N°1 Hiver 2015-2016

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1- Biotesting avec le Dalaï-Lama

Francisco Varela (1946-2001) fut un éminent philosophe et neurobiologiste chilien. Docteur diplômé de Harvard, directeur de recherche au CNRS en neurosciences cognitives, responsable de l'imagerie cérébrale à la Salpêtrière, auteur reconnu en intelligence artificielle... les titres ne manquent pas ! C'est dans le cadre de sa fondation "Mind and Life Institute" qu'il va parrainer une série de dialogues entre des scientifiques et le Dalaï-lama et notamment publier : "Dormir, rêver, mourir: explorer la conscience avec le Dalaï-lama". Le livre étant épuisé je vous propose dans un premier temps un court extrait (p208-209) et ensuite un petit debriefing.

Dormir, rêver, mourir : page 208...

[...] Le Dr Engel poursuit : « Je serais curieux de savoir comment la culture tibétaine considère les épileptiques. [...] Je crois que votre médecin est là aujourd'hui, et je me demande s'il peut nous dire s'il y a beaucoup de Tibétains épileptiques, si vous avez un traitement de cette maladie, et si vous pensez que c'est un processus naturel de maladie ou bien qu'elle a une quelconque signification spirituelle. »

[...] Le dalaï-lama se tourna vers le Dr Tenzin Choedrak, son médecin personnel et l'une des personnalités les plus respectées de la tradition médicale tibétaine. [...] Il répondit très tranquillement par l'intermédiaire des interprètes :

« Bien que dans la littérature médicale tibétaine l'épilepsie et son traitement ne soient pas largement commentés, on y trouve quelques références, notamment des descriptions de symptômes d'une attaque et des explications des dysfonctionnements physiques qui la provoquent. Il y est question de trois types majeurs d'attaques, liés aux différentes sortes de métabolisme détectées par l'examen des pouls. Un type d'attaque est lié à un "désordre de chaleur", impliquant un pouls très fort; dans ce cas, aucun traitement n'existe, c'est incurable. Autre type d’accès, celui lié un "désordre de froid", indiqué par un pouls plus subtil et qui peut être soigné. [...] Le troisième type d'épilepsie peut être déterminé à la lecture du pouls : quand on presse normalement, gentiment, on peut sentir le pouls, mais en appuyant un peu plus fort, on ne le sent plus. C'est ce que l'on appelle un "pouls vide" ; car il est vide comme une balle : vous pressez un peu, et d'un coup, il n'est plus là. (Il s’arrêta un instant, avant d'ajouter :) Il est très difficile de comprendre ceci de façon cohérente sans comprendre tout l'ensemble du système médical tibétain. » .

Le dalaï-lama jette un pont : « D’après mon expérience, les médecins tibétains peuvent poser des diagnostics très précis sans instruments compliqués. En ce qui me concerne, une fois j'ai été à l’hôpital, à Calcutta ou à Delhi, où ils utilisaient des équipements lourds, mais ils ont loupé leur diagnostic. Sans aucun instrument, nos médecins touchent les poignets, écoutent les divers pouls, examinent la personne et savent avec précision ce qui ne va pas. C'est un système tout à fait remarquable. »

« Voilà ce que l'on peut dire en général de la médecine tibétaine : la physiologie humaine est décrite en termes de trois humeurs le vent, la bile et le phlegme. D’où viennent leurs troubles ou déséquilibres ? Ils viennent respectivement des trois "poisons", ou des affections mentales primaires, à savoir l'attachement, la colère et l'ignorance. Ces trois facteurs mentaux donnent naissance aux perturbations des trois humeurs.

[...] Le système médical bouddhiste tibétain affirme aussi que des agents extérieurs peuvent entraîner certains déséquilibres physiques. Ces agents comprennent des êtres non humains comme les devas (êtres célestes), nagas (êtres aquatiques) et d'autres créatures. Il s'agit d'entités habitant cette planète, et elles peuvent nuire à des gens, comme dans les relations occidentales des cas de possession. Mais si elles peuvent être nuisibles, elles ne sont pas une cause majeure de maladies. Elles catalysent plutôt des déséquilibres humoraux.

