N°10 Printemps 2018

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1- Homo Empathicus

Parmi les HSP les plus reconnus dans la presse francophone, on trouve les "Empathes". Si tous les HSP ne sont pas Empathes, en revanche, tous les Empathes sont HSP, c'est donc un thème intéressant dans le cadre de notre newsletter.

Historiquement c'est à l'économiste et scientifique reconnu Jeremy Rifkin que l'on doit cet intérêt médiatique. En effet, en 2011, alors que ces vingt ouvrages sur une nouvelle économie font référence, il écrit : "Une nouvelle conscience pour un monde en crise, Vers une civilisation de l'empathie". Dans ce livre Rifkin démontre que l'empathie est essentielle à la psyché humaine et peut rétablir un bel équilibre humaniste dans le monde ! L'empathie comme une valeur pour un meilleur futur économique et écologique de la planète : promue par un économiste conseiller des chefs d'État, les médias n'ont pu que rebondir et ont redonné sa juste place à l'empathie. De plus, les nouvelles découvertes en neurosciences (2010-2012) sur les neurones miroirs ou "neurones de Gandhi" ou "neurones de l'empathie" vont dans le même sens et donnent un support objectif et scientifique. Par exemple, en 2012, l'Inserm fait même une vidéo pédagogique de trois minutes pour expliquer les neurones miroirs ( youtu.be/sRdUlO3qdak ) et leurs impacts sur l'empathie.

L'homo-empathicus, comme Rifkin le nomme, entre donc dans les sphères sociétales, sociologiques et psychologiques dès 2012 avec d'une part cette mise en évidence des neurones miroirs, et d'autre part, ce livre d'un scientifique-économiste reconnu.

Depuis, on a affiné le modèle et on distingue "empathie de "empathe" :

  • La personne qui a de l’empathie reconnaît les émotions des autres, les comprend, mais ne les ressent pas dans son corps.
  • L’empathe ressent les émotions des autres dans son propre corps. Quand un empathe rencontre une personne triste par exemple :
    • Son corps devient triste, sans raison,
    • Une tristesse l’envahit, et il ne peut rien faire pour l’arrêter,
    • Il est obligé de s’en accommoder, même s'il ne le comprend pas, même s'il n'en veut pas.

Ressentir, c’est très différent de "comprendre" les émotions des autres. Les empathes sont très sensibles à l’énergie et aux émotions des gens, des animaux, et parfois même des lieux. Les endroits très fréquentés comme les centres commerciaux, les supermarchés, les stades ou les salles de cinéma peuvent submerger les sens de l’empathe.

Si on veut revenir sur la différence que l'on peut faire entre "empathie" et "empathe", et bien la plupart des empathes qui s'ignorent n'éprouvent pas forcément de l'empathie ! Comme nous l'avons vu, l'empathe aura tendance à absorber les émotions autour de lui où qu'il aille et même s'il ne connaît pas la ou les personnes. Ainsi, des émotions désagréables, voire très désagréables, peuvent l'envahir, comme si c'étaient les siennes. Les maisons de soins, de retraite ou encore les hôpitaux peuvent aller jusqu'à provoquer des sentiments de dépression, des maux physiques chez les empathes sans qu'ils se rendent forcément compte que cela provient de l'extérieur, de l'environnement, que cela ne les concerne pas.

L'empathe ne sait pas, à priori, qu'il est empathe !

Aussi sa construction dans la petite enfance va-t-elle être difficile sauf si son entourage est au courant de cette caractéristique et peut le "coacher".


Dès 2013, on commence à trouver sur le Net des tests de psychologie qui permettent de savoir si on est empathe ou non. L'avantage de ces tests est avant tout de diffuser l'information sur ce qu'est un empathe et comment ses comportements peuvent sembler "trop bizarre" aux non-empathes.

>> Vous trouverez un exemple de questionnaire plus bas >>


Voici, à titre indicatif, un partage trouvé sur un forum qui proposait justement un petit test pour savoir si l'on était empathe :

  • "Ce post sur ce qu'est un empathe m’a beaucoup aidé à comprendre ce que j’ai, puisqu’en effet, pour moi je le vis plutôt comme une affection qu’un don. Je tiens tout de suite à dire que je n'ai jamais su que j'étais "empathe" : j’ai 30 ans et je viens de le découvrir ! Je croyais que j’étais pathologiquement sensible, car même à distance, quand je suis connecté à une personne, je ressens ses émotions en temps réel. J'aimerai utiliser ce ressenti pour aider les gens, mais on me prend pour un fou. "

Pour ce lecteur, comme pour beaucoup sur les blogs qui présentent les empathes, le fait d’avoir mis un nom sur un état d’esprit, un état d'être, un vécu est déjà un grand pas. Aussi il ne faut pas hésiter à diffuser ce type d'informations autour de soi.

