage sont dans l'ignorance de ce que l'on nomme ici la médiumnité. Cette gestion des stress émotionnels en « double aveugle » - ni l'enfant ni les parents ne sont au courant de la particularité de la situation - peut tourner au cauchemar, pour l'enfant ou ses parents, surtout quand on aura des coefficients de x7, x8, x9 voir x10. Un médium à 100% sur notre échelle aura forcément une enfance particulière, on peut même dire particulièrement difficile, comme nous allons le voir.

Afin de bien remettre en contexte ce qui peut se passer pour un enfant médium, il convient d'aborder une notion importante que certains psychologues nomment « frontière-contact ». L'idée est la suivante : la construction du « ceci, c'est moi. Ca c'est à l'intérieur de moi » est progressive et non innée. Ainsi au départ l'enfant fusionne-t-il les perceptions, les vécus intérieurs et extérieurs, et c'est logique, si l'on considère la vie intra-utérine. Après la naissance, c'est à force d'expériences qu'il va se rendre compte que maman n'est pas une extension de lui-même. Le toucher va aussi énormément aider l'enfant à définir cette frontière-contact entre l'intérieur et l'extérieur. En effet, la peau étant elle-même la matérialisation de cette frontière-contact, être touché par maman, ou aller au contact des barreaux du lit, permet de bien distinguer ce qui est interne de ce qui est externe. Bien sûr, cette notion de frontière-contact est également vraie pour le domaine des émotions. En théorie, les premières années de sa vie, l'enfant va passer progressivement d'une perméabilité émotionnelle à une semi-perméabilité, qui lui permettra de s'adapter à la vie sociale.

C'est justement sur ce plan émotionnel que va se jouer le drame de l'enfant hyper-sensitif puisqu'il reçoit les flux émotionnels cinq fois plus fortement ou plus que la normale.

Dans le ventre de la mère et dans les premiers mois, la perméabilité est complète, c'est-à-dire que les émotions vécues au-dehors par maman sont perçues comme internes. Et ces émotions, étant perçues avec cinq fois plus de force (valeur relative et subjective bien sûr), elles vont faire réagir le corps - son système nerveux, ses neurotransmetteurs, ses glandes hormonales, etc. - cinq fois trop fort. C'est donc un tsunami émotionnel qui va traverser l'enfant médium encore perméable.

Imaginez un enfant de 15 mois : son père rentre avec une énorme colère liée à son travail, la mère est profondément triste suite à un décès. L'enfant, en toute perméabilité, reçoit donc cinq fois la colère et cinq fois la tristesse ! Ces informations sont disproportionnées par rapport à un être en devenir d'à peine plus d'un an, alors comment va-t-il réagir, se structurer, trouver des solutions afin de pouvoir vivre ces flux émotionnels que, de surcroît, il ressent comme internes ?! Évidemment, chaque enfant aura sa réponse, mais dans tous les cas on pressent bien que la chose n'est pas facile surtout si personne autour de l'enfant ne perçoit pas l'importance du phénomène. Les soucis des parents auront une très grande influence sur les enfants médiums. Ils pourront même somatiser l'émotionnel des parents, c'est-à-dire qu'ils auront des symptômes physiques qui, symboliquement, correspondront aux émotions des parents : on parle alors de psycho-somatisation.

Reprenons notre raisonnement : le jeune enfant médium, d'une part du fait de la sur-amplification de sa sensorialité, perçoit les flux émotionnels qui l'entourent comme sur-amplifiés, et, d'autre part, du fait de sa perméabilité, risque de croire que ces flux sont internes, que c'est en lui.

Avant d'aller plus loin, il convient maintenant de différencier, du moins d'un point de vue comportemental, les filles des garçons. En effet, les structures neuronales de l'un et de l'autre sont à distinguer, notamment au niveau de la gestion des émotions, ce qui est le sujet qui nous préoccupe ici. Sans revenir sur tout l'historique de la structuration de l'homme et de la femme au cours des siècles, on peut concevoir aisément que les contextes sont bien différents lors des périodes de chasse ou de guerre par exemple. Ainsi, sur un champ de bataille, que se passe-t-il si un homme voit son meilleur ami mourir lors de la charge et si, émotionnellement parlant, il est submergé et perd tout ses moyens ? Évidemment, il risque de mourir à son tour. Pour l'homme, durant des milliers d'années, l'émotionnel a dû être « mis à part » pour des raisons de survie. La fonction créant l'organe, la structure neuronale de l'homme dissocie les zones émotionnelles des zones cognitives. Les enregistrements des activités du cerveau ont confirmé ce fait, l'homme peut généralement isoler son émotionnel, la femme non.

Si l'on veut mettre plus de nuances, on dira que, dans une structure neuronale Yang, la zone émotionnelle est isolable alors qu'elle ne l'est pas dans une structure Yin [Chp 9]. Majoritairement, le petit garçon est plutôt Yang et la petite fille est plutôt Yin, mais cela reste une généralité et non une vérité applicable à toutes et à tous. Toutefois, afin de ne pas alourdir les explications, nous resterons souvent dans la caricature Yang=Garçon et Yin=Fille, mais bien sûr, on ne peut réduire l'être humain à des étiquettes, et il conviendra, pour chaque cas réel, de bien rester nuancé.

De ce qui précède se dégage une conséquence importante : une structure Yang pourra s'isoler des émotions, ce qui est quasi impossible pour le Yin. Ce sont donc les médiums Yin qui auront le plus de difficultés intrinsèques à gérer leur hyper-sensibilité.

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Nous venons de voir la problématique « perméabilité émotionnelle » vue côté enfant. Il nous reste à voir si le contexte, l'environnement familial et social, interfère ou non dans notre analyse. La réponse est bien sûr « oui », l'être humain ayant toujours une partie innée et une partie acquise via son environnement. Distinguons les contextes favorisants de ceux plutôt pathogènes, les uns étant aidants, les autres « peaux de bananes ».

La maltraitance des enfants est, et sera toujours, un facteur pénalisant pour l'humain en devenir. Comme nous l'avons déjà souligné, dans le cas des médiums, du fait de la sur-amplification émotionnelle, la maltraitance psychologique aura toujours un effet aussi dévastateur que la maltraitance physique. Ce sont des enfants chez qui le mot « terreur » n'est pas vide de sens et de vécu. Évidemment, cette terreur pourrait, pour un journaliste qui filme toutes les scènes, paraître vraiment exagérée... et oui, exagérée par 5, 7 voir x10, mais c'est la « réalité » subjective incontournable du médium.

De nombreux thérapeutes notent que, même si l'ambiance familiale de l'enfance n'était ni maltraitante ni trop stressante, l'adulte hyper-sensible qui entame un travail de développement personnel porte souvent des séquelles de traumas objectivement incompréhensibles, mais subjectivement réellement perturbants. Ce qui est vrai pour l'adulte actuel, l'est aussi pour l'enfant qu'il était, c'est-à-dire qu'enfant, le médium remarquait sûrement son hyper-réactivité aux stress émotionnels ambiants, notait bien que les « autres » disaient que ce n'était pas grave, mais en interne, il n'arrivait pas maîtriser les chamboulements hormonaux qui le traversaient. Il s'ensuivra un profond sentiment de ne pas être à la hauteur ou d'être considéré par l'extérieur comme une « chochotte », une petite nature fragile. Aussi, avoir confiance en soi, prendre sa place dans la société, tous ces processus d'individuation vont être profondément perturbés par tout ceci, on s'en doute bien.

Voyons maintenant ce que pourrait être un contexte favorable pour un médium. Le premier point sera d'avoir un environnement qui connaît cette particularité émotionnelle, et le deuxième point sera que cette médiumnie ne soit pas vécue comme une tare, mais comme une spécificité. Dans l'idéal, les deux parents seront conscients de la perméabilité émotionnelle de leur enfant et, l'un des deux ayant eu les mêmes difficultés dans son enfance, pourra l'accompagner au minimum par sa compassion. Mieux, le parent hypersensible a fait, en tant qu'adulte, un travail de gestion des émotions, il pourra donner des conseils bienveillants à son enfant.

En conclusion, des parents bien coachés ou bien formés reconnaîtront la perméabilité de leur enfant et pourront ainsi l'accompagner vers une gestion de l'émotionnel compatible avec la vie en société. Le point clef sera toujours de bien lui faire différencier si l'émotion initiale est interne ou externe, si elle provient de lui même ou de son entourage.

Si les parents ne peuvent, ne veulent pas ou ne savent pas faire, un parent comme la grand-mère, un oncle ou un cousin, pourra jouer ce rôle de coach informel. Restent ensuite les « coachs » formels comme les psychothérapeutes et autres facilitateurs dont c'est le métier, et qui restent bien sûr une solution universelle.

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Si à la fin du chapitre précédent, tout le monde pouvait avoir envie d'être médium et avoir une « super-intuition », à la fin du présent chapitre, la découverte de l'autre facette de la médaille fera réfléchir à deux fois. Vivre avec une forte médiumnie n'est pas forcément un cadeau, vivre avec un médium ayant un fort don n'est pas évident non plus, dans tous les cas, il va falloir apprendre à gérer...

CHAPITRE 4, Gérer une médiumnie faible

Après avoir découvert une nouvelle définition de la médiumnité dépoussiérée de tout spiritisme et occultisme, et avoir appréhendé les difficultés inhérentes à l'hyper-réceptivité, vient le temps d'étudier comment gérer au mieux cette source de stress permanente liée à l'émotionnel.

En tant que lecteur, deux positions principales sont possibles :

    • Vous êtes médium, et donc un ancien enfant médium
    • Vous n'êtes pas médium, mais un de vos proches l'est.

Dans les deux cas, le contenu de ce livre vous sera utile pour vous auto-coacher ou pour coacher l'autre personne. Le discernement vous permettra de calibrer les exercices proposés en fonction de l'âge de la personne et de qui elle est au sens social et humain. Le tact est de rigueur, que ce soit pour vous-même ou une tierce personne.

Derniers rappels, quel que soit l'âge du médium, il faudra toujours garder à l'esprit, d'une part, qu'un médium adulte a forcément été un médium enfant, et d'autre part, qu'enfant il n'était peut-être pas conscient de son don.

Piste 1- Différencier l'intérieur de l'extérieur

Le corps physique sera votre plus grand ami pour apprendre à gérer la perméabilité, la frontière contact inter/exter. Tout naturellement c'est le contact avec la peau qui sera une excellente porte d'entrée. Il ne s'agit pas forcément de massage, ce peut être un simple contact même à travers des vêtements. Être toucher avec bienveillance, se sentir toucher et observer simplement que c'est l'extérieur qui influence l'intérieur a un impact quasi magique sur certaines personnes, notamment les enfants. Si l'on préfère avoir recours à un thérapeute, la fasciathérapie ou la fasciapulsologie sont très indiquées. Bien sûr si la personne aime être massée, le massage - sensitif, gestalt-sensitif, ayurvédique, ou autres – est un soin en cohérence avec le travail de cette frontière-contact. N'oublions pas des approches comme la sophrologie ou la gestalt-thérapie qui amènent aussi de très bons résultats.

Ici, comme pour tout ce qui est proposé dans ce livre, il est important de se souvenir que nous sommes tous uniques, et que si les généralités s'appliquent au plus grand nombre, les statistiques nous rappellent que ce plus grand nombre ne représente que deux tiers de la population (plus ou moins sigma soit deux sigma soit un peu plus que 66% [Chp 10]).

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C'est ensuite votre mental, en tant qu'observateur, qui va venir à votre secours pour passer d'une trop grande perméabilité émotionnelle à une semi-perméabilité gérable sans souci. Vis-à-vis d'un enfant par exemple, il va falloir, sans cesse, tenir un discours de dissociation des émotions extérieures. Pour un adulte, le discours sera intérieur, en auto-discours. Par exemple, vous êtes bien, vous rentrez dans un lieu et vous êtes mal, immédiatement, il faut vous dire mentalement :

« Puisque j'étais bien il y a deux minutes,

c'est que c'est l'émotionnel de la salle qui agit sur moi ».