[...] Une fois le diagnostic complété , vient la médication. Si au bout d'un certain temps, elle se révèle inefficace à elle seule, des méthodes complémentaires s'y adjoindront, y compris des cérémonies religieuses. Ce ne sera pas un rituel général, mais une cérémonie spécifiquement associée à la maladie en question. [...] Parfois, le patient peut ne connaître aucune amélioration au terme d'une longue période de simple médication, mais aussitôt que l'un de ces rituels est accompli, le remède devient immédiatement efficace. » [...]

ISBN 2-84111-099-0 sous la direction de F. Varela


Tout de suite se dégage que le biotest tibétain est principalement le pouls chinois comme en MTC. Ensuite, on perçoit que la recherche de la causalité de la maladie fait partie de la démarche et que cette causalité est avant tout dans le mental. De même les agents extérieurs (comme les entités, les autres en général) sont certes des facteurs aggravant mais jamais causal ! Enfin, la notion de correction intègre - si besoin - un aspect spirituel qui peut, par la suite, redonner sa pleine efficacité aux remèdes physiques !

Bonne relecture pour plus d'inspirations et plus d'idées.

2- Locus de contrôle

Le "locus de contrôle" c'est tout simplement le nom du modèle psychologique proposé par Julian Rotter pour différencier l'externalisation de l'internalisation.

Ce concept de 1954, issu des théories de l'apprentissage social, a évolué dans un premier temps en psychologie :

  • "L'internalisation correspond à un processus complexe par lequel l'individu fait siennes des données extérieures à lui et les intègre à son système de valeurs et à son comportement."

Puis, dans un deuxième temps, pour devenir une des bases du développement personnel.

L'externalisation "C'est la faute de mon voisin, mon conjoint, l'état, la société, les étrangers, les Autres..." devient "nous sommes cocréateur de ce qui nous arrive, et donc coresponsable" pour finir en internalisation "comme je ne peux changer l'Autre, j'agis sur ce qui est en mon pouvoir, à savoir : moi".

Dans la démarche thérapeutique aussi il y a différents degrés d'internalisation. Par exemple :

  1. le patron m'a mis mes énergies en vrac (externalisation), l'acupuncteur va les réharmoniser (externalisation).
  2. mes méridiens sont en vrac (internalisation), l'acupuncteur va les réharmoniser (externalisation).
  3. mes méridiens sont en vrac (internalisation), je fais du Qi-gong afin de les réharmoniser (internalisation).
  4. mes méridiens sont en vrac (internalisation), je fais du Qi-gong afin de les réharmoniser (internalisation) et je cherche la causalité liée à ma façon de voir la Vie (internalisation).

3- Gérer la crise et faire ce qui nous plaît

Si la fameuse phrase de Confucius :

  • "Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie."

a aidé de nombreuses personnes à changer de travail dans les trente glorieuses (1945-1975), si elle a pu rester compatible avec les trente ans du mouvement New Age (1960-1990), elle est devenue une véritable "peau de banane" depuis la pleine crise économique actuelle (depuis 2008).

En effet, en temps de crise comme en temps de guerre (et cette crise peut être modélisée comme une guerre économique) l'unique priorité devient la survie. Et dans un système économique, la survie passe logiquement par "gagner de l'argent". Le travail quand il existe (le "vrai" taux de chômage basé sur le taux d'emploi est le double de celui annoncé !) est une façon de gagner de l'argent, c'est même la méthode la plus classique en Europe.

Alors bien , choisir un travail que nous aimons reste la meilleure solution... quand c'est possible. Mais quand le marché du travail ne le permet pas, quand la précarité de certaines rémunérations est incompatible avec la sécurité nécessaire à notre famille, au bout d'un certain temps, il convient de changer nos croyances ou du moins nos stratégies.