Êtes-vous un empathe?

• Vous savez, presque instantanément, si quelqu’un vit une émotion, mais en exprime une autre (masque émotionnel).

• Vous avez l’impression de pouvoir ressentir la douleur du monde entier (notamment lors de grands drames internationaux)

• Lorsque vous voyez quelque chose de triste (un animal renversé par une voiture, un SDF sur le trottoir), vous mettez beaucoup plus de temps que les autres pour ne plus être touché.

• Quand vous êtes no-stress, zen, vous pouvez avoir de fortes premières impressions des autres (négatives ou positives).

• Vous avez du mal à regarder des films tristes ou violents parce que ça vous bouleverse trop (alors que vous savez bien que ce n'est qu'un film!).

• Vous ressentez parfois que vos émotions changent soudainement sans jamais savoir pourquoi (et vous avez peur d'être bipolaire)

• Vous avez conscience que les plantes et les animaux ont "une âme", un ressenti. Vous arrivez même à ressentir leur douleur ou leur tristesse.

• Il vous arrive d’entrer dans une pièce en ressentant un changement d’énergie, sans pour autant savoir pourquoi. Par exemple, vous entrez dans un bureau open space et soudainement vous êtes envahi par une tension ou une colère.

• On vous dit souvent que vous êtes un cœur sensible, ou, dans votre enfance, on vous a souvent montré du doigt parce que vous ressentez les choses "trop" profondément.

• Il y a des moments où vous vous sentez tellement submergé par la douleur des autres que vous avez juste envie de vous glisser sous la couverture et de ne plus interagir avec qui que ce soit pendant un long moment.

• Vous êtes souvent fatigué et avez des maux physiques qui ne peuvent pas être expliqués d’un point de vue médical.

Dès 2014 un nouveau livre vient éclairer cette notion d'empathie "utile". Il s'agit du livre de Catherine Gueguen : "Pour une enfance heureuse". L'auteure, pédiatre en Institut Hospitalier, écrit :

  • Quand nous avons le sentiment très agréable d’être en "communion", en parfaite résonance, en synchronie avec l’autre, de partager réellement l’instant présent, il existe alors une traduction biologique : nos neurones miroirs s’activent. Les neurones miroirs constituent une sorte de sixième sens qui rend les émotions contagieuses. Ainsi, quand les adultes crient, s’énervent, ces émotions sont transmises à l’enfant qui ressent ces mêmes émotions de colère.

Catherine Guegune s'est donc surtout intéressée au monde de l'enfance, mais nous avons tous été enfant, nous sommes donc tous concernés. Les récentes recherches en neurosciences confirment que le petit enfant ne peut contrôler ses émotions avant 6 ans, l’immaturité neurologique de son cerveau l’en empêche tout simplement. C'est donc ses neurones miroirs, son degré d'empathie qui vont l'aider à réagir vis-à-vis de son environnement. Ses caprices ou ses colères ne sont donc que la réponse à l'émotion de l'adulte qui est en face ou la contagion émotionnelle de ce qui l'entoure !

Quant aux stress répétés (reproches, menaces, chantage affectif), ils détruisent littéralement des neurones compromettant durablement le développement affectif et cognitif de l'enfant, ainsi que leur épanouissement de futur adulte.

Face à cette malléabilité neuronale de l'enfant, Catherine Gueguen propose une éducation bienveillante à contrario des humiliations, des jugements ou des comparaisons qui généreront des troubles de l'apprentissage ou du comportement. Bien sûr ceci est vrai pour l'éducation de tous les enfants, mais est encore plus important pour les empathes.


Conclusion

Comme nous l'avons dit dès le début de ce chapitre, si tous les empathes sont HSP, tous les HSP ne sont pas empathes. Si l'on estime que 1/3 des HSP sont empathes, avec 15% d'HSP, on a donc au final seulement 5% d'empathes dans le monde alors que plus de 50% des personnes sont capables d'empathie.

Nous avons vu que depuis 2013-2014 la caractéristique "empathie" est bien prise en considération par les différentes institutions. Toutefois, la différence fondamentale entre l'empathie qui peut être travaillée et l'empathe inné qui subit est vite oubliée, ce qui peut se comprendre quand on sait que seulement 5% de la population est concernée. De plus, notons que ni Rifkin ni Gueguen n'ont intégré dans leur modèle une graduation, une échelle. Or cette caractérisation par une échelle de 1 à 10 par exemple est très importante pour comprendre les différences de réactions surtout dans l'enfance, puisque comme nous le confirment les neurosciences, entre la naissance et trois ans un enfant ne peut pas contrôler ou gérer ses émotions.