C'est simple, mais terriblement efficace. Au fur et à mesure que le mental du médium prend l'habitude de différencier, le médium avance dans la gestion de ce qui lui appartient sans amalgamer avec ce qui ne lui appartient pas. Dans un premier temps, juste, on observe, ce n'est pas grave si on est complètement en vrac. Effectivement, si le médium « sent » une mauvaise ambiance, comme il la sent à l'intérieur de lui, il déclenche les processus physiologiques associés - sécrétions hormonales notamment - et il est « mal » quelques secondes plus tard, ce qui est logique.

A force de prises de conscience, chez l'adulte comme chez l'enfant, une deuxième étape deviendra possible : ne pas être influencé par les émotions extérieures, ou du moins pas trop.

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Que la différenciation intérieur/extérieur passe par le physique ou par le mental, peu importe, le processus se met en route. Et oui, il s'agit d'un processus, pas d'une prise de conscience immédiate. C'est la répétition des exercices, des situations de vie qui vont amener progressivement le médium à maîtriser cette différenciation. Comme nous le verrons dans les derniers chapitres de ce livre, des exercices dits de recentrage comme la respiration [Chp 12] ou le dessin de mandalas [Chp 11] vont permettre d'accélérer le processus, d'améliorer la mise en place de ce réflexe dissociatif. Mais dans tous les cas, le temps est un facteur clef d'intégration qui ne peut être réduit... même si l'on est pressé !

Piste 2- Vider le trop plein émotionnel

Même si l'on arrive à minimiser le flux émotionnel pathogène parasite, cela ne veut pas dire qu'il est réduit à néant. On peut dire que ce flux émotions non gérées au fur et à mesure va s'accumuler, se stocker. En jargons techniques, on dira qu'on « remplit son bol émotionnel ». Le médium, comme tout un chacun, va accumuler les émotions, va remplir son bol, mais cinq ou dix fois plus vite que les autres. Et quand le bol émotionnel est plein... il déborde ! Ces débordements émo­tionnels sont loin d'être salutaires, que ce soit pour le système immunitaire ou pour la qualité des relations avec les autres.

Aussi, l'idée va être de vider son bol émotionnel de façon régulière, on parle alors d'hygiène émotionnelle. Là encore la meilleure clef d'entrée sera le corps physique via l'exercice sportif par exemple. Ainsi, certains hommes médiums courent en semi-marathon et gèrent ainsi avec une grande efficacité leur bol émotionnel. Mais tout le monde n'est pas sportif, alors comment faire ? Tout d'abord, il y a la marche soutenue voire sportive, trois quarts d'heure de marche d'un bon pas est la méthode la plus universelle [Chp 12-D]. Cette pratique est d'autant plus efficace que l'on pose une intention appropriée, dans notre cas ce sera : « vider son émotionnel ».

Pour les autres solutions, on va trouver tout ce qui est expression : la danse, le chant, l'écriture... Danser sans musique trois fois par semaine pendant 20 minutes permet de maintenir son équilibre émotionnel en place. Par « danser sans musique » il faut entendre « expression corporelle libre » cela peut donc être effectivement de la danse libre, mais aussi du taïchi spontané ou de l'expression corporelle, mais surtout pas une danse codifiée sur une musique particulière.

Piste 3 - Gérer les émotions au fur et à mesure

Une question peut surgir : « Mais n'existe-t-il pas une méthode pour ne pas accumuler les émotions, pour s'en débarrasser tout de suite, au fur et à mesure ? » Oui, des techniques existent et sont assez efficaces si on les pratique souvent : ainsi, un acte réflexe salutaire se met place.

Toutefois, avant d'aborder ces techniques, il est important de redire ici pourquoi on va se débarrasser au fur et à mesure des émotions et non les bloquer. Pour bloquer les émotions perturbantes, il y aurait deux possibilités. Une première consisterait à n'avoir rien à bloquer, à vivre dans un contexte qui ne provoquerait ni ne dégagerait aucune émotion perturbante... contexte rare, on peut même dire incompatible avec la vie sur terre en l'an 2000. La deuxième possibilité serait de créer une sorte d'armure afin de couper tous les ressentis. Et oui, 'tous les ressentis' car comment savoir à l'avance qu'un ressenti va me perturber, c'est une fois ressenti que je sens qu'il me perturbe !Un humain sans ressenti, c'est déjà presque un robot, une machine sans âme. Nous exclurons donc cette deuxième possibilité aussi.

Bloquer les émotions est un leurre qui risque de nous mettre dans un état d'isolement émotionnel pathogène. C'est pour ça que les techniques suivantes partent du principe que, quoi qu'il se passe, l'émotion va me traverser. En effet, si je sens une émotion, c'est que c'est déjà à l'intérieur de moi : le simple fait de ressentir prouve que l'émotion est là, en moi. La bloquer serait donc la stocker !

La première technique consiste en une visualisation avec intention. L'idée est d'envoyer à la terre les émotions, et surtout de ne pas les bloquer. C'est très simple, la visualisation peut s'accompagner d'un geste de mise à la terre, surtout au début, ça aide énormément, mais ce n'est pas discret. Par exemple, vous sentez l'agressivité d'un collègue, et hop, vous l'envoyez à la terre. Pourquoi à la terre, tout simplement parce que les traditions nous disent qu'elle sait recycler tous les types d'énergies.

Une autre technique consiste à s'entraîner à ressentir le physique. L'idée n'est pas de s'opposer à l'effondrement émotionnel ni même à l'émotion qui peut se produire, mais d'amener le corps physique à donner sa réponse. La pratique consiste à se concentrer, lors de tout événement submergeant, uniquement sur les sensations corporelles afin de ne pas rester piégé dans les émotions qui sont à leur origine, et de ne pas les entretenir. Le corps dissipera ainsi naturellement le malaise.

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Intégrer le corps et l'esprit pour une hygiène émotionnelle, voilà ce qui vous est proposé à travers les deux techniques précédentes. Comme pour les autres pistes, le travail, la répétition amèneront la mise en place d'un réflexe. Une fois ce réflexe acquis, mais cela demande du temps et de l'effort, ce sera une ressource de premier choix puisqu'elle sera devenue instinctive.

Au final, on peut dire que l'objectif est de ne pas s'identifier à ses émotions : nous sommes bien autre chose qu'une colère...

CHAPITRE 5, Gérer une médiumnie forte

Bien sûr, tout ce que nous avons vu au chapitre précédent pour une médiumnie faible reste vrai pour une médiumnie forte, mais il faudra plus de temps et plus de pratique pour arriver à une bonne maîtrise émotionnelle.

Le point qui va s'ajouter quand la médiumnie est forte, voir très forte, c'est le côté « connexion à des informations subjectives ». Si une faible médiumnie donne une sorte de « super-intuition » que nous reprendrons d'ailleurs plus tard en détail [Chp 6], une extra-sensorialité très forte va donner des perceptions de type clairvoyance, clairaudience, ou clairkinesthésie [Chp 15]. Plus l'intensité du flux d'information captée par le médium est forte, plus le vécu va s'approcher des phénomènes décrits en spiritisme ou en occultisme ce qui ne va pas forcément dans le sens d'une bonne stabilité émotionnelle, psychique et sociale.

Afin de mieux comprendre ce qui se passe, il est nécessaire de donner quelques explications neurologiques sur le fonctionnement du cerveau. Bien que les neurosciences soient des sciences très pointues, il est intéressant d'y recourir pour comprendre le phénomène dit de clairaudience par exemple. Je m'excuse d'avance auprès des spécialistes qui vont trouver les explications trop réductrices et trop simplificatrices, mais c'est une étape pédagogiquement incontournable.

Le point de départ, c'est que votre cerveau n'entend rien ! Et oui, le système acoustique et mécanique de l'oreille, au final, ne délivre que des signaux électriques qui sont conduits au cerveau. Celui-ci, sachant que les signaux viennent des oreilles, enclenche un processus d'interprétation afin de convertir le flux de données électriques en messages porteurs de sens qu'il qualifiera de « messages audio ».

De même, notre cerveau ne voit rien. Le système optique envoie, via le nerf optique, des signaux électriques et chimiques au cerveau, qui, comme précédemment pour l'ouïe, va enclencher un programme de décodage approprié pour, au final, nous faire savoir ce que l'on voit. Mais en réalité, on ne voit rien au sens optique du terme, notre cerveau est dans le noir le plus complet, aucune image n'y existe.

Toujours pour une démarche pédagogique, considérons un instant notre cerveau comme un ordinateur ou plutôt comme un réseau informatique centralisé. Les yeux seront alors des capteurs ou des périphériques dit intelligents comme un scanner, et idem pour les oreilles qui seraient comme des microphones.

Imaginons maintenant que le câble réseau qui connecte les oreilles au cerveau soit « piraté », c'est-à-dire que d'autres informations vont être envoyées par le même canal (voir figure ci-avant). Comme les informations continuent à arriver au cerveau, celui-ci continuera à les interpréter comme un message sonore alors qu'il ne s'agit pas de sons captés par l'oreille, mais d'informations envoyées par le pirate. C'est exactement ce qui se passe pour le clairaudient. Des informations extra-sensorielles parviennent au cerveau par le canal habituellement dédié à l'audio, aussi le clairaudient vit-il cela comme « une voix qui me parle ». Bien sûr, si l'on met un microphone dans la salle, on n'enregistrera rien, puisqu'il n'existe aucune émission audio réelle. Inutile de dire que la clairaudience est le phénomène le plus difficile à gérer et celui qui engendrera de nombreuses médicamentations voire des enfermements. La dissociation des sons réels extérieurs et des informations intérieures est très difficile à mettre en œuvre. La perméabilité reste souvent totale et nécessite alors un traitement neuroleptique pour rendre la personne socialement intégrable.

Si j'ai choisi comme premier exemple la clairaudience, c'est pour bien mettre en évidence à quel point une forte médiumnité peut être une énorme « peau de banane » dans la vie privée et sociale. C'est loin d'être un cadeau, ce sera plutôt un fardeau avec lequel il va falloir apprendre à vivre et qu'il faudra gérer au quotidien.

Étudions maintenant la clairvoyance. L'idée est la même que précédemment, la personne médium perçoit des informations subjectives qui sont amenées au cerveau par le canal « vision ». Le médium va donc voir des choses alors qu'un appareil photo ne les photographierait pas. L'avantage est que, rapidement, l'enfant va être amené à aller toucher ce qu'il voit et va s'apercevoir que c'est « vide », impalpable. La boucle de feedback ainsi mise en place naturellement va permettre au médium de bien dissocier les informations visuelles réelles des informations qui semblent être visuelles, nous dirons imaginales. Il ne s'agit pas ici d'imagination, ce n'est pas le médium qui produit ces images, ce sont des informations extérieures perçues comme visuelles, d'où l'utilisation du mot « imaginal » et non imaginaire (ou imagination).

Les « visions » du médium sont donc en rapport avec des phénomènes externes, et souvent, c'est un rapport symbolique qui rattachera l'information à la vision. Ainsi, le médium « verra » un homme en colère comme « dans un halo rouge », un sage de l'Inde comme dans un halo de lumière dorée, etc. Nous reviendrons plus longuement sur cette notion d'interprétation symbolique, mais pour l'instant continuons à découvrir les grands axes de la perception extra-sensorielle ou supra-sensitive.

En gardant la même approche, on peut parcourir les autres sens. Ainsi existe-t-il des personnes qui ressentent corporellement les informations subjectives : frissons par exemple ; on parlera alors de clairkinesthésie (ou claire-kinesthésie). En continuant la ronde des moyens de perception, on trouvera de la clairolfaction si la personne sent des odeurs et, si elle a des goûts particuliers en bouche, on la dira clairgustative. Ces deux derniers types de médiumnie sont nettement moins perturbants que les premiers, d'ailleurs on en parle rarement dans les études de cas cliniques.

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Maintenant que les problèmes liés à une forte médiumnité sont bien mis en évidence, la réponse à la question « comment gérer » devient plus évidente : il va falloir que le médium apprenne à dissocier les informations objectives des informations subjectives, et, en attendant une bonne maîtrise de cette capacité, qu'il apprenne à se taire en société [Chp 14].