Mais alors si trouver un travail qu'on aime, un travail qui s'appuie sur notre don, un travail qui nous permet de grandir n'est pas possible, que faire ? Et bien tout simplement, faire le travail qui est possible et disponible, tout simplement. Mais Confucius me direz-vous ?! Et bien, cesser de suivre ses préceptes d'autant, que contrairement à ceux de Lao Tseu, ils sont socialement et politiquement contextualisés (et donc recontexualisables).

Préférez Antoine de Saint-Exupéry :

Si tu n'as pas ce que tu aimes, il faut aimer ce que tu as...

ou encore le Comte de Bussy :

Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que l'on a.

On peut même relier les deux approches par la citation de Daniel Desbiens :

Fais ce que tu aimes ou aime ce que tu fais ;

sinon gare à la maladie."

Évidement le "ou" est la clé, et la mise en garde est parlante. Et c'est maintenant couramment admis, le stress lié à un travail "qu'on n'aime pas" va bien entendu entraîner des somatisations. Comme le dit à sa façon Albert Schweitzer :

Le succès n’est pas la clé du bonheur.

Le bonheur n’est pas la clé du succès.

Si tu aimes ce que tu fais, tu réussiras

Aimez ce que l'on fait 40h/semaine est un exercice spirituel pas facile. Il s'agit là d'une sagesse incarnée.

Comme le dit le dicton populaire :

Le secret du bonheur est de faire ce que tu aimes.

Le secret de la réussite est d’aimer ce que tu fais.

On peut donc réussir dans le travail (en plus de gagner des sous) !

Mais bien sûr, il n'est pas question ici d'abandonner la partie bonheur. Sur une semaine il y a donc 40 de "boulot" soit (7jx24h=140h) 100h/sem de "non-boulot" pour créer et vivre cette partie "bonheur" :o)

Plus les congés soient 5 à 7 semaines suivant les secteurs. Alors que faire pendant ces 100h pour accéder au bonheur, vivre sa vie, se réaliser, grandir, ... ? Et bien nous prendrons comme premier conseil celui de Saint Augustin :

Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède

Voilà un conseil simple, arrêter de vouloir ce que l'on n'a pas, travailler le contentement, la satisfaction de ce que l'on a déjà, en toute inconscience souvent.

Comme nous le dit Swami Prajnanpad :

Le bonheur est le résultat de l’action juste.

100h/sem d'actions justes ! Tout un programme. Alors, commençons simplement, sur ces 100h vous en passez la moitié à dormir. La qualité de votre sommeil doit donc être votre première étape : bonne literie et bonne orientation du lit, bonnes pratiques avant de vous coucher, bonne alimentation le soir pour que la nuit soit réparatrice, bref une bonne hygiène de vie. Et si la nuit vous vous réveillez, méditer, faite de la respiration cohérente, de la relaxation.

Ensuite, faire ce que l'on aime, vous aimez chanter, et bien chanter ! Pourquoi vouloir attendre d'avoir le temps de vous inscrire à un cours de chant. Vous aimez danser et bien dansez même chez vous et même sans musique, et à l'occasion trouver un lieu de "bal" c'est-à-dire un lieu où il ne faut pas "savoir danser pour danser". Pour jouer de la musique, c'est pareil laisser tomber les cours de solfège, et taper sur un tambour, soufflez dans un didgeridoo, si vous avez un instrument AMUSEZ-VOUS et laisser de côté toutes les contraintes que vous vous imposez. Profitez de vos 50h ! Si vous n'avez pas d'activité no-stress et plaisir, il est grand temps de vous mettre en chemin pour trouver ce qui, dans l'instant présent, vous apporte du bonheur.

Bien sûr, si vous avez une vie de famille, les 50h seront jalonnées des contraintes naturelles que vous assumez du fait de ce choix, votre choix. Comme le dit Svâmi Prajnânpad :

Vous êtes responsable de votre bonheur.

Vous seul et personne d’autre.