Au final, l'empathie comme qualité humaine à développer pour plus d'altérité, pour mieux pouvoir respecter et comprendre l'autre est une très bonne chose. Toutefois, cela n'a rien à voir avec le problème des HSP empathes qui souffrent de cette méconnaissance de leur ressenti amplifié et non déconnectable puisqu'inné.

2- ESP vs HSP

Nous abordons rarement les pouvoirs extra-sensoriels (EPS, Extra-Sensory Power) ni même les perceptions extra-sensorielles (EPS, Extra-Sensory Perception) dans la newsletter : le dernier article sur "Remote-Viewing" (vision à distance) date de juin 2010 dans la newsletter Radiesthésie Quantique n°77 ! Aussi, nous allons faire le point sur ce sujet dont l'IMI (Institut Métapsychique International) s'est fait la spécialité.

Tout d'abord il est vrai que les HSP (Highly-Sensitive Person ou Personne Hyper-Sensorielle) sont les plus à même de vivre des expériences extra-sensorielles, ce qui est logique puisque, sur certains canaux sensoriels, leur sensibilité est 3, 4, 5, 10 fois plus grande que la moyenne.

Selon Wikipédia, les principales formes de perception considérées comme extra-sensorielles sont :

  • La rétrocognition : connaissance de faits passés impossibles à connaître selon les voies ordinaires ;
  • La clairvoyance : connaissance d'un événement qui s'est produit à distance ;
  • La clairaudience : réception d'informations, de voix, de signaux ;
  • La précognition : connaissance d'information portant sur un événement qui ne s'est pas encore produit ;
  • La télépathie : échange psychique d'information à distance entre deux personnes ;

En dehors des personnes ayant naturellement des prédispositions, Wikipedia précise que les cas rapportés sont souvent liés à un coma à la suite d'un accident, une anesthésie lors d'une opération chirurgicale voire une expérience de mort imminente ou d'extase.

Avant d'aller plus loin, nous allons revenir sur la télépathie qui est phénomène très médiatique et pourtant totalement invalidé. Ce sont les USA et l'URSS qui ont déployé le plus de budget et d'énergie pendant la guerre froide pour essayer de valider la "télépathie". On imagine bien l'intérêt stratégique pour un pays d'avoir un espion télépathe, surtout à une époque où la communication intercontinentale sans fils n'était pas de mise. Toutes les expériences menées (certainement des milliers en tout) amènent à la reconsidération complète de la télépathie : soit elle n'existe pas, soit il faut la redéfinir. C'est cette deuxième option qui a prévalu : la télépathie n'est pas "savoir ce que pense l'autre», mais avoir connaissance de ce sur quoi il se focalise. Ainsi, l'émetteur ne pense pas "Il fait 40° à l'ombre", mais évoque, ressent une forte chaleur. C'est donc totalement différent de l'idée simpliste que l'on se fait habituellement où l'on imagine la télépathie comme une communication sans smartphone ! Le télépathe ne rentre pas dans votre tête, il connecte la même chose que vous, c'est très différent. Ainsi, dans la vie de tous les jours, "je sais que tu penses à ta nouvelle voiture" n'est pas je suis dans ta tête et j'entends ton raisonnement à propos de ta nouvelle voiture. La "vraie télépathie" suggérerait qu'il y a échange d'informations, dialogue entre les deux personnes (comme au téléphone). La "vraie télépathie" n'existe donc pas, mais on a gardé ce mot pour désigner le fait que l'on devine, que l'on sent la thématique abordée ici et maintenant par une autre personne ce qui est déjà un bel exploit, une vraie perception extra-sensorielle voir un vrai "pouvoir".

Dans la liste ci-dessus "Wikipedia 2017", on ne voit pas le remote viewing qui est pourtant l'application la plus diffusée au monde que ce soit au niveau militaire (que fait l'ennemi), culturel (où est enterré le temple) ou scientifique (comment ça marche). De même la clairkinesthésie n'est pas évoquée alors que c'est certainement la plus courante parmi les lecteurs de la newsletter ;o) Enfin, signalons que la précognition est consensuellement actuellement élargie à toute connaissance d'information (y compris dans l'ici et maintenant). On parle alors de claircognition.

Nous sommes donc à la frontière de la Parapsychologie, de la Métaphysique et... de la physique Quantique. Effectivement, en approche quantique, on met en évidence l'importance de la résonance et de la non-localité de l'information ce qui offre de nouveaux modèles explicatifs pour tous les phénomènes ESP. L'INREES via sa revue "L'inexploré" est, de ce point de vue, une très bonne source d'information.