Comme vu précédemment, pédagogiquement, c'est la clairvoyance qui est la plus simple à éduquer ; souvent même, elle s'éduque d'elle même. Toutefois, le clairvoyant peut être doublé d'un clairkinesthésique ce qui fait que la différence entre une pensée « ressentie» et une pensée déduite d'un fait réel va rapidement devenir problématique.

Prenons un exemple de clairkinesthésie : une jeune fille médium de dix ans ressent fortement le désir malsain d'un voisin à son égard. Considérons que ce voisin ait réellement des pensées pédophiles, mais que son éducation et sa déontologie fassent que, socialement parlant, il maîtrise parfaitement ce penchant. Il est même possible qu'il soit suivi médicalement ou psychologiquement pour régler ce problème. On peut dire que cette personne est un citoyen modèle. Toutefois, tant que sa problématique n'est pas dépassée, bien malgré lui, les pensées et les désirs sont présents et la petite fille médium peut tout à fait les percevoir, amplifiés de surcroît ! La petite fille va donc « avoir peur du monsieur », alors que les adultes présents, ne pouvant voir aucun fait objectif, diront qu' « elle fait ses histoires ». Si on récapitule le contexte de notre exemple, l'enfant ressent des choses vraies, toutefois, dans les faits, rien n'existe. Subjectivement tout est vrai, objectivement tout est faux. Si l'enfant se tait, elle se nie, elle nie son ressenti ce qui n'est pas sans conséquences sur l'adulte en devenir. Si elle parle, on ne va pas la croire, voire ses frères pourront dire d'elle : « elle est folle ».

Une solution pédagogiquement efficace sera d'imaginer un tiers extérieur virtuel, une caméra par exemple. En permanence, le médium devra se dire :

    • « Si une caméra extérieure avait filmé la scène, une personne extérieure à la scène conclurait-elle la même chose que moi ? ».

Si oui, c'est un fait objectif et je peux le dire et en parler en société, sinon, c'est un ressenti subjectif et je me tais. Bien sûr, dans un milieu bienveillant et compréhensif, le médium pourra communiquer sur son ressenti, mais toujours en commençant sa phrase par « Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'ai ressenti... » ou plus simplement, « Mon ressenti c'est que... » et surtout ne jamais asséner de vérité du type « T'as vu, il ment » même si le ressenti est hyper puissant et si l'information subjective a été traversante et fulgurante.

Gérer une forte médiumnité, c'est donc apprendre à séparer les informations subjectives des informations objectives. Un autre élément peut aider, la vitesse de réflexion. Une pensée « ressentie» prend moins d'un tiers de seconde alors qu'une pensée déduite d'un fait réel peut prendre plusieurs minutes voire plusieurs heures ! D'une façon générale, même si elle est simplificatrice, nous dirons que tout ce qui est intuitif, ressenti, est transmis, capté, synthétisé par l'hémisphère droit. Son temps de réponse - réflexe, pensée inconsciente - est très court, toujours moins de trois cent millisecondes (1/3s = 333 ms), et même beaucoup moins : un dixième de seconde comme tout acte réflexe ( 1/10s = 0,1s = 100ms). Si ce temps de réaction de l'hémisphère holistique et global, le droit, peut paraître invraisemblablement court, il suffit de nous mettre dans un environnement sportif pour mieux en prendre la mesure. En course de formule 1 par exemple, une fraction de seconde d'inattention et c'est la catastrophe, c'est donc que le pilote de course, comme le pilote d'avion de chasse, « réfléchissent » en moins d'un quart de seconde ! On est là très loin de la réflexion de type hémisphère gauche comme on en trouve sur les bancs de l'école, que ce soit en mathématiques ou en expression écrite.

  • Aussi le médium adulte peut-il se dire :
      • « Toutes les idées qui traversent ma tête de façon fulgurante et sans effort sont subjectives et je me dois de ne pas les dire, du moins pas avant un examen critique, rationnel et objectif. ».

Bien sûr, pour des enfants, cette démarche est difficile à mettre en œuvre, l'enfance étant par définition une période spontanée et non réflexive, mais pour les médiums adultes désirant vraiment s'intégrer mieux dans la société, c'est une bonne méthode. En société, se taire quand l'inspiration est là sera une étape nécessaire à la maîtrise des capacités extra-sensorielles des médiums [Chp 14].

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A force de contrôle, le médium peut se scléroser, aussi est-il souhaitable qu'il trouve un moyen d'expression « no-limit » qui ne pose aucun problème pour la société. L'écriture, la peinture ou le sport seront des solutions efficaces. Attention, il n'est pas question ici d'une pratique encadrée avec des règles ou des codes à suivre, mais bien d'une expression de l'inspiration. Si c'est du jardinage par exemple, l'idée sera de suivre son « instinct » pendant 45 minutes par exemple. Ensuite, on peut très bien enchaîner par du jardinage plus classique pour mettre en forme ce qui a été produit pendant la phase d'expression. Un autre exemple, la sculpture sur terre. Les yeux fermés, pendant une demi-heure, on malaxe fortement la terre, puis, pendant une heure, les yeux toujours fermés, on laisse aller nos mains dans une expression « no-limit ». On découvre alors la production médiumnique qu'il sera possible, si on le désire, de parachever durant des heures via les techniques classiques du modelage.

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En conclusion, gérer une médiumnie forte n'est pas chose aisée et peut même nécessiter, du moins un certain temps, un accompagnement médicalisé, surtout pour les clairaudients. Dans tous les cas, il est important de choisir des solutions qui permettent de rester intégré à la société, l'exclusion n'étant jamais la solution à long terme.

CHAPITRE 6, Médiumnité et Intuition

Au cours de ces cinq premiers chapitres, nous avons pu découvrir toutes les bases de la médiumnité « 2012 », c'est-à-dire d'une médiumnité recadrée sous l'angle de la psychologie humaniste qui se sépare volontairement du spiritisme et de l'occultisme afin d'assurer une intégration du médium dans la vie sociale de tous les jours et non de le marginaliser et de le montrer du doigt comme une bête de foire.

Toutefois, cette vue humaniste ne nie pas l'extra-sensorialité et donc les phénomènes extra-sensoriels qui en découlent. Nous avons vu que, si le médium exprime ses ressentis subjectifs, il risque d'être relégué au rang de doux cinglé inoffensif, ce qui n'est pas une solution. Aussi est-il important d'aborder maintenant le « côté obscur » de la médiumnité en y mettant un maximum de lumière via les dernières découvertes en neurosciences bien sûr, mais surtout via une redécouverte de l'intuition, ce sixième sens si naturel et si commun au final comme nous allons le voir.

Nous commencerons par l'intuition chez les animaux ; on lui donne alors le nom d'« instinct ». Les plus grands scientifiques étudient les prouesses animalières comme les migrations des oiseaux ou des animaux marins. Et oui, toutes les grandes migrations animalières restent un mystère pour les biologistes. Les livres et documentaires ne manquent pas pour nous exposer ces « miracles », mais personne n'arrive, à ce jour, à expliquer l'instinct qui permet aux animaux de retrouver avec tant de précision spatiale et temporelle leur lieu de nidification par exemple. Or, en tant que « mammifères évolués », pourquoi aurions-nous perdu cet instinct ? Même s'il est caché derrière la barrière de la mentalisation du néo-cortex, nous savons tous qu'il est toujours présent comme l'attestent certains faits dès que les conditions de survie réapparaissent.

Plus proche de notre vie de tous les jours, comment un chien sait-il que son maître va arriver alors que ni le jour ni l'heure ne sont connus des proches ? Comment certains chats savent-ils à l'avance que des personnes sont « partantes vers un autre monde » et viennent les accompagner comme le préconise la tradition tibétaine ? Comment des chats ou des chiens arrivent-ils à parcourir des kilomètres, sans carte ni GPS, pour retrouver leur maître dans des lieux inconnus ?

On le voit, les animaux sauvages comme les animaux domestiques nous montrent chaque jour la puissance de ce sixième sens, alors pourquoi nier cette capacité chez l'humain sous prétexte, qu'à ce jour, les explications physiques, chimiques et électromagnétiques sont encore insuffisantes ?

Dans le cadre de cet ouvrage, nous prendrons comme acquis que l'instinct et l'intuition sont équitablement répartis sur toutes les espèces animales vivantes sur terre, et donc chez l'homme aussi.

Dans la vie sociale quotidienne, les premiers lieux où l'on peut voir l'intuition en action sont certainement les stades et les gymnases, via les sportifs de très haut niveau. Cette intuition, dont nous allons parler, a ses lettres de noblesse à travers les écrits d'Henry Bergson ou de Merleau-Ponty. Elle peut se définir, philosophiquement parlant, comme la magie de la pensée, elle est connaissance immédiate des choses et sait saisir le mouvement de ces choses, les voir de l'intérieur, au présent, et ainsi révéler les secrets des apparences. Comme nous allons le découvrir, c'est bien cette intuition-là qui est en action devant nos yeux quand nous assistons aux exploits du footballeur Diego Armando Maradona, du rugbyman Jonny Wilkinson ou encore du basketteur Michael Jordan.

Le lecteur (la lectrice) ne sera pas forcément au fait des exploits sportifs de haut-niveau ; toutefois, il est très intéressant de savoir que ces sportifs d’exceptions adulés par les foules et souvent richissimes sont, quelque part, de grands médiums complètement intégrés à la société. Je m'excuse par avance auprès d'eux s'ils me lisent et n'acquiescent pas à la lecture de cette étiquette de médium, mais justement, l'objet de ce présent ouvrage étant de « dés-étiqueter », leur exemple est pédagogiquement pertinent, et je les remercie de leur exemplarité.

Je me propose de mettre en évidence que c'est souvent la qualité de l'intuition de ces sportifs de niveau international qui fait leur singularité et la pertinence de leur action.

Prenons comme premier exemple l'anglais Jonny Wilkinson, célèbre depuis 2001 et considéré comme l'un des meilleurs joueurs au monde de rugby à XV. En octobre 2007, il devient même le plus grand marqueur de l'histoire de la Coupe du monde. Voici ce qu'en dit l'encyclopédie Wikipédia :

    • Jonny Wilkinson a un pied gauche efficace et possède cette faculté de convertir en points quasiment toutes les occasions de pénalités, de transformations ou de drops. Outre la qualité de sa botte, il présente une science de l'occupation du terrain spectaculaire.

Quand on regarde certaines séquences de jeu, on peut dire que ses mouvements sur le terrain ont du génie. Il est en contact immédiat avec la situation globale, il « voit » ce que seuls les spectateurs expérimentés voient du haut des tribunes. Mieux encore, il faut souvent changer de caméra, donc de position d'observation, pour comprendre le sens de son action ou s’apercevoir qu'il ne peut pas voir la personne à qui il fait une passe, il peut seulement la sentir, au sens intuitif du terme bien sûr. Il a donc, comme Maradona ou Michael Jordan, une intuition spatiale du mouvement, une connaissance "non réfléchie" et immédiate de la situation, le génie d'une intelligence active, bref une superbe intuition au sens philosophique du terme.

Après coup, quand on regarde l'action filmée, l'intelligence traditionnelle, analytique, sait découper les choses, les décomposer et les comprendre, mais sur l'instant non. L'intelligence vient après coup de l'extérieur, contrairement à l'intuition qui voit les choses de l'intérieur, au présent, dans la sensation dynamique des mouvements en devenir.

L'intellect a besoin de l'intuition dès que l'action est rapide et qu'elle ne permet pas de prendre le temps de l'analyse structurée. On retrouve cette place prépondérante de l'intuition, du sixième sens, dans bien d'autres activités sportives comme le surf, mais aussi le golf. Suivant les milieux culturels, on nomme cette capacité extra-sensorielle « feeling », « avoir le truc », « instinct », « perspicacité » ou tout simplement « sentir ». Nous la nommerons « intuition » ou « une des facette de la médiumnie » dans le cadre cet ouvrage.

L'intuition, naturellement, en tant que fonction irrationnelle, n'est pas, pour l'intellect, facile à définir. Toutefois, il est logique et enrichissant de conclure ce chapitre en prenant ce risque, risque que nous minimiserons en nous appuyant sur des documents de valeur et universitairement reconnus.

Commençons par une définition assez universelle :

Intuition : Connaissance immédiate d'une relation ou d'un fait que le sujet perçoit comme évident.