Évidement plus les contraintes temporelles sont fortes, plus votre challenge sera de rester en état "no-stress" afin de pouvoir goutter chaque instant. La magie de l'instant présent, la goutte d'eau qui ruisselle sur votre visage (et non zut il pleut), le vent dans vos cheveux (et non flûte je vais être en retard), chaque bouchée de votre repas en pleine conscience (et non en gloutonnant), etc.

L'instant présent est donc le maître mot des personnes ayant un planning très chargé.

En 2015, retrouver un travail bien payé et qui nous plaise n'est pas une mince affaire. Cela peut même, suivant la conjoncture de votre région et de votre profil, être totalement impossible. Si la contrainte économique est bien réelle pour vous, gagner de l'argent est nécessaire. Il vous reste donc à trouver le meilleur rapport qualité-prix pour vos 40h, et surtout pensez qu'il existe une vie après le travail et qu'il vous appartient de l'aménager au mieux.

La sagesse ordinaire que nous propose ce début du troisième millénaire est très loin de l’idéologie New Age, mais bien plus réaliste. L'adaptation est le point fort de l'homme à travers les âges, continuons à le cultiver.

4- Back to basics : le cadre

Introduction

Dans toute approche, qu'il s'agisse d'un contexte de relation d'aide à objectif thérapeutique, ou d'un suivi d'accompagnement voir de soutien, nous avons toujours d'un côté la méthode : verbale, psycho-corporelle, cognitive, etc., et de l'autre le type de relation que nous allons établir avec notre patient ainsi que le cadre dans lequel vont se dérouler nos séances. Le type de relations va être défini par un cadre d'ordre implicite. Il s'agira des principes de base que nous nous sommes choisis d'appliquer intérieurement. Le cadre extérieur, c’est-à-dire ce qui va constituer les conditions pratiques du déroulement de la séance, va être lui, explicite. C’est-à-dire qu'il faudra qu'il soit exposé clairement au patient ou à la personne que nous accompagnons. Bien réfléchir et définir ces deux notions de cadre est une clé pour créer un contexte de sécurité pour chacune des deux parties autant pour le praticien que pour la personne accompagnée.

Pour bien se mettre dans le contexte partons de la première définition que nous en donne le dictionnaire:

Cadre : "Bordure qui entoure un tableau ou encore ce qui délimite les possibilités d'action."

Cette définition basique est très intéressante, car elle exprime bien les deux notions sur lesquelles tout thérapeute est amené à réfléchir. D'un côté l'ensemble des conditions pratique (exemple : le lieu, les horaires, le tarif, etc.) la bordure du tableau et, de l'autre, l'ensemble des règles éthiques et déontologiques que se fixe le praticien en interne dans la relation qu'il a avec lui-même et vis-à-vis ce qu'il désire mettre en place dans sa relation au patient. Nous sommes bien dans une définition des possibilités d'action que nous choisissons de nous donner. Il s'agira par exemple d'être très clair avec notre conception du soin.

A- Un exemple de cadre : le cadre analytique

Le cadre le plus classique et le plus "connu " est celui proposé par l'approche analytique. Il nous propose un modèle qui peut déjà servir de base à notre réflexion.

Le cadre analytique classique est défini par des critères précis :

1. fréquence, durée, localisation de l’intervention ;

2. position des personnes (setting) ;

3. rapport contractuel (paiement des séances) ;

4. modalité d’intervention (sutout verbale libre) ;

5. confidentialité, secret ;

6. la règle d’abstinence (refus de répondre à la place, de se mettre à la place où le patient souhaite mettre l’analyste dans le transfert) ;

7. la règle de neutralité (aucun jugement, aucun conseil, aucune directive).

Nous notons qu'il s'agit bien de conditions abordant à la fois le côté très concret et pratique de la relation, mais également l'aspect d'ordre psychologique. Il s'agit de fixer des règles qui vont être des repères comme de définir un espace et une conception du soin.

B- Pourquoi poser un cadre?