Après avoir recontextualisé tous ces phénomènes ESP, voyons comment ils peuvent prendre de l'ampleur dans la vie de tous les jours pour les personnes qui veulent développer leurs potentiels.

Suivant sa nature Yang ou Yin, on aura tendance ou pas à rechercher le développement de ses facultés à l'adolescence. Pour les personnes Yang le risque est bien sûr que les pouvoirs deviennent une quête de pouvoir sous le dictât de l'Ego.

Pour les personnes Yin, le risque est de se faire déborder par ses perceptions ESP et d'avoir peur de sombrer dans la folie. Aussi, la plupart des HSP Yin vont-ils mettre en place une stratégie de survie afin de réduire l'impact de ses perceptions non reconnues par la société et même stigmatisées (on ne brûle plus les sorcières, mais on les enferme). Aussi, souvent, arrivé à l'âge adulte on a mis en place une protection, un atténuateur voir un bloqueur ou un refoulement. Lors du chemin de développement personnel, ces garde-fous vont pouvoir peu à peu être assouplis et la personne aura l’impression que ces pouvoirs ESP augmentent. En Ethérapie par exemple, il est courant qu'après la mise en place du Tao intérieur et de sa reconnexion à l'enfant intérieur, le niveau d'hypersensorialité apparent augmente. C'est en apparence, car en réalité, la personne a toujours été avec ce niveau d'hypersensorialité, elle est née avec, mais elle avait mis en place des atténuateurs afin de pouvoir vivre et s'intégrer dans la société moderne.

Pour les Yang, c'est souvent la pratique d'Art martial qui va permettre de mettre en place ces atténuateurs, ou alors une mise sous contrôle mentale via une école de pensée très dure.

Dans tous les cas quand notre Yang originel est remis en place, nous avons un cadre plus sécure pour activer nos ESP. Quand notre Yin originel est remis en place, le plein potentiel d'ESP peut s'activer si l'enfant intérieur n'est plus en référence externe. Bien sûr il existe d'autres processus chamaniques qui aboutissent aux mêmes résultats, mais aucune méthodologie exclusivement Yang ou Yin ne peut y parvenir. Arpenter le chemin est nécessaire.

3- Coaching Transpersonnel

Actuellement, outre manche et océan atlantique, de nombreux coachs en PNL (Programmation Neuro-Linguistique) se tournent vers une approche transpersonnelle. Comme en France, ce sont plutôt les thérapeutes qui adhèrent au mouvement transpersonnel, il nous a semblé intéressant de transcrire un discourt officiel "coaching-transpersonal". Nous nous sommes appuyés sur celui de J. Dangeli responsable de ce cursus universitaire à l'école Alef de Liverpool, une des plus réputées dans ce secteur.

Cet article, complètement inspiré de ceux de Dangeli, reprend une argumentation classique ayant fait ses preuves en mettant en avant les points clefs historiques et l'importance de la subjectivité dans ce type d'expérientiels. Au minimum c'est une "bonne révision générale" et sinon, c'est l'occasion de découvrir ;o)

Nombre de chercheurs sur la conscience interrogés par le National Geographic en 2009 ont fourni des preuves convaincantes sur ce que les traditions de sagesse ont affirmé au cours des âges : certains états transpersonnels, les EMC (états modifiés de conscience) peuvent avoir un puissant impact sur la guérison ou la transformation psychique (Fadiman, Grob, Griffiths, Nichols, C., Nichols, D., et al.). Stanislav Grof a inventé le terme holotropique (qui signifie "orientée vers la plénitude") pour décrire la catégorie des états de conscience transpersonnels (EMC) où les individus peuvent acquérir des prises de conscience personnelles significatives, ainsi que l'expérience de leur guérison ou de leur transformation psychique (Grof, 1992). En tant que psychiatre ayant étudié les états holotropiques depuis plus d'un demi-siècle, les conclusions de Grof (2000) soutiennent les recherches les plus récentes (Fadiman et al., 2009), à savoir que les êtres humains peuvent éprouver un profond sentiment d'interconnectivité entre eux, mais aussi avec d'autres êtres vivants, y compris les dimensions de la réalité qui ne sont pas normalement dans la conscience de l'individu comme celle de l'inconscient collectif. Des recherches approfondies de Grof (Ibid) donnent à penser que l'expérience de ces types d'états transpersonnels (ou EMC ou holotropique) dans des contextes appropriés peut guérir et transformer de nombreuses problématiques psychologiques et psychosomatiques.