Et enchaînons par l'encyclopédie référence du Web :

    • Selon Wikipedia, l'intuition (du latin intuitio, désignant l'action de voir une image dans une glace) désigne un mode de connaissance immédiat ne faisant pas appel à la raison. Une intuition n'est pas inférentielle : elle n'est jamais la conclusion d'un raisonnement. Elle prend la forme d'un sentiment d'évidence quant à la vérité ou la fausseté d'une proposition, qu'on ne peut pas toujours justifier. On aura par exemple l'intuition que telle action est juste, sans savoir pourquoi elle est juste.

Sans le dire, Wilipédia a donc penché pour une définition plus philosophique qu'ésotérique ou paranormale, ce qui va dans le sens de notre démarche.

Selon le GDT, Grand Dictionnaire Terminologique (Québec) voici les définitions de l'intuition couramment admises dans la sphère de la psychologie :

    • Perception directe qui court-circuite les sens élémentaires et qui n'est jamais prise en défaut.
    • Jugement syncrétique qui n'est précédé d'aucune élaboration logique. (On dit d'un homme qu'il a de l'intuition quand il porte fréquemment des jugements justes sans justification logique et sans possibilité d'argumentation).
    • Intelligence directe, concrète, résultant de l'organisation interne spontanée d'une perception ou d'une représentation d'ensemble.

Au niveau philosophique, dans le système de Schelling, « l’Intuition intellectuelle (Anschauung en allemand) signifie un acte transcendant, indéfinissable, au moyen duquel l'intelligence saisit l'absolu dans son identité ».

La position de Descartes sur l'intuition en étonnera plus d'un. En effet, pour lui, l'intuition est la raison même, purement intellectuelle et métaphysique :

« Il n’y a pas d’autres voies qui s’offrent aux hommes, pour arriver à une connaissance certaine de la vérité, que l’intuition évidente et la déduction nécessaire » (XIIème règle).

Pour Bergson comme pour d’autres philosophes, seule cette expérience intuitive nous permet de connaître notre propre esprit et l’esprit en général. Cette intuition nous prend nécessairement par surprise, comme une expérience extraordinairement simple.

Pou conclure, l’intuition, au sens philosophique, a pour objet l’immédiat comme tout ressenti médiumnique. Aussi notre définition de la médiumnité est-elle pour la moitié intuitive, bien plus proche de l'intuition sensorielle que la médiumnie mystique.

CHAPITRE 7, Médiumnité et Voyance

Une grande confusion existe entre médiumnité et voyance dans les médias. Comme toute confusion est déstructurante par nature, fausse l'opinion et par conséquence l'action, nous allons essayer de bien différencier ces deux mots. Il faut savoir que d'autres auteurs affirment que la médiumnie et la voyance, « c'est la même chose » et d'autres encore, qu'il n'y a aucun point commun entre ces deux notions.

Le mot voyance fait immédiatement penser à « Madame Irma » et sa boule de cristal ou ses lames de Tarot divinatoire. La grande époque du minitel et son 36-15 y sont pour quelque chose, mais aussi les nombreux salons de la voyance qui attribuent souvent « médium » comme « diplôme » à la voyante. Comme aucun référentiel commun n'existe sur ce qu'est la voyance, nous allons l'aborder, comme souvent dans cet ouvrage, sous l'aspect scientifique et philosophique.

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Voir l'avenir présuppose qu'il est pré-écrit, que la prédestination existe, ce qui est une position philosophiquement indéfendable dans le sens ou cela réduit à zéro notre libre arbitre et donc supprime notre liberté. Aussi, dans le cadre de ce livre, éliminerons-nous cette façon de voir les choses, notre idée étant plus la responsabilisation, l'ouverture, que la fermeture ou la marionnettisation. Toutefois, si l'avenir n'est pas « écrit », cela ne veut pas dire qu'il ne soit pas prévisible. Comme l'énonce la physique quantique, l'avenir, c'est un nombre incroyable de possibles, chacun étant affecté d'une probabilité de réalisation. Et oui, chaque possibilité à venir est associée à une probabilité, une statistique [Chp 10] si vous préférez. Cette probabilité peut varier de 0% à 100%, zéro pour cent étant la certitude que cela n'arrivera pas et cent pour cent la certitude que cela arrivera.

Notons de suite que l'approche Quantique nous met en garde sur l'improbabilité de ces extrêmes 0% et 100% dans les expériences réelles de la vie. Dans cette conception probabiliste de l'univers en devenir, il est impossible de dire qu'un fait possible - c'est-à-dire réalisable et acceptable a priori - n'arrivera pas : le 0% est exclu de fait. Si l'on veut exprimer l'invraisemblance d'un acte à venir, on lui affectera une probabilité de un pour mille (noté 1°/oo), voire de un pour un million (souvent noté PPM pour particule par million). A l'identique, le certain sera spécifié par des pourcentages supérieurs à 99%, mais tant que l'expérience n'est pas réalisée, il est impossible de certifier sa réalisation à 100% !

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Pour comprendre en quoi l'intuition - la médiumnie - peut donner l'impression d'une « voyance du futur » il faut voir les activités humaines comme des projets conscients ou inconscients. Prenons un projet simple : l'achat d'une voiture par votre cousin.

On peut décomposer le projet sous forme de tâches, d'étapes :

  1. Découvrir l'offre voitures du moment.
  2. Définir les critères techniques minimaux
  3. Calculer le montant de l'apport personnel
  4. Voir avec l'organisme de prêt ce qui est possible
  5. Faire un pré-choix
  6. Essayer les voitures possibles
  7. Décider et acheter

Les étapes précédentes peuvent se succéder sur la ligne du temps, mais il est aussi possible de les représenter sous forme d'un réseau neuronal, montrant ainsi la complexité sous-jacente d'un projet simpliste en apparence :

Si l'on considère que ce projet va durer six semaines, on comprend bien qu'intuitivement, on peut savoir « à l'avance » que le cousin va acheter une nouvelle voiture, même s'il ne nous en parle pas directement. En effet, l'énergie du projet est là, tout est lancé même si rien n'a abouti, les facultés extra-sensorielles du médium - ou une forte intuition du mental - peuvent donc sentir à l'avance un fait qui n'arrivera que dans six semaines !

En revanche, comme dit précédemment, la probabilité de réalisation du projet n'est pas de 100% et va d'ailleurs évoluer tout au long des étapes en fonction des conjonctures et des choix de chacun. Des éléments non prévus au départ peuvent apparaître comme le don d'une voiture par un membre de la famille ou le refus d'un prêt suite à un crash boursier. Dans ce cas l'aboutissement ne sera pas celui prévu, mais l'énergie du projet est bien là du début jusqu'à la fin.

Certains projets sont longs et dépassent la décennie, d'autres sont courts et se finissent avec le coucher du soleil. De même certains projets sont conscients - je veux être hôtesse -, d'autres sont inconscients - je n'accumulerai jamais d'argent par fidélité inconsciente avec grand-père - mais tous, dès qu'ils sont actifs, induisent des probabilités de faits dans le futur.

    • Voir la vie comme un ensemble de projets conscients ou inconscients éclaire beaucoup cette notion de pré-cognition du futur que l'on nomme parfois voyance.
    • De plus, si l'on ajoute la notion de probabilité attachée à chaque étape du projet, une objectivation du phénomène devient possible.

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Comment arrive l'information ? « Le flash de voyance » ? Cela dépend bien sûr du canal privilégié du médium. Flash visuel, petite voix, pensée qui s'impose, ressenti, etc. peu importe, le principal c'est de bien comprendre que l'on capte l'état d'un projet en devenir et que cette information est associée à une probabilité qui n'est jamais du 100%, mais le plus souvent du 80% pour un flash « fort ».

Un autre point à prendre en considération est la nature du message perçu qui peut être fortement symbolique, comme dans les rêves.

Ainsi voyons l'interprétation du flash :

« Ton père va avoir un accident »

sur différents plans symboliques :

Ton père va avoir un accident Physique Père biologique Proba : 75% Accident de voiture, de bricolage, de santé... Émotionnel Papa, affection du père, relation à un mentor, ...  4h  Imminent Déception grave, rupture de relation, ... Mental  Un modèle, la loi, la police, un maître, ... D'ici  4 semaines Croyance qui saute, burn out, perte de mémoire, ... Spirituel  Dieu, la facette Yang de l'énergie de Vie, un père spirituel, ... D'ici 4 mois Évolution trop rapide, perte de connexion à la Vie, ...

Dans la colonne « Ton père », on retrouve les différentes sous-modalités que peut prendre ce concept suivant le plan dans lequel on l'interprète et idem pour la colonne « un accident ». Dans la colonne « va avoir », sont évoquées différentes probabilités d'accomplissement de la « prophétie » soit en termes de fiabilité (75% ici soit 3 chances sur 4), soit en termes d'horizon (ici de 4h à 4 mois).

Le flash qui, dans le plan physique, pourrait laisser à penser que le père de la personne va avoir un accident de voiture, peut devenir, une fois interprété sous un autre angle :

« Il y a trois chances sur quatre qu'une croyance importante sur l'énergie Yang saute d'ici quatre semaines »,

ce qui a des conséquences bien différentes en termes de vie de tous les jours que de la proposition initial !

Comme pour l'interprétation des rêves, l'interprétation des flashs nécessite un savoir-faire et un savoir être qui demandent un encadrement, un enseignement et un accompagnement. Tant que l'on n'est pas sûr de savoir interpréter, le mieux est de simplement noter son flash, sa prophétie, afin de pouvoir, plus tard, se relire et analyser les faits.

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Nous venons de voir que l'ensemble des faits et actions actuels contiennent en eux-mêmes les probabilités des réalisations futures, ce qui permet de bien recadrer la plupart des pré-cognitions. Il nous reste à voir la fameuse impression de déjà-vu souvent associée à de la voyance. Le ressenti est simple, on est en train de faire quelque chose et soudain, s'impose à nous une image rémanente de la même situation, comme si nous avions déjà vécu la situation. Notre esprit analytique en conclut invariablement que, l'image étant déjà présente dans notre banque de données mémorielles - notre mémoire -, il s'agit d'une image issue du passé et que nous avons donc « vu à l'avance » cette situation. Si personne ne peut se targuer de connaître toute la vérité sur cette perception extra-sensorielle, en revanche, il est important de connaître l'explication courante que donnent les neurologues de ce phénomène.

L'idée de base est le stress, la fatigue, qui vont impacter le circuit neuronal pris par l'information. Sur le schéma suivant, supposons que le circuit le plus facile et le plus performant pour conduire l'information visuelle soit, à un instant donné 't', le chemin A-B-C :

Suite à un stress ponctuel, ou à l'accumulation de fatigue, le circuit BC peut « sauter ». Immédiatement un circuit auxiliaire se met en place : A D E F C par exemple. Le temps de propagation de l'information étant fonction du nombre de nœuds traversés, l'information ré-arrive en C avec un léger retard ce qui va donner l'impression de déjà vu.

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Voilà, nous avons parcouru ce sujet sensible qu'est la voyance afin de permettre un meilleur recul sur le phénomène. Pour résumer simplement, on peut dire que la voyance classique perçue par les médiums est un ressenti de la solution la plus probable à un instant 't' en tenant compte des projets, conscients ou inconscients, lancés à ce moment-là.