Dans la vie courante, si un ami vient nous parler d'un de ses soucis, spontanément nous allons lui proposer de nous mettre à l'écart, de trouver un coin calme et plus tranquille pour pouvoir en discuter. Naturellement nous éprouvons la nécessité de créer un cadre de confiance et de sécurité. En parallèle, si nous considérons ce qui ce qui est mis en place dans la société dès que la relation est centrée sur une personne (par exemple dans le système judiciaire ou religieux) nous remarquerons qu'il y a bien toujours un cadre parfois même très ritualisé. Dès qu'il s'agit d'une relation d'ordre thérapeutique ou d'accompagnement, le même principe va s'appliquer. Il va falloir être très clair avec ce qui est admis à l'intérieur et ce qui doit rester en dehors. Il va falloir pouvoir garantir la confidentialité avec en plus la nécessité de créer une alliance thérapeutique.

  • Par exemple : préciser la durée de l'engagement thérapeutique, définir les droits et les devoirs de chacun (cf cas du coaching où des exercices voir des démarches peuvent être demandés), les conditions particulières en cas d'arrêt, tout est indispensable à poser et à exprimer pour que l'alliance thérapeutique puisse exister.

Le cadre implicite est celui que se pose le thérapeute en interne. Il s'agit d'avoir bien réfléchi et défini son type d'approche, ses modalités de travail, et ses propres références personnelles. Ce cadre qui précise sa conception du soin peut donc être différent en fonction de chacun. Il sera dynamique et non figé pouvant évoluer selon sa pratique et son expérience. Il évite les dérives, les mises en situation qui ne sont pas du domaine de nos compétences. Il nous situe de façon claire dans la relation thérapeutique, dans notre rôle comme dans ce que nous pouvons apporter, mais également dans les limites que l'on a choisi de se fixer par rapport à ce rôle.

  • Prenons un exemple : Si je fais le choix d'agir dans une optique de thérapie brève, je sais que le nombre de séances avec une personne ne devra pas dépasser plus d'une dizaine de séances. Au-delà on passe dans le domaine d'une thérapie longue avec les phénomènes de transfert et de contre-transfert qui risquent de se produire.

En résumé : à notre question du "pourquoi un cadre" nous comprenons bien que l'objectif est d'installer un climat de confiance sécurisant et structurant pour que nos patients puissent s'exprimer et vivre les expériences nécessaires à leur évolution vers le mieux-être. Et c'est au thérapeute qu'incombe le devoir d'être le garant de ce cadre.

C- Comment poser son cadre?

Sachant que c'est à nous, thérapeutes, de créer un contexte de confiance et que nous en serons le garant, voici un ensemble de questions susceptibles d'être support de notre réflexion:

a) La notion de distance

Elle va exister sur deux plans. Sur le plan concret et donc matériel ou physique et, d'autre part, sur le plan intérieur et donc psychique.

1- Sur le plan matériel

* Quel positionnement géographique privilégier ?

Être en face à face, ou à côté d'un sujet n'aura pas les mêmes implications. Le face à face est le plus souvent vécu comme source d'opposition, d'affrontement ou favorise une mise en situation d'imitation, d'identification. Pour des sujets psychotiques ce face à face peut devenir source de confusion, situation en miroir où le patient ne se reconnaît pas distingué d'autrui. L'accompagnement de tels patients nécessite le plus souvent, d'éviter le contact direct, la trop grande proximité et il est préférable de se situer à côté d'eux.

Questions : Comment concevez de recevoir le patient ? Derrière un bureau, une table basse, à côté de lui, autres ?

* Contact ou non-contact physique

Ceci est un point qui exige beaucoup de clarté. En effet l'interaction corporelle directe entre le thérapeute et son patient peut s’avérer très délicate aussi bien pour des raisons matérielles que pour des raisons psychologiques ou déontologiques.