En ce qui concerne la validité témoignée de ces états transpersonnels, Walsh et Vaughn (1980) suggèrent que chaque état de conscience relève de sa propre imagerie de la réalité. Pour chacun des expérimentateurs, sa perception de la réalité est donc le reflet de son état de conscience. Ce que l'on identifie pendant l'expérience dépend en grande partie de notre état de conscience et de notre capacité à l'auto-observation. Cela fait écho à l'idée globale de la théorie quantique ou systémique où la réalité du système est aussi crée par l'observateur, ou comme l'avait déjà déclaré Anaïs Nin en 1961 :

  • "Nous ne voyons pas les choses comme elles sont, nous voyons les choses que nous sommes. "

Cela va aussi dans le sens de l'un des présupposés de base de l'approche humaniste très présente en PNL, à savoir que chaque individu est le co-créateur de sa carte personnelle de réalité, de sa carte du territoire (Bandler et Grinder, 1976).

Dans le cadre du coaching transpersonnel, l'un des principaux rôles du coach va être de reconnaître la pertinence et l'utilité de la perception actuelle du client, puis de mettre en œuvre un moyen approprié afin d'aider le client à mettre à jour sa carte de la réalité, sa carte du territoire afin qu'elle soit plus pertinente et utile pour lui.

La réalité personnelle de chaque individu (la façon dont on fait l'expérience et dont on interagit avec les événements de sa vie) démontre qu'il semble n'y avoir aucune limite solide ou cohérente séparant son expérience subjective et objective. Si l'on peut transcender l'hypothèse métaphysique que le sujet et l'objet de l'expérience sont séparés, alors que pourrait être l'expérience ? Et bien c'est justement possible via les EMC qui permettent de s'affranchir de la dualité en général et donc de la dualité sujet-objet aussi.

Les nombreuses descriptions de C.G. Jung sur les interférences de l'inconscient collectif sur l'esprit ou le Soi laissent à penser que pendant un EMC (état transpersonnel ou holotropique) tout peut aussi être "vu" comme un tout interdépendant se manifestant à différents niveaux.

Cela va dans le sens de la thèse selon laquelle la séparation du sujet et de l'objet est une sorte d'illusion d'optique de la conscience (Einstein, 1977) résultant du fait que l'on regarde la réalité à travers la lentille du cartésianisme. Einstein a ainsi compris la valeur d'établir de nouveaux niveaux de conscience afin que le monde puisse surmonter ses problèmes.

Même si l'on argumentait qu'inévitablement tout processus d'expérimentation crée au moins une perception dans laquelle on continue à percevoir les autres et le monde comme séparé de nous, un état duel, il serait logique de penser qu'une telle perception soit en constante évolution en fonction de l'expérience elle-même et de nous-mêmes. Cela signifie qu'une perception objective ne serait objective que dans son propre champ d'expérimentation, et dans la mesure où l'on est impliqué dans le contexte de la perception, nous serions de fait co-créateur de l'expérience. Le point clef est que l'interaction intime entre objet et sujet peut être si intriquée que l'ignorer contrecarrerait le sens même de notre existence ou du moins de notre expérience. Aussi on comprend mieux pourquoi tout débriefing d'un vécu en état modifié de conscience ne peut se faire que dans la subjectivité.

Les EMC peuvent être expérimentés dans différents contextes, par exemple, - être dans le flow en sport, avoir l'inspiration créatrice en art, lors d'une expérience extrême, pendant une méditation, en hypnose, lors de rapports sexuels, après une souffrance intense ou suite à une expérience de mort imminente, mais ils peuvent aussi être induits par des substances psychédéliques, des rituels, des hyperventilations et bien d'autres choses encore.

Lors de ces EMC la manière dont on se perçoit, ou dont on perçoit la situation ou la vie dans son ensemble change beaucoup. De tels changements dans la perception peuvent apporter avec eux un sentiment d'appartenance à des niveaux plus subtils de la réalité (niveau transpersonnel). Ces niveaux se trouvent au-delà de nos voies ordinaires de perception et peuvent être significatifs et très utiles à la personne qui les éprouve pour se construire, se reconstruire. Les expériences en états holotropiques sont généralement mémorisées. Ensuite elles sont soit ignorées soit intégré dans la vie quotidienne, ce qui signifie que leur effet peut varier de très peu à des changements importants et permanents dans la vie.