CHAPITRE 8, Vers une nouvelle définition

Commençons par faire le point sur ce que nous avons vu jusqu'ici :

  1. Le chapitre 1 nous a permis de mettre en évidence les fortes connotations péjoratives que supportait la médiumnité du fait de son association historique avec le spiritisme et l'occultisme.
  2. Partant du postulat initial que nous sommes tous un peu médiums, le chapitre 2 nous a permis d'aborder le côté intuitif, qui est souvent vécu comme un plus.
  3. Le chapitre 3, en revanche, nous a fait découvrir la souffrance des médiums liée à leur hyper-sensibilité qui a pour conséquence un émotionnel difficile à gérer. Ce même chapitre a attiré notre attention sur le fait que les personnes plutôt Yin ou plutôt Yang ne géreront pas cette supra-réceptivité de la même façon.
  4. Le chapitre 4 nous a présenté les différentes pistes de maîtrise de cet émotionnel. Le corps sera toujours un excellent ami dans cette gestion. Le mental quant à lui, devra soit favoriser un état de dissociation avec les émotions, soit s'appuyer sur l'observation du corps.
  5. Si la médiumnie est forte, les conséquences peuvent être handicapantes, c'est que nous montre le chapitre 5. La souffrance vécue par le médium ne pourra alors être résorbée que par un long travail.
  6. Revenant au côté sympathique de la médiumnie, le chapitre 6 aborde l'intuition. On y découvre que l'intuition a ses lettres de noblesse même chez les plus grands philosophes comme Descartes ou Bergson.
  7. Enfin, le chapitre 7 met au clair ce que l'on peut raisonnablement entendre par « voyance », et en quoi une expérience médiumnique de pré-cognition est un ressenti fort des probabilités d'un projet et non une voyance comme si tout était écrit.

Au final, nous avons dégagé deux facettes principales, d'une part le côté intuition et de l'autre le côté émotion. Notre nouvelle définition tiendra compte de ces deux attributs :

Intuition + Hyper-sensitivité = Médiumnie

De cette équation qui dit qu'un hyper-sensitif intuitif est un médium, on peut en déduire aussi qu'il existe des hyper-sensitifs non médiums car non intuitifs et des intuitifs non hyper-sensibles. Un médium a donc deux choses à travailler ou à maîtriser, son intuition d'un côté et son émotionnel de l'autre.

On peut se poser la question : « Existe-t-il, en dehors des sportifs d'exception comme nous l'avons déjà évoqué, des personnes qui gèrent au quotidien ces deux paramètres avec succès dans notre société ? ». La réponse est « Oui, ce sont les artistes ». Parmi les artistes, on trouve de nombreux médiums qui ont réussi, non sans galères et efforts, à gérer habilement cet équilibre entre l'émotionnel et l'inspiration, l'hyper-sensibilité et l'intuition.

En effet, pour les artistes, on le sait tous, l'inspiration est primordiale. Si l'on considère que Inspiration et Intuition sont synonymes, un nouvel éclairage se produit. Si maintenant, on ajoute le côté hyper-sensitif du médium, je suis sûr que vous reconnaîtrez des peintres connus ou bien d'autres artistes de votre entourage. L'acte créatif de l'artiste médium serait donc en lien direct avec sa médiumnité !

Cette notion d'inspiration artistique a été étudiée depuis un siècle sous le nom d'instant créateur ou encore de poïétique (terme lancé par le philosophe Paul Valéry dès 1937 : voir lexique).

Le peintre médium ou l'écrivain médium va rechercher l'inspiration et la trouvera souvent quand il est dans un émotionnel dense voire dans un marasme émotionnel. Là, comme une grâce, s'il sait être à l'écoute de l'instant, il peut être traversé par une inspiration fulgurante et novatrice, complètement indépendante de toute démarche intellectuelle. Cet instant de création pure est ce que l'on pourrait nommer un flash créatif : avant que le pinceau ne touche la toile, tout est là, en un tiers de seconde l'œuvre est là, dans sa potentialité. Ensuite, le plus difficile sera de rester connecté à cet instant initial ; plus le temps passe, plus il s'estompe, le mental venant s'approprier la thématique. C'est alors au côté technique de continuer afin de mettre en matière le ressenti, le perçu, l'instant poïétique.

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Vous l'aurez compris le « Ze souis oune Artiste » pour expliquer un trait de génie artistique est la formulation acceptée et acceptable par notre société de la médiumnie appliquée aux choses de l'Art.

Les artistes restent souvent des personnes très sensibles au climat émotionnel ambiant. Ils peuvent être chavirés par les vents émotionnels qui les entourent, telle une girouette, ils peuvent changer en un instant de vécu intérieur et donc d'humeur. Si cette instabilité émotionnelle est un poids qu'il faut savoir vivre, en revanche, cela leur permet de garder leur hyper-sensibilité intègre et donc leur médiumnie et par voie de conséquences leur intuition inspirative.

Là encore, comme évoqué au chapitre 3 et comme nous le reverrons au chapitre suivant, une personne plutôt Yin ne gérera pas comme une personne plutôt Yang. Le Yin aura bien plus de mal à gérer le débordement émotionnel. En revanche, le Yang saura mieux gérer, mais il risque de se déconnecter et de perdre son inspiration médiumnique. Cruel dilemme pour un artiste.

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Nous finirions sur ce paradoxe du médium qui veut développer sa médiumnie, même s'il n'est pas artiste. D'une part sa supra-sensitivité sera un plus pour le côté intuitif et, d'autre part, elle sera la plus grosse des peaux de banane pour le côté émotionnel. En effet, si l'intuition est fulgurante et immédiate, on a parlé de moins d'un tiers de seconde, l'information va, dès la seconde suivante, rentrer dans le circuit du mental, de la conscience et logiquement enclencher un système de réactions émotionnelles si l'information touche émotionnellement le médium. L'émotionnel est donc le plus grand saboteur de l'intuition ! Ce paradoxe intuition-émotion est vrai pour les artistes comme pour les non-artistes. C'est pour cela qu'il est préférable de ne rien faire de sa médiumnie tant que la stabilité émotionnelle n'est pas acquise.

LEXIQUE

CD – CG

Cerveau Droit – Cerveau Gauche, dénomination courante pour caractériser l’activité globale et holistique de l’hémisphère droit et l’activité analytique de l’hémisphère gauche.

Clairvoyance, clairaudience

Capacité extra-sensorielle portant sur la métaconnaissance d’un présent caché, non accessible, et échappant à la déduction logique. Ce terme exclut le phénomène télépathique. On parlera de clairvoyance si l’acquisition et la réception de l’information se font par le canal visuel (sous forme de visions par exemple). Dans le cas de l’utilisation du canal auditif (entendre des voix), on parlera de clairaudience.

Écriture médiumnique dite automatique

Il existe deux modes d'écriture médiumnique, l'écriture semi-automatique où le médium entend intérieurement les mots qui vont graduellement former le texte, et l'écriture automatique. Dans l’écriture automatique ou psychographie, la main du médium écrit seule.

Le cas le plus connu d'écriture médiumnique est certainement celui de Chico Xavier au Brésil, qui a écrit plus de 400 œuvres littéraires, philosophiques et scientifiques qui dépassent toutes de beaucoup ses connaissances apprises.

Fasciathérapie & Fasciapulsologie

En déstressant les fascias, ces fines membranes qui enveloppent muscles et organes, cette technique manuelle, indolore, soulage les blocages physiques, dissipe le stress émotionnel et remet le corps et l’esprit au diapason. Technique moderne mise au point il y a un peu plus de trente ans par Christian Carini (fasciapulsologie) et Danis Bois (fasciathérapie), il s'agit d'une approche globale d'harmonisation du système neuro-végétatif, d'où ses très nombreux champs d'application.

Gestalt

Le mot signifie « forme » en allemand. Il s’agit ici d’un type de transmission de l’information subjective dans lequel les différents composants sensoriels (vue, audition...) du message sont regroupés en une forme globale ne permettant pas de définir la nature et les proportions des sens qui la composent. De nombreuses perceptions extra-sensorielles fonctionnent sur le mode du Gestalt.

Imaginal

Cette notion est une création conceptuelle due aux philosophes français Henry Corbin (1979) et Pierre Solié (1980) pour exprimer un au-delà des deux réalités : de l'imaginaire et du symbolique. Le néologisme 'imaginal' porte une exaltation philosophique de l'image, ce que le mot 'imagination' ou 'imaginaire' ne permettait pas. Cette exaltation ouvre à la connaissance symbolique de la réalité des archétypes.

Inconscient

Suivant le corps de métier qui utilise ce mot, les significations sont très différentes, voire divergentes. Nous pouvons retenir ici, l’élément de la chaîne conscient - inconscient - inconscient collectif - énergie de Vie.

Médium

En art et en communication, le mot médium peut être le singulier de média.

En physique, un médium est ce qui sert d'intermédiaire, de support et de véhicule à un élément entre un émetteur et un récepteur.

En œnologie, un médium est un format de bouteilles de champagne.

En peinture, préparation liquide pour lier les couleurs.

Parapsychologie

Discipline scientifique qui débuta en 1882 avec la fondation de la Society for Psychical Research. C'est en 1930 que la parapsychologie est reconnue et devient officiellement l’étude rationnelle, statistique, expérimentale et pluridisciplinaire de faits semblant inexplicables en l’état actuel des connaissances scientifiques. Ces phénomènes, en marge de la psychologie, sont caractérisés comme 'Paranormaux' ou 'Psi'.

Pendule

Outil d'amplification de l'intuition inutilisable s'il est non calibré et faussé dans un contexte émotionnel non-neutre.

P.E.S. ou ESP

Perceptions Extra-Sensorielles (PES) ou en anglais Extra-Sensory Perception (ESP), c’est l’ensemble des perceptions qui échappent à la déduction logique et aux cinq sens communément reconnus de l’homme.

Les Psi réceptifs reçoivent des informations quantiques tandis que les Psi projectifs peuvent modifier les informations de différents supports.

Poïétique

Étude du processus créatif et de son rapport à l'artiste. C'est une science de l'homme qui se propose d'examiner les potentialités inscrites pendant la création même de l’œuvre. Elle s'interroge sur les concepts d'intention, de faire, de finalité et d'achèvement, et ce quel que soit l'art considéré.

Psi, sujet Psi

Médium acceptant de réaliser ou de produire (de manière consciente ou non) des phénomènes non-ordinaires qualifiés de phénomènes psi dans le cadre d'une étude en parapsychologie.

On distingue les sujets psi-gamma (phénomènes psychologiques ou subjectifs) et les sujets psi-kappa (phénomènes objectifs). Un sujet peut, à la fois, être psi-gamma et psi-kappa.

Psychosomatique

Après Freud, plusieurs psychanalystes se sont intéressés aux maladies somatiques, parmi lesquels Groddeck, qui a élaboré un modèle psychanalytique des maladies organiques selon lequel toute maladie somatique a une valeur symbolique et est ainsi susceptible d'être traitée également par une action sur la psyché.

Qi-Gong ou Chi-Kung

Méthode basée sur des exercices respiratoires et physiques, afin de permettre la maîtrise, la régénération et la régulation de l'émotionnel, et du Ki ou énergie vitale.

La forme externe, rapide et martiale est le Kung-Fu, la forme interne, lente et martiale est le Taïchi, le Chi-Kung est une forme lente et non martiale. Les mouvements sont donc simples et indépendants et à objectif de mieux-être.

Radiesthésiste

Intuitif, souvent médium, qui objective son ressenti via un pendule, une antenne ou une baguette. Les sourciers sont des supra-sensibles à l'eau courante.

Spiritisme

Ancienne doctrine impliquant la survivance d'une part spirituelle de l'être après la mort. Cette énergie rémanente, appelée esprit, évoluerait dans un plan d’existence parallèle au nôtre, mais terrestre. Ces esprits ou énergies subtiles peuvent être perçus par certains médiums sous forme imaginale.

Subconscient

De l’anglais Subconscionness, l’Insu dans la littérature pré-freudienne, à rapprocher de l’inconscient tel que défini plus haut.

Thérapeutes & Coachs

Le thérapeute est un professionnel de la relation d’aide qui vise à ce que le patient se sente mieux. C'est principalement lui qui dirige et prend les décisions, qui habilite le patient.

Le coach, lui, vise à ce que le client avance et prenne les commandes des actions et des décisions. Son but est d’identifier les objectifs et la manière de les activer.

Voyance

Fine prédiction intuitive de la probabilité d'un projet.

BIBLIOGRAPHIE & WEBOGRAPHIE

Allan Pease, Barbara Pease chez Editions Générales First :

    • Pourquoi les hommes n'écoutent jamais rien et pourquoi les femmes ne savent pas lire les cartes routière

Bertrand Méheust aux Empêcheurs de Penser en Rond :

    • 100 mots pour comprendre la voyance

Chih-Chung Tsai aux éditions Jouvence :

    • Lao Tseu : La voie du Tao
    • Le Message de Tchouang Tseu
    • Lie Tseu : les ailes de la joie

Edouard G. Stiegler chez Guy Trédaniel :

    • Régénération par la marche afghane
    • et le site MarcheAfghane.fr

Henri Bergson aux Presses Universitaires de France :

    • Correspondances

Merleau-Ponty aux Editions Gallimard :

    • Phénoménologie de la perception

www...