Dans le cadre de séance individuelle, un geste d'affection ou de réconfort peut vite devenir ambigu et être interprété à connotation sexuelle. L'impact de la religion et des dogmes judéo-chrétiens restent très fortement présents dans nos inconscients. Cependant il existe certaines approches où recevoir un contact du thérapeute peut être profondément réparateur et ouvrir de nombreux possibles. D'où l'importance pour le thérapeute d'avoir un cadre interne suffisant et de respecter le cadre de la thérapie avec en particulier, nous le comprenons bien, les règles essentielles de non-passage à l'acte violent et sexuel.

Que se passe-t-il dans le cas où c'est la personne qui recherche et demande elle-même un contact physique, sensuel ou sexuel ? Cet élan et cette demande peuvent tout à fait correspondre à une étape du processus de transformation de la personne. Celle-ci a tout simplement besoin que le thérapeute réaffirme sans ambiguïté la règle de non-passage à l'acte et son engagement à la respecter.

En parallèle à ce qui est de l'ordre de la sexualité, tout toucher est également potentiellement lié aux soins reçus en tant que bébé puis petit enfant. Un toucher non adapté risque donc de réveiller des problématiques associées. Le client-patient peut aussi être dans une relation de transfert vis-à-vis du thérapeute voire de régression. Le thérapeute se retrouve avec l'autorité et le pouvoir du parent et le patient dans la position de l'enfant. Si à ce moment-là il y a le moindre passage à l'acte, cela relève d'un véritable inceste.

Pour ceux qui ont suivi des formations en massage les écoles exposent l'attitude juste à adopter vis-à-vis des personnes et comment se positionner .

D'un point de vue général la règle sera d'adopter beaucoup de prudence, de tact et de réserve. Le minimum va être de demander l'autorisation si on estime que toucher la personne peut être significatif et constructif .

Dans le cadre d'un groupe, le problème est différent. De nombreux exercices corporels d'échauffement ou d'amplification peuvent être proposés. En effet du fait de la présence de témoins, s'il doit y avoir contact physique avec le patient, celui-ci ne le vivra pas comme intrusif. Le danger de l'intimité qui peut exister en cabinet est absent. En gestalt-thérapie par exemple les multiples possibilités du travail corporel sont souvent utilisées. Avec des propositions d'expériences aux objectifs divers comme : vivre l'abandon, le lâcher-prise ou la confrontation,etc.

Questions : Dans votre conception de l'accompagnement quelle est la place du toucher ? Comment vous situez-vous par rapport à cela ?

2- Sur le plan psychique et interne

* Établir une juste distance psychique

Une relation thérapeutique n'a rien à voir avec une relation personnelle. Si nous ne pouvons pas être neutres à la façon des psychanalystes, être spontanés comme nous pouvons l'être avec nos amis ou nos proches n'est pas non plus la bonne attitude. Le vouvoiement est une règle qui permet de maintenir cette distance et de se rappeler à chaque instant le cadre qui est d'ordre professionnel.

Il est également nécessaire de mettre en retrait sa vie privée et d'avoir un minimum de retenue, de "non-dévoilement" de sa vie personnelle. Le patient n'a pas à être au courant de nos soucis il est là pour qu'on s'occupe de lui et non l'inverse. C'est pourquoi il est très important pour tout thérapeute, s'il est en stress pour une raison quelconque, d'être en capacité d'avoir des outils et de les mettre en place pour gérer son stress. Le patient n'a pas à subir les conséquences de nos problèmes personnels. Savoir gérer son stress est impératif pour tout thérapeute qui choisit de respecter ses patients et a pour objectif de leur offrir le meilleur de lui-même. Ce point soulève donc une question éthique.

Questions

Quelles sont les pratiques, exercices que je mets en place avant de recevoir une personne afin d'être certain de lui assurer un accueil et une présence optimum ? À quel moment je vérifie que je suis bien resté dans mon cadre ? Quels sont les moyens dont je dispose pour le faire ? Est-ce que je choisis de me faire superviser ?

b) Intervention active ou non-intervention

Comment est-ce que je me positionne dans la fonction parentale ? Est-ce que je choisis un accompagnement Yin ou un accompagnement plutôt de nature Yang ?