Les gens qui se sentent coincés dans des situations stressantes sont souvent incapables de trouver une solution satisfaisante jusqu'à ce qu'ils utilisent un moyen de déplacer, de switcher leur mode de perception, ou métaphoriquement, ouvrir une porte de la conscience pour que des insights jaillissent et révèlent une solution satisfaisante. La technique d' "ouverture de conscience" induite par un état holotropique a été étudiée par Rick Hanson (2011). Rick Hanson est neuropsychologue et professeur de méditation, fondateur de l’Institut Wellspring des neurosciences et des sagesses contemplatives. Il a travaillé avec John Overdurf (2013) Maître formateur en PNL et en hypnose, codéveloppeur de la psychologie humaniste neurolinguistique, il est aussi le coauteur du livre à succès "Training Trances". Leurs travaux communs ont permis de mettre en évidence que dans certains EMC, les frontières entre objet et sujet semblent se dissoudre et un sentiment d'unité et d’interconnectivité s'imposent. En coaching transpersonnel cet état va aider le client à transcender les perceptions qui l'empêchent de vivre et à intégrer de nouveaux repères plus écologiques et structurants pour lui. Un point important mis en évidence par Hanson et Overdurf, l'EMC même spectaculaire peut ne pas amener une transformation permanente à moins que les prises de conscience ou les solutions évoquées lors de l'EMC soient intégrées dans la conscience de l'individu ensuite. C'est-à-dire qu'un suivi d'intégration coaching ou thérapeutique est le plus souvent nécessaire si l'on ne veut pas que "tout soit perdu" dans les semaines qui suivent.

Comme le déclare Stephen Wright (2013) "Nous ne pouvons pas ne pas participer à quelque chose !". Aussi comme nous participons toujours aux événements de la vie, celle-ci dépend en grande partie de ce que nous avons incarné (intégré dans notre inconscient personnel). Ceci est nettement perceptible en observant les réactions réflexes dans des situations menaçantes ou stressantes où nos comportements sont clairement déterminés par la programmation de l'esprit inconscient. Par conséquent, afin d'apporter un changement durable dans le comportement et/ou l'attitude d'esprit et/ou notre réactivité émotionnelle, ces changements doivent prendre effet dans l'esprit inconscient. Aussi, le travail d'un coach transpersonnel sera-t-il d'aider ses clients à identifier et à transformer leurs schémas inconscients, ceux qui contrôlent leurs pensées, leurs sentiments et leurs comportements. En ce qui concerne la pratique qui amène l'EMC, Wright (Ibid) suggère que, pour que la pratique débouche sur une vraie solution durable, elle doit d'une certaine façon élargir notre conscience et transformer notre façon d'être dans le monde, nous rendant plus entier, plus un avec nous-mêmes, plus aimant avec nous-mêmes et plus disposé à être au service de quelque chose de plus grand que nous. D'après Wright, cette transformation de guérison existentielle de Soi avec soi, devrait nous conduire à une participation plus active à la transformation des autres par un accompagnement non directif.

Au fur et à mesure, en incarnant systématiquement les prises de conscience, les insights permises par les EMC, un nouvel état d'esprit va se développer et la nécessité d'un travail en coaching ou en thérapie pour le débriefing finit par devenir obsolète. De même que toute pratique régulière en conscience devient naturelle, les EMC deviennent un outil pour mieux être dans le monde. L'individu change alors simplement parce qu'il incarne les prises de conscience dans sa corporalité. Le maître spirituel Sri Aurobindo décrit ceci comme l'éveil conscient des cellules elles-mêmes, comme une conscience cellulaire (Satprem, 1982). Cette prise de conscience incarnée va plus loin que le mindfullness pour devenir du bodyfulness, un état où l'organisme psychosomatique devient tranquillement alerte sans l'intentionnalité de l'esprit conscient. Selon Ferrer (2008), le bodyfulness redonne à l'homme une capacité somatique perdue qui est présente chez tous les grands félins de la jungle, qui peuvent être extraordinairement conscient (Aware) de tout leur environnement sans volonté de l'être. L'incarnation cellulaire de la prise de conscience en approche holotropique est un point clef. Il existe de nombreux exemple de personnes ayant appris et compris ce que signifie "être pleinement humain" : le Dalaï-Lama, Mère Teresa, Nelson Mandela, ... et toutes ses personnes expriment bien comment cet état transpersonnel, au-delà de la personne, sont sources de guérison et de transformation.

Les EMC peuvent offrir la possibilité de transcender nos modes standard de perception par la dissolution momentanée de la frontière entre soi et le divin, pour toucher ce "être pleinement humain". L'expérience de se sentir reliés à l'ensemble, au grand Tout auquel notre monde semble faire partie, a ce potentiel de transformation de l'être, en particulier lorsque cette expérience est participative, mise au service et incarnée dans la vie de tous les jours. Selon les propres mots de Grof :

  • La transformation intérieure ne peut être obtenue que par la détermination individuelle, un effort ciblé et une forte responsabilisation. Tout projet de changer la situation dans le monde n'est qu'un leurre, un faux problème, à moins qu'il ne comprenne un effort systématique pour changer la condition humaine qui a créé la crise. Dans la mesure où le changement évolutif dans la conscience est une condition essentielle pour l'avenir du monde, le résultat de ce processus dépend de l'initiative de chacun d'entre nous. (Grof, 1985 p. 432)

En conclusion, l'approche transpersonnelle en coaching peut être un vrai plus si elle inclut la mise en place d'EMC même légère comme en hypnose, en rêve éveillé, en hyperventilation ou en danse-transe. Tout l'art du coach sera de bien établir un pont entre ces EMC et la vie quotidienne du client afin de les mettre à profit pour un changement durable dans le contexte réel.