Communication :

    • Nvc-europe.org (Cnv) Thomasdansembourg.com
    • Institut-Espere.com j-Salome.com
    • AtelierGordon.com

Instituts et centres de recherche :

    • MetaPsychique.org Gerp.free.fr
    • Geepp.free.fr Inrees.com
    • Mentalisme.com (Cripp)

Mandalas :

    • Free-Mandala.com Coloriages.biz
    • Hugolescargot.com Colorier.net
    • Mandalarbre.com MesColoriages.com

Thérapeutes :

    • Fasciapulsologie.com Fasciatherapie.com
    • Gestalt-ifgt.com Gestalt.fr
    • Sophrologie.com Sophrologie-francaise.com

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Introduction au complément de 2017

La particularité HSP pour Highly-Sensitive Person (Hyper-Sensorielle Personne en français) a été mise en évidence dès 1991 par Elaine Aron Ph.D. C'est elle qui la première, à valider cliniquement cette particularité innée chez certains humains, 10% à 15% de la population à priori. Sa quête de faire reconnaître cette caractéristique non pathologique innée et de bien la distinguée des pathologies cliniques comme l'hyperémotivité à gagner depuis de nombreux pays, mais pas la France malheureusement. L'objet de ce livre est donc, dans la mesure du possible, de proposer une approche qui s'appuie d'une part sur les travaux d'Elaine Aron, d'autre part sur les dernières avancée en neurosciences et enfin sur notre culture sociétale hexagonale (française). Il s'agit plus de planter des graines pour le futur que de réformer le présent avec lequel on doit composer. C'est pourquoi ce livre s'adresse d'abord aux hypersensoriels qui ont vécu subjectivement ce qui est décrit dans ce livre, plutôt qu'a des personnes en recherche de preuves objectives.

Nous commencerons par la retranscription d'une web-conférence qui à l'avantage de brosser tous les paramètres à prendre en compte de façon synthétique. Ensuite, pour chaque point, qu'il soit de nature théorique (les modèles, les concepts) ou pratique (les comportement, les médiations corporelles), sera repris en détail afin de rendre le lecteur autonome sur sa façon de voir les choses et de les vivres. En fin d'ouvrage nous irons visiter des points qui font débats afin de clarifier les croyances misent en jeu et les comportements associés.

Suis-je hypersensoriel ?

      • Ce premier chapitre est la retranscription de la conférence-enseignement de Pascale sur les hypersensoriels. Nous allons y découvrir, d'une façon globale, ce qu'est l'hypersensorialité, comment savoir si l'on est hypersensoriel et des pistes de conseils pratiques pour gérer cette nature très spécifique de l'hypersensorialité. Bien sûr chaque point sera repris en détail tout au long de l'ouvrage ensuite.

Pour nous aider dans notre parcours commençons par voir la définition de ce terme "hypersensoriel". Nous allons tout de suite faire une distinction avec d'autres mots rencontrés dans la littérature ou le langage courant et qui peuvent être des pièges car ils ne correspondent que partiellement à la notion d'hyper­sensoriel, il s'agit :

    • d'hypersensible,
    • d'hyperémotif et
    • d'hypersensitif.

Il y a une différence notable entre hypersensoriel et hyperémotif. Ainsi on qualifie une personne d'hyperémotive, une personne qui rentre tout de suite dans l'émotion alors qu'une personne hypersensorielle, est une personne qui vit et ressent tout en amplifié. Et cela va être aussi bien sur le plan physique qu'émotionnel.

Pour illustrer et nous permettre de mieux comprendre cette définition, nous allons évoquer différentes situations. Par exemple elle peut être hypersensible au bruit, donc le bruit d'une fête d'anniversaire qui, pour des personnes classiques, est synonyme de joie et de plaisir, va être un vrai cauchemar à vivre pour l'hypersensoriel. Si elle doit déjeuner dans une brasserie pleine de monde, elle en ressortira épuisée. Autre exemple ce sont des personnes qui ne peuvent pas porter n'importe quel tissu. Le contact avec du tissu synthétique leur crée des sensations de brûlures, de picotements. Les frottements avec une couture deviennent rapidement des sources d'irritations de la peau à cet endroit là. Résultat, elle ne pourra porter par exemple que des matières naturelles comme du coton. Elle peut être aussi super sensible aux odeurs ou aux saveurs. Un parfum comme un composé chimique dans l'alimentation peut provoquer des symptômes physiques : nausées, maux de tête etc. Selon ce degré d'hypersensorialité si, par exemple, cette personne est cinq fois plus hypersensorielle que la moyenne des gens, quand elle prendra un verre de vin cela lui fera le même effet que cinq verres de vin pour une personne non hypersensorielle ! On comprend bien, que dans ce cadre où tout est vécu en amplifié, quand elle va prendre un médicament cela signifie qu'il va falloir être très attentif au dosage. Le médecin va certainement devoir pondérer les doses. Il ne peut pas lui donner la même dose qu'à une personne classique sinon il y aura le risque d'avoir des effets secondaires semblables à ceux provoqués par un surdosage. D’où l'importance, pour une hyper-sensoriel d'avoir un médecin de famille stable, qui connaisse bien les sur-réactions possibles de la personne.

Au niveau émotionnel comment cela se traduit-il ? Ce sont des personnes qui vont vous dire : "La minute d'avant tout allait bien et puis la minute d'après je me suis senti triste, irrité, et je ne comprends pas il n'y a rien eu de spécial". Elle a juste croisé sa voisine de palier qui venait de recevoir une mauvaise nouvelle ou elle est rentrée dans le métro et s'est retrouvée en présence d'une foule émotionnellement non neutre. Autre situation très caractéristique où elle vit ce phénomène émotionnel, elle arrive à une réunion où ses collègues sont déjà installés et elle ressent cette bascule de passer d'un état intérieur serein à un état de mal-être alors qu'il y a pas eu d'événements objectifs pouvant justifier cela (évidemment subjectivement, l'état émotionnel même caché de certaines personnes de la salle expliquerait "tout"). Autre expression typique rapportée par ces personnes : "Je suis une vraie éponge. J'absorbe toutes les émotions des autres Quand mon amie m'appelle le soir et qu'elle me raconte toutes ces difficultés ensuite je n'arrive plus à dormir. Une autre façon d'exprimer cette perméabilité sera : "les autres me prennent toute mon énergie... quand je suis dans un groupe je me sens plombé".

Ce sont des personnes qui, parce qu'elles ressentent tout en amplifié, vont donc ressentir des choses très subtiles. Ainsi elles peuvent ressentir l'énergie des lieux. Elles peuvent se sentir mal dans un lieu où il y a eu des événements historiques particulièrement dramatiques ou dans les cimetières, etc. De même, elles peuvent être euphoriques dans un lieu ressourçant comme une forêt ou la nature.

Voyons maintenant les conséquences sur la vie relationnelle. Nous mesurons déjà que leur difficulté va être de prendre du recul par rapport à : d'un côté leur ressenti qui est un vécu bien réel, et, de l'autre l'interprétation qu'elles devront en faire. Il va falloir qu'elles créent le réflexe de diviser par deux ou plus ce ressenti pour connaître la réalité de l'intention de l'autre ou le degré de gravité de la situation. Par exemple prenons le lieu de travail : si le patron fait une remarque désobligeante ou a un regard désapprobateur la personne hypersensorielle va être aussitôt bouleversée, au point "d'avoir envie de rentrer sous terre". Donc il va falloir qu'elle apprenne à se dire : "attention quand mon patron me dit cela je crois qu'il est en colère or je suis hypersensorielle donc il est 10 fois moins en colère que ce que je ressens". Ceci est très important car c'est la seule solution pour ensuite adopter un positionnement ou une réponse juste et adaptée à la situation. Il va falloir qu'elle se positionne par rapport à ce dix fois moins en colère et non par rapport à son ressenti. C'est cela qui est extrêmement difficile.

    • Comportement à acquérir : je divise par 10 mon ressenti afin d'en déduire la réaction (officielle) adaptée à la réalité du contexte.

De la même façon envers un compliment. Imaginons la même jeune femme hypersensorielle. Elle rencontre un jeune homme qui la trouve sympathique à 20 %. Elle va ressentir : "il me trouve sympathique à 100 %". Il va être vital à cet instant là, avant de rentrer dans l'ouverture totale et de se dire "c'est l'homme de ma vie", qu'elle applique la règle et se dise attention la réalité de l'autre c'est une attirance pour moi 10 fois moins forte que ce que je ressens. Si ce réflexe n'est pas installé la personne hypersensorielle aura des réactions qui sont pas du tout adaptées et aura beaucoup de difficultés sur le plan relationnel.

En parallèle l'entourage, les autres vont dire de cette personne hypersensorielle qu'elle est hyper susceptible, impulsive voir irrationnelle, que d'un détail elle en fait toujours une montagne, qu'elle monte facilement sur ces grands chevaux, cherche midi à 14h etc.

    • Il existe différents niveaux d'hypersensorialité, et il est important de se situer sur une échelle de 1 à 10.

Tout le monde n'est pas hypersensoriel et parmi les personnes hypersensorielles, il y a des degrés différents plus ou moins forts de ressentis. Si on choisit de prendre une échelle entre 0 et 10 la majorité des gens ne sont pas hypersensoriels (il sont à 1), puis ensuite, vous allez avoir des hypersensoriels qui vont avoir un ressenti amplifié fois 3. Ce degré d'hypersensorialité est tout à fait gérable et ne pose aucun problème. En parallèle cela donne une bonne intuition. Comme cette personne peut ressentir des choses subtiles elle va être, par exemple, en capacité de ressentir le besoin de la personne qui est en face d'elle. Ensuite plus on monte dans l'échelle plus cela va devenir compliqué et délicat à gérer.

Autre point important: les hommes et les femmes ne sont pas égaux dans cette gestion de l'hypersensorialité. Dans la majorité des cas, un garçon peut se couper de son émotionnel tandis qu'une femme ne le peut pas. A la base ce sont des raisons historiques qui sont à l'origine de cette construction psychique et de cette différence. Depuis la nuit des temps les hommes ont été obligés d'aller au combat et de faire la guerre. Si sur le champ de bataille un camarade tombe à côté d'eux et que l'homme rentre dans l'émotion trente secondes plus tard c'est lui qui est mort. Il est vital qu'il puisse être capable de rester dans l'action à ce moment là. Au fil du temps l'homme a ainsi développé cette capacité à pouvoir isoler les émotions et à rester focalisé sur les faits . Cela ne veut pas dire, bien évidemment, qu'il ne les a pas éprouvées mais elles sont refoulées et n'interfèrent pas dans l'instant. A l'inverse une femme ne peut pas dissocier son émotionnel de ce qu'elle vit dans l'instant.

Autre caractéristique liée à l'hypersensorialité ce sont des personnes qui, par exemple, ne supportent pas de regarder des films où il y a de la violence : elles se sentent mal physiquement immédiatement. De la même façon elles peuvent se mettre à pleurer très facilement dès qu'il y a un passage un peu sentimental. Traverser des lieux publics, se retrouver dans une foule, faire ses courses dans un supermarché, prendre le métro sont autant de situations qui peuvent être problématiques pour un hypersensoriel. Il en ressort fatigué, épuisé, et cela va lui demander beaucoup de temps et d'énergie pour retrouver un minimum de dynamisme. Par contre elles vont vivre et ressentir la nature comme extrêmement ressourçante : "j'adore la nature, je m'y sens bien, je passerai des heures dans la forêt, si je pouvais vivre à la campagne ce serait le rêve …."

Ce sont donc des personnes qui vont avoir des affinités particulières avec les plantes, la nature, mais aussi dans certains cas avec les animaux. Certaines peuvent communiquer et avoir un réel contact avec les animaux car elles sont en mesure de ressentir leurs besoins, leurs difficultés, etc. Et les animaux seront pour elles une source de joie et d'apaisement.