Cette méthode de coaching peut également être utile en matière de détection et de traitement des crises psychospirituelles qui peuvent survenir à tout moment dans notre développement. En général, ce type de coaching spécialisé peut être utile dans le but de transformer une crise existentielle en un éveil spirituel, ce qui nous permet de faire face aux défis de la vie plus ingénieusement, tout simplement.

Nous espérons que cette retranscription d'un discours officiel certes un très universitaire, vous a permis d'appréhender comment nos collègues anglophones perçoivent les transformations qui se produisent en coaching transpersonnel en utilisant des processus EMC qui servent à transcender les constructions et croyances limitantes du client.

4- Raja Yoga

Le Raja Yoga est principalement connu à travers les sutras de Patanjali comme un système philosophique et spirituel basé sur la méditation. L'objectif de ces pages est d'introduire le Raja Yoga comme un outil de développement personnel intégratif et transpersonnel (D'autres articles suivront régulièrement).

Prologue - Historique

Dans la Bagavad Gîta, le récit sacré pour un milliard d'hindous, Dieu s'adressant au héros, lui parle en ces termes :

"Quand règnent l'irréligion et les vices,

je m'incarne et enseigne aux hommes le Raja Yoga".

De ce fait, le Raja Yoga (littéralement Yoga Royal) a de tout temps été considéré comme une forme extrêmement élevée de yoga. Si l'on se remet dans le contexte historique, pratiquer le Yoga plusieurs heures par jour et pouvoir payer les cours du Maître, nécessitait une certaine richesse. Les yogis de très haut niveau issu du peuple étaient donc rares et avaient tous un potentiel suffisamment élevé pour que le Maître les enseigne, voire les embauches. Toujours dans ce contexte historique, on conçoit que la survie soit l'objectif prioritaire pour la plupart, le "développement personnel" restant un luxe que peu pouvait envisager. Évidemment plus de deux mille ans plus tard, les conditions ont changé, surtout dans les pays fortement industrialisés comme la France. Le développement personnel fait même officiellement partie de la stratégie de performance de certaines entreprises. Il est donc logique que le Raja Yoga puisse être diffusé et utilisé par tous ceux qui peuvent y consacrer du temps (1h par jour) et qui ont l'envie d'évoluer sur le chemin de l'humanisme, de la conscience. Si le visuel médiatique "yoga" est souvent une posture de Hatha Yoga, les personnes un peu familières avec l'Inde savent qu'il existe une grande variété d'autres yogas populaires. Le Yoga ne saurait être réduit au seul plan corporel (exercices physiques). Le but de tous les yogas qui s'inscrivent dans la longue tradition de recherche spirituelle Indienne, est avant tout, de transcender la conscience normale au profit d'une conscience différente qui puisse comprendre la véritable nature du "Soi". Au cours des deux mille dernières années, de nombreux courants de yoga issus du Raja Yoga se sont formés. Ils s'appuient tous sur cet objectif spirituel, mais ont privilégié une porte d'entrée particulière, une voie.

Raja-Yoga, un yoga intégratif

Le fait que le Raja Yoga ne privilégie aucune de ces voies nous fait dire, dans notre vocabulaire humaniste moderne, qu'il est "holistique" ou "intégratif" (il y a cinquante ans, on disait "royal" ou "intégral").

Voyons rapidement ces principaux courants ayant marqué l'histoire du Yoga :

Bakhti Yoga

Bakhti Yoga ou yoga de la dévotion. Cette approche nous renvoie à la signification en sanskrit du mot yoga, yug signifiant lien (ou joug) , l'équivalent de re-ligere (=relier), étymologie du mot religion. Il s'agit de se tourner dans une démarche d'amour et d'humilité vers le mystère qui nous entoure. C'est la voie du cœur, de la foi, le Raja Yoga l'intègre, mais présuppose qu'elle n'est directement accessible que par de rares élus.

Karma Yoga

Karma Yoga ou yoga de l'action, de l'incarnation. Méditer (être en yoga) aux seuls moments que nous assignons dans notre emploi du temps journalier, est-ce la vie. Ne devons-nous pas être capable de maintenir et de manifester cette conscience élevée, alors même que nous sommes investis dans l'action, que nous marchons, parlons, mangeons, jouons, etc. ? Pour le Raja-Yoga, incarner la spiritualité dans la matière est un objectif à long terme très difficile quand on commence.

Sanyas Yoga

Sanyas Yoga ou yoga de la renonciation, du non-attachement. L'adepte de ce yoga se détourne de tous les biens et conforts matériels et recherche la vérité à travers une vie d'ascèse et de dépouillement. Le Raja Yoga précise que les véritables renoncements sont avant tout du domaine du mental, lié à l'Ego (mot moderne qui n'existait pas il y a quelques siècles encore): on peut vivre dans une jungle ou un désert et rester tourmenté par les désirs et les tentations. En Raja Yoga, comme en bouddhisme ou en taoïsme, il s'agit de trouver un juste milieu, sans austérité inutile ni confort excessif.

Buddhi Yoga

Buddhi Yoga ou yoga de l'intelligence active. Ayant la même racine que Bouddha, ce yoga propose d'utiliser efficacement les facultés spirituelles de notre esprit pour la réalisation de soi, pour la mise en conscience. La Bhagavadgita traite en détail du concept de Buddhi Yoga, mais cette approche est bien sûr intégrée dans le Raja Yoga, le premier devoir du Raj Yogi étant de penser par lui-même et de ne pas se laisser penser par les autres. L'intelligence dont il est question ici est ancrée dans la vie, active (non figée par des écrits), intégrant aussi le bon sens! Atteindre l'état d'équanimité, la non-dualité, est l'objectif, ensuite l'action désintéressée comme le libre arbitre deviennent possibles.

Gyana ou Jnana Yoga

Gyana Yoga ou yoga de la connaissance. Il est souvent compris comme celui de l'étude des textes sacrés, mais c'est avant tout un yoga intellectuel discursif et modélisant. Le gyana yogi ou jnânin cherche, en interne, la réponse à la question: "Qui suis-je?" et en externe la compréhension de "Ceci est". Comme en Raja Yoga, on cherche à sortir de l'illusion (maya) et de l'ignorance (avidya) grâce à la discrimination (viveka), mais ici sans l'aide de l'inspiration divine ou de la connexion à quelque chose de plus grand que soi.

C'est donc une voie extrêmement élitiste où le plus grand piège, en occident, est celui de tomber dans l'Ego.

Hatha Yoga

Hatha Yoga ou yoga de la maîtrise du corps, des organes et des sens. Le plus connu en occident, il est basé sur la pratique statique ou en mouvement de postures physiques dites asanas. La respiration a également un très grand rôle. Le Raja Yoga intègre bien sûr la nécessité d'exercices corporels en conservant le but et l'objectif de cette discipline qui est " la santé et la conscience du corps".

Actuellement, si vous allez sur un site de Yoga, vous y trouverez bien d'autres appellations comme: Ashtanga Yoga, Vinyasa Yoga, Iyengar Yoga, Kundalini Yoga, Yin Yoga, Acro-yoga, Bikram Yoga, Fly Yoga, Yoga Nidra, ... Pour faire simple, il s'agit de variantes du Hatha Yoga.

Dhyana Yoga

Dhyana Yoga ou yoga de la méditation. Si ce yoga ne semble par apparaître sur la représentation en fleur ci-dessus, c'est tout simplement parce qu'il est inclus dans "Raja Yoga". En effet, historiquement, en occident, le Raja Yoga n'a pas eu son heure de gloire. Aussi vers 1950, quand certains ont voulu le relancer, ils ont mis en avant la méditation.

Comme vous le découvrirez au fur et à mesure des prochaines lectures, les sutras de Patanjali donnent peu d'indications techniques sur les six aspects vus ci-dessus (les six pétales). En revanche, il détaille complètement le processus de méditation en faisant la différence entre concentration, contemplation, méditation avec semences et illumination. Aussi, le Raja Yoga est-il devenu dans les médias le cheminement vers l’union par la méditation, ou Dhyana Yoga.

Essence des différents yogas, le Raja Yoga, cette ancestrale technique de réalisation de soi, devient en fait un outil de développement personnel singulièrement bien adapté aux besoins et exigences de l'homme moderne. De plus, le fait que Dhyana et Zen signifient tous deux contemplation, méditation, résonne très fort par rapport au courant actuel "MindFulness" (méditation athée de pleine conscience), et renforce cette ré-émergence du Raja Yoga.

L'ensemble des articles qui suivront dans chaque newsletter aura pour but de proposer une version ré-actualisée et re-contextualisée des célèbres aphorismes du Raja Yoga, les Sutras de Patanjali.

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NB : Nous avons fait le choix de ne pas mettre d'accent sur les translittérations indiennes.

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