Autre caractéristique possible, ce sont des gens qui parfois n'ont aucun souvenir d'enfance ou alors à l'inverse des gens qui vont avoir des souvenirs extrêmement jeune de l'âge de 2 ans ou 3 ans. La plupart du temps c'est l'absence de souvenirs qui est observé. La personne vous dit n'avoir aucun souvenir avant vraiment l'âge de 9-10 ans. Ce phénomène est lié à une stratégie adoptée durant l'enfance pour gérer les stress Si chaque matin est un nouveau jour, c'est beaucoup plus facile de repartir dans la vie que si on a gardé en mémoire toutes les difficultés et souffrances traversées et vécues la veille. On appelle cela gommer.

Autre caractéristique très courante celle-ci, c'est un besoin vital d'espace pour soi. Comme l'hypersensoriel ressent tous les flux émotionnels présents autour de lui, il va être vital pour lui à un moment donné de pouvoir se retrouver et se ressourcer. Il va avoir besoin de s'isoler à intervalles réguliers et rapprochés. Cette nécessité impérieuse de pouvoir être des soirées entières chez lui tout seul aura un impact non négligeable sur sa vie relationnelle. Ce sera important que, pour son entourage, cette tendance à l'isolement soit vécue comme un besoin normal et naturel et non comme un refus de relation. La notion d'écologie personnelle à préserver n'est pas un caprice, mais bien une réalité où la volonté n'est pas en cause.

Ce qui est très important à retenir c'est que toutes les caractéristiques et conséquences que nous venons d'évoquer existent et sont présentes dès l'instant de la conception. La vie de l'enfant hypersensoriel va être très compliquée et ceci d'autant plus que jamais personne ne lui expliquera ce qui se passe ni comment le gérer (ce qui est le cas le plus courant en France actuellement). Le bébé hypersensoriel ressentira tous les flux émotionnels de son entourage (y compris pendant sa vie intra-utérine) et n'oublions pas qu'ils seront perçus en amplifiés. Et c'est dans son corps qu'il va vivre "l'équivalent en doses hormonales et physiologiques" de ces stress liés aux émotionnels des parents. La seule solution pour un bébé d'éliminer et de gérer son stress va être de pleurer beaucoup ou de somatiser. On aura ainsi un bébé qui, par exemple, fera toutes les maladies infantiles connues : varicelle, rougeole, rubéole mais aussi roséole bref tout ce qu'il y a dans le catalogue. Une fois atteint l'âge de rentrer à l'école, il va être confronté à un autre problème : la gestion de tout ce qui peut se vivre comme stress dans une cour d'école... Il faut vraiment se mettre dans le contexte et imaginer la rentrée des classes à la maternelle. L'enfant hypersensoriel arrive et là il y a tout le flux émotionnel des autres enfants ! Donc il y a ceux qui crient, ceux qui sont tristes, ceux qui savent pas ce qui va leur arriver, etc. Il y a tout l'émotionnel également des parents : les mamans qui sont inquiètes de laisser leurs enfants ou celles qui se font du souci parce qu'elles ont peur d'être en retard au travail. Il y a les encadrants, la nouvelle maîtresse qui se demande si ça va bien se passer, qui peut être "nouvelle" dans cette école ou dans la profession. Une cour de récréation chahutante pour un hypersensoriel, peut être vécu comme un véritable enfer ou il va devoir retourner le lendemain et ceci pour un certain nombre de jours, de semaines et de mois. Nous avons déjà évoqué la stratégie de gommage que l'enfant peut mettre en place à ce moment là. Il efface tout ce qui s'est passé la veille de façon à ce que chaque jour soit un nouveau jour et qu'il puisse repartir dans la vie sans avoir le souvenir du stress qu'il a eu à affronter.

Si l'enfant arrive à gommer uniquement la partie émotionnelle ça va, mais la plupart du temps le stress est associé en parallèle à la notion d'apprentissage. Et cela a des conséquences importantes puisque l'enfant gomme également une partie de ce qu'il a appris.

Citons le cas de quelqu'un qui était apprenti pâtissier et qui avait cette stratégie. Il oubliait systématiquement toutes les consignes qu'on lui avait donné la veille. En revanche son patron reconnaissait que c'était quelqu'un qui était toujours de bonne humeur, heureux de vivre.

Citons un autre cas : celui d'une personne hypersensorielle qui avait vécu de la maltraitance de la part de sa mère dans son enfance. Elle avait adopté la stratégie de gommer toutes les deux heures environ ! Conséquence pour sa vie d'adulte, quand elle avait un conflit avec son mari qui l'humiliait sans cesse et où la relation se passait très mal, elle se disait : "ce n'est pas possible il faut que je divorce, je ne peux pas continuer comme ça...". Puis elle allait deux heures dans le jardin et quand elle revenait elle se demandait : mais pourquoi je veux divorcer, il est très sympa tout va bien. Elle avait complètement oublié ce qui s'était passé.

Bien sûr ces exemples sont des extrêmes, mais cela nous permet de comprendre toutes les difficultés que l'enfant va rencontrer et surtout qu'il lui faudra trouver une stratégie d'adaptation pour survivre, stratégie qui ne sera pas forcément pertinente une fois devenu adulte.

Une autre difficulté va être liée au fait que l'enfant perçoit des choses que les autres ne ressentent pas et qu'il n'a pas conscience que tout le monde n'est pas comme lui. Si par exemple on lui demande de dire bonjour à une personne qui, en réalité, cache derrière un sourire de circonstance, des pensées malsaines ou malhonnêtes, l'enfant va ressentir cet état d'esprit et ne voudra pas dire bonjour. Il le ressent sans pouvoir mettre de mots dessus. Et quand on lui demande pourquoi il ne veut pas dire bonjour au gentil monsieur, il va répondre : "ce monsieur est méchant, je ne l'aime pas...". La réaction de l'entourage va être sévère, l'enfant sera réprimandé, on lui fera comprendre que son attitude est mauvaise et qu'il est un méchant petit garçon ou petite fille, qu'on est très déçu de son comportement etc. Outre le côté désagréable d'avoir à peut-être subir une punition, l'autre conséquence bien plus importante, sera que l'enfant va commencer à douter de lui et de son ressenti. Parce qu'il ignore que les autres ne sont pas comme lui, il va peu à peu adopter une vision déformée de lui-même, non conforme à ce qu'il ressent réellement, mais conforme à ce que ses parents et la société définissent comme normal. La conséquence sera soit une perte de confiance en soi, soit une perte d'estime de soi.

Une autre problématique que l'hypersensoriel va rencontrer c'est que dans le monde tout est fait en fonction de la majorité, c'est à dire du plus grand nombre. Or les hypersensoriels sont une minorité, et comme toute minorité, il y a donc une obligation de devoir apprendre à s'adapter aux us et coutumes du plus grand nombre. Le problème est qu'enfant, l' hypersensoriel ressent bien qu'il n'est pas comme les autres, mais il ne comprend pas ni ne peut identifier en quoi il est différent. Par contre il a bien ressenti et compris que cette différence pouvait lui attirer le rejet de la part des autres et il va tout faire pour essayer d'être comme les autres c'est à dire d'être "normal". Vis-à-vis de ses parents, il peut même rentrer dans de la sur-adaptation. Il va essayer de coller au modèle qu'on attend de lui. Il va constamment essayer de prendre la forme qu'on lui demande de prendre. Évidemment à un moment donné une fois devenu adulte il ne sait plus qui il est, quelle est sa forme ? Cette capacité à prendre des formes différentes s'appelle la ductilité.

Au travers de toutes ces difficultés l'enfant comprend très vite qu'il faut surtout qu'il n'exprime pas ce qu'il ressent parce qu'il va recevoir un feedback très négatif. Il va mettre en stress son entourage qui ne le comprend pas et ne le comprendra certainement jamais. Donc il apprend à se taire, mais cela va le renvoyer à vivre une très grande solitude.

Mettons-nous du point de vue des parents qui ne sont pas hypersensoriels et qui ont un enfant hypersensoriel. Cet enfant leur est complètement étranger, ils ne le comprennent pas. Ils ont un enfant qui n'arrive pas à faire rentrer dans le cadre, et ne correspond pas aux références de la société. Cet enfant c'est comme le vilain petit canard : il dérange. S'il ne réussit pas à s'adapter aux contraintes du clan, les parents qui essayent désespérément le faire rentrer dans le moule peuvent, à un moment donné, finir par éprouver de la colère envers lui, voir le rejeter : il leur complique la vie et sont impuissants à résoudre le problème. Il sera important aux personnes hypersensorielles devenues adultes de leur expliquer ce qui se passe et ce qui c'est passé au niveau de leurs parents afin qu'elles puissent les rassurer, pour faire baisser leur stress. Leurs dire qu'ils ont un enfant atypique et qu'ils ont sûrement fait au mieux suffit souvent à ramener un climat plus apaisé au sein de la relation. Cela nécessite bien sûr un travail sur soi pour se comprendre et accueillir que l'on est atypique et que le mieux c'est de le dire.

Nous en venons donc au coaching des hypersensoriels...

Souvent, on me demande pourquoi est-ce que nous nous sommes spécialisés dans l'accompagnement de cette catégorie de personnes ? C'est tout simplement parce que nous sommes tous les deux hypersensoriels et donc tout ce que je vous ai décrit par rapport à l'enfance nous l'avons traversé l'un comme l'autre. Chacun a mis des stratégies en place pour pouvoir gérer et, au fur et à mesure de notre expérience, nous avons compris de mieux en mieux ce qui entrait en jeu et se passait. Dans mon histoire par exemple le côté somatisation était très présent. Enfant j'étais tout le temps malade. J'avais une façon de gérer mon stress bien spécifique : tous les 15 jours je passais 3 jours à dormir. Évidemment ma mère s'est inquiétée personne ne comprenait puisque je ne me réveillais même pas pour manger. Et au bout de 3 jours je repartais comme si de rien n'était. Heureusement nous avions un médecin de famille qui était un vieux monsieur plein de bon sens. Il a dit à mes parents qu'il avait aucun souci, qu'il fallait me laisser faire, il ne fallait surtout pas interrompre mon sommeil, que c'était une façon de récupérer. C'était quelque chose d'atypique, c'était ma façon à moi de gérer. En tant qu'hypersensoriels nous sommes à même de comprendre ce que vit et éprouve la personne, ces difficultés, et l'éclairer sur qui elle est.

Notre première tâche auprès de ces personnes hypersensorielles consiste à déjà bien leur expliquer qu'est-ce que c'est l' Hyper sensorialité et donc leur nature profonde. C'est un point vraiment très important parce que cela va être un extrême soulagement pour ces personnes. D'un côté cela va les éclairer et donner du sens à tous leurs vécus, mais aussi les déculpabiliser et les libérer de la peur d'être folle. Car souvent, en arrière plan, puisqu'elles ne correspondent à aucun critère majoritaire (normal), elles ont enregistré qu'elles étaient anormales De là à croire qu'elles peuvent être du ressort de la psychiatrie, il n'y a qu'un pas. Réaliser qu'on peut les comprendre, que tout ce qu'elles vivent peut s'expliquer, que cela a du sens que c'est vraiment quelque chose qui est naturel et qui peut exister est essentiel et a toujours un effet libérateur. Elles vont pouvoir du coup revisiter toute leur vie à partir de ces informations, et, à ce moment là, il y a énormément d'événements qui vont pouvoir prendre du sens.

Ensuite dans une deuxième étape nous leur expliquerons comment gérer cette hypersensorialité. Nous leur donnerons des conseils pratiques. Nous leur expliquerons aussi comment communiquer avec les autres, avec ceux qui ne sont pas hypersensoriels. Les gens qui ne sont pas hypersensoriels ne peuvent pas nous comprendre, donc ça va être à nous de nous adapter et d'utiliser certains mots de vocabulaire pour communiquer, pou rendre la communication possible.

En tant que thérapeute Il y a aussi une différence entre l'accompagnement d'une personne hypersensorielle et une personne qui ne l'est pas ou très peu. C'est au moment où on interrogera la mémoire cellulaire. Il sera très important de se rappeler que le ressenti qui est enregistré est un ressenti amplifié et donc, quand on aura à interpréter ce ressenti, il va falloir diviser par dix pour avoir la réalité des faits objectifs et pouvoir faire un recadrage structurant. Prenons un exemple : imaginez une petite fille dont le voisin est une personne âgée qui fantasme sur les petites filles. Chaque fois qu'elle va à l'école le voisin va s'organiser pour être derrière sa fenêtre et la regarder passer. La petite fille hypersensorielle ressent parfaitement ce regard et elle le ressent en amplifié. Donc un regard qui est vécu multiplié par dix va être enregistré au niveau de la mémoire cellulaire avec ce degré d'intensité et devient l'équivalent d'un attouchement alors que celui-ci n'a jamais eu lieu dans la réalité objective. Quand un thérapeute veut interroger la mémoire cellulaire, qu'est-ce qu'il va trouver : un ressenti d'attouchement alors que dans les faits il n'y en a jamais rien eu sur le plan physique, ce qui est repéré est uniquement sur le plan psychique. Il faut donc rester extrêmement prudent quand on va interpréter et avoir beaucoup de tact pour proposer un recadrage qui, sans nier le ressenti, permet une restructuration cognitive. Il y a une grande différence entre une envie et un passage à l'acte : vis-à-vis de la loi c'est le passage à l'acte qui est sanctionné.

La troisième étape sera la gestion de cette hypersensorialité sur le plan du stress, mais aussi sur le plan relationnel. Comme il n'y a pas de bouton marche-arrêt, quoiqu'elle fasse la personne hypersensorielle sera traversée par tous les flux émotionnels ambiants ! Cela exigera de sa part un recentrage et une remise en référence interne à intervalles réguliers au cours de chaque journée. Grâce à des exercices réguliers de médiation corporelles comme des techniques de respirations de Qi-gong, de brain-gym, de médiations ou autres, elle va pouvoir maîtriser les effets de l'hypersensorialité. La conscience qu'elle aura des impacts de sa nature sur son quotidien lui permettra de mieux préserver son écologie et de prendre des mesures dans l'organisation de sa vie au mieux. Bien sûr la communication et ses différents principes sont également importants à connaître pour un hypersensoriel pour qui ce n'est jamais vraiment naturel. L'application de certaines formes de communication (loi normale, étiquette, ...) lui permettront de ne pas créer de stress chez les autres tout en lui épargnant des attentes inutiles.

Sinon, en Ethérapie, le travail restera le même que celui mis en place avec toute personne en recherche de développement personnel, on procédera à la mise en place des références internes via un travail de nos deux polarités symbolisées par le yang et le yin, puis un travail avec l'énergie de l'enfant intérieur et on mettra du sens dans les faits du passé afin de pouvoir vivre un avenir nouveau dans le bien-être.

Suis-je Homo Empathicus?

Parmi les HSP les plus reconnus dans la presse francophone, on trouve les "Empathes". Si tous les HSP ne sont pas Empathes, en revanche, tous les Empathes sont HSP, c'est donc un thème intéressant dans le cadre de notre ouvrage.

Historiquement c'est à l'économiste et scientifique reconnu Jeremy Rifkin que l'on doit cet intérêt médiatique. En effet, en 2011, alors que ces vingt ouvrages sur une nouvelle économie font référence, il écrit : "Une nouvelle conscience pour un monde en crise, Vers une civilisation de l'empathie". Dans ce livre Rifkin démontre que l'empathie est essentielle à la psyché humaine et peut rétablir un bel équilibre humaniste dans le monde ! L'empathie comme une valeur pour un meilleur futur économique et écologique de la planète : promue par un économiste conseiller des chefs d'état, les médias n'ont pu que rebondir et ont redonné sa juste place à l'empathie. De plus, les nouvelles découvertes en neurosciences (2010-2012) sur les neurones miroirs ou "neurones de Gandhi" ou "neurones de l'empathie" vont dans le même sens et donnent un support objectif et scientifique. Par exemple, en 2012, l'Inserm fait même une vidéo pédagogique de trois minutes pour expliquer les neurones miroirs ( youtu.be/sRdUlO3qdak ) et leurs impacts sur l'empathie. L'homo-empathicus, comme Rifkin le nomme, entre donc dans les sphères sociétales, sociologiques et psychologiques dès 2012 avec d'une part cette mise en évidence des neurones miroirs, et d'autre part, ce livre d'un scientifique-économiste reconnu.

Depuis, on a affiné le modèle et on distingue "empathie de "empathe". La personne qui a de l’empathie reconnaît les émotions des autres, les comprend, mais ne les ressent pas dans son corps. L’empathe ressent les émotions des autres dans son propre corps. Quand un empathe rencontre une personne triste par exemple :

    • Son corps devient triste, sans raison,
    • Une tristesse l’envahit, et il ne peut rien faire pour l’arrêter,
    • Il est obligé de s’en accommoder, même s'il ne le comprend pas, même s'il n'en veut pas.

Ressentir, c’est très différent de "comprendre" les émotions des autres. Les empathes sont très sensibles à l’énergie et aux émotions des gens, des animaux, et parfois même des lieux. Les endroits très fréquentés comme les centres commerciaux, les supermarchés, les stades ou les salles de cinéma, peuvent submerger les sens de l’empathe.

Si on veut revenir sur la différence que l'on peut faire entre "empathie" et "empathe", et bien la plupart des empathes qui s'ignorent n'éprouvent pas forcément de l'empathie ! Comme nous l'avons vu, l'empathe aura tendance à absorber les émotions autour de lui où qu'il aille et même s'il ne connaît pas la ou les personnes. Ainsi, des émotions désagréables, voire très désagréables, peuvent l'envahir, comme si c'étaient les siennes. Les maisons de soins, de retraite ou encore les hôpitaux peuvent aller jusqu'à provoquer des sentiments de dépression, des maux physiques chez les empathes sans qu'ils se rendent forcément compte que cela provient de l'extérieur, de l'environnement, que cela ne les concerne pas.

L'empathe ne sait pas, à priori, qu'il est empathe !

Aussi sa construction dans la petite enfance va-t-elle être difficile sauf si son entourage est au courant de cette caractéristique et peut le "coacher".

Dès 2013, on commence à trouver sur le Net des tests de psychologie qui permettent de savoir si on est empathe ou non. L'avantage de ces tests est avant tout de diffuser l'information sur ce qu'est un empathe et comment ses comportements peuvent sembler "trop bizarre" aux non-empathes. Vous trouverez un exemple de questionnaire sur la page suivante.

Voici, à titre indicatif, un partage trouvé sur un forum

Ce post sur ce qu'est un empathe m’a beaucoup aidé à comprendre ce que j’ai, puisqu’en effet, pour moi je le vis plutôt comme une affection qu’un don. Je tiens tout de suite à dire que je n'ai jamais su que j'étais "empathe" : j’ai 30 ans et je viens de le découvrir ! Je croyais que j’étais pathologiquement sensible, car même à distance, quand je suis connecté à une personne, je ressens ses émotions en temps réel. J'aimerai utiliser ce ressenti pour aider les gens, mais on me prend pour un fou.

Pour ce lecteur, comme pour beaucoup sur les blogs qui présentent les empathes avec souvent un petit test, le fait d’avoir mis un nom sur un état d’esprit, un état d'être, un vécu est déjà un grand pas.

Êtes-vous un empathe?

• Vous savez, presque instantanément, si quelqu’un vit une émotion, mais en exprime une autre (masque émotionnel).

• Vous avez l’impression de pouvoir ressentir la douleur du monde entier (notamment lors de grands drames internationaux)

• Lorsque vous voyez quelque chose de triste (un animal renversé par une voiture, un SDF sur le trottoir), vous mettez beaucoup plus de temps que les autres pour ne plus être touché.

• Quand vous êtes no-stress, zen, vous pouvez avoir de fortes premières impressions des autres (négatives ou positives).

• Vous avez du mal à regarder des films tristes ou violents parce que ça vous bouleverse trop (alors que vous savez bien que ce n'est qu'un film!).

• Vous ressentez parfois que vos émotions changent soudainement sans jamais savoir pourquoi (et vous avez peur d'être bipolaire)

• Vous avez conscience que les plantes et les animaux ont "une âme", un ressenti. Vous arrivez même à ressentir leur douleur ou leur tristesse.

• Il vous arrive d’entrer dans une pièce en ressentant un changement d’énergie, sans pour autant savoir pourquoi. Par exemple, vous entrez dans un bureau open space et soudainement vous êtes envahi par une tension ou une colère.

• On vous dit souvent que vous êtes un cœur sensible, ou, dans votre enfance, on vous a souvent montré du doigt parce que vous ressentez les choses "trop" profondément.

• Il y a des moments où vous vous sentez tellement submergé par la douleur des autres que vous avez juste envie de vous glisser sous la couverture et de ne plus interagir avec qui que ce soit pendant un long moment.

• Vous êtes souvent fatigué et avez des maux physiques qui ne peuvent pas être expliqués d’un point de vue médical.

Dès 2014 un nouveau livre vient éclairer cette notion d'empathie "utile". Il s'agit du livre de Catherine Gueguen : "Pour une enfance heureuse". L'auteure, pédiatre en Institut Hospitalier, écrit :

    • Quand nous avons le sentiment très agréable d’être en "communion", en parfaite résonance, en synchronie avec l’autre, de partager réellement l’instant présent, il existe alors une traduction biologique : nos neurones miroirs s’activent. Les neurones miroirs constituent une sorte de sixième sens qui rend les émotions contagieuses. Ainsi, quand les adultes crient, s’énervent, ces émotions sont transmises à l’enfant qui ressent ces mêmes émotions de colère.

Catherine Guegune c'est donc surtout intéressée au monde de l'enfance, mais nous avons tous été enfant, nous sommes donc tous concernés. Les récentes recherches en neurosciences confirment que le petit enfant ne peut contrôler ses émotions avant 6 ans, l’immaturité neurologique de son cerveau l’en empêche tout simplement. C'est donc ses neurones miroirs, son degré d'empathie qui vont l'aider à réagir vis-à-vis de son environnement. Ses caprices ou ses colères ne sont donc que la réponse à l'émotion de l'adulte qui est en face ou la contagion émotionnelle de ce qui l'entoure !

Quant aux stress répétés (reproches, menaces, chantage affectif), ils détruisent littéralement des neurones compromettant durablement le développement affectif et cognitif de l'enfant, ainsi que leur épanouissement de futur adulte.

Face à cette malléabilité neuronale de l'enfant, Catherine Gueguen propose une éducation bienveillante à contrario des humiliations, des jugements ou des comparaisons qui généreront des troubles de l'apprentissage ou du comportement. Bien sûr ceci est vrai pour l'éducation de tous les enfants, mais est encore plus important pour les empathes.

Comme nous l'avons dit dès le début de ce chapitre, si tous les empathes sont HSP, tous les HSP ne sont pas empathes. Si l'on estime que 1/3 des HSP sont empathes, avec 15% d'HSP, on a donc au final seulement 5% d'empathes dans le monde alors que plus de 50% des personnes sont capables d'empathie.

Nous avons vu avec que depuis 2013-2014 la caractéristique "empathie" est bien prise en considération par les différentes institutions. Toutefois, la différence fondamentale entre l'empathie qui peut être travaillée et l'empathe inné qui subit est vite oubliée, ce qui peut se comprendre quand on sait que seulement 5% de la population est concernée. De plus, notons que ni Rifkin ni Gueguen n'ont intégré dans leur modèle une graduation, une échelle. Or cette caractérisation par une échelle de 1 à 10 par exemple est très importante pour comprendre les différences de réactions surtout dans l'enfance, puisque comme nous le confirment les neurosciences, entre la naissance et trois ans un enfant ne peut pas contrôler ou gérer ses émotions.

Au final, l'empathie comme qualité humaine à développer pour plus d'altérité, pour mieux pouvoir respecter et comprendre l'autre est une très bonne chose. Toutefois, cela n'a rien à voir avec le problème des HSP empathes qui souffrent de cette méconnaissance de leur ressenti amplifié et non dé-connectable puisque inné.

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A partir de la newsletter Etherapia, systématiquement le mot "médium" a été remplacé par "HSP" ou "hypersensoriel".