Une approche de nature Yin va consister à privilégier l'écoute, l'accueil inconditionnel. Elle relève de la dimension maternelle. La mère est celle qui donne et peut tout comprendre.

La fonction paternelle relève du logos, du verbe, de la loi, de l’interdit, des limites nécessaires au principe de réalité tout en soulignant l’importance du désir et de son expression. Une approche thérapeutique Yang va privilégier les faits et exiger par exemple que le patient pose des actes et s'investisse dans son désir de changement. Qu'est-ce que le patient est prêt à mettre dans la balance pour aller mieux ?

Une alliance de ces deux attitudes peut tout à fait être possible si le thérapeute est capable d'être à l'aise avec les deux positions et de ressentir quel est le besoin du patient, qu’est-ce qui est le plus constructif pour lui à tel ou tel autre moment de la thérapie.

Questions

Comment est-ce que je me positionne dans la fonction d'écoute ? Suis-je à l'aise avec le verbal ou est-ce que je préfère un accompagnement où j'aurai très peu à intervenir oralement ?

c) Quelle est l'intention que je pose en tant que thérapeute ?

Nous avons déjà évoqué pourquoi il était important de bien définir sa conception du soin ou de l'accompagnement. Cette conception de notre rôle va présenter plusieurs volets :

  • Suis-je dans la lignée de l'approche humaniste pour laquelle « Tout comportement, à son origine, est orienté vers l'adaptation et contient une intention positive » (par exemple : je suis agressif pour me protéger, je bois pour oublier ma honte, ...) ?
  • Ai-je une vision holistique de l'être humain considérant que le plan physique, émotionnel-énergétique, mental ou spirituel ont chacun une place dans ce qui peut être abordé et exprimé ?
  • Quelles sont mes portes d'entrée, mes cibles ?
    • Suis-je prêt à intervenir plutôt dans le domaine des pensées avec le mental ?
    • Ai-je envie de privilégier plutôt une approche corporelle ?
    • Ou suis-je plus à l'aise dans le domaine des émotions ?
  • Est-ce que travailler en systémique avec toute la famille ou le clan me paraît plus approprié ?
  • Quels sont les moyens dont je dispose pour œuvrer dans un but thérapeutique ? Il peut s'agir d'approches type coaching, donc orientées solutions, d'approches pycho-corporelles, d'approches intégratives comme l'Ethérapie ou énergétiques comme la fasciathérapie ou certains massages.

En résumé :

Comment est-ce que je conçois le problème de mon patient et quelle est ma façon d'intervenir pour l'aider ?

D- La supervision

Il est assez difficile d'avoir du recul sur soi-même et d'être objectif par rapport à son travail.

Dans le cas où nous débutons, le manque d'expérience peut être une source de stress supplémentaire. Face à une difficulté rencontrée avec un patient lors d'une séance, pouvoir en parler avec une personne experte va permettre de comprendre ce qui se passe et de voir comment y faire face. Les patients viennent avec des attentes, des besoins, des stratégies de séduction ou de manipulation projetant sur le thérapeute leurs croyances et leurs vécus antérieurs. Il est nécessaire d'être conscient de ces différents phénomènes et de savoir se positionner tout en gardant la reliance.

La supervision est donc une proposition d'encadrement individualisé permettant d'être à l'aise avec sa pratique, d'approfondir ses compétences, tout en garantissant le meilleur accompagnement à nos patients. Elle permet également d'identifier, si ce qui est en cause est une problématique non résolue du thérapeute. Par exemple un patient nous met mal à l'aise ou nous irrite sans nous sachions pourquoi. Dans ce cas, le superviseur nous permettra d'identifier avec quoi le discours ou le comportement de cette personne résonne en nous. Il conseillera le consultant sur un moyen de travailler cette limite ou cette problématique pour qu'il puisse avoir du recul et retrouve son objectivité lors des séances suivantes.

Comment cela fonctionne-t-il ? Une fois par mois par exemple le thérapeute rencontre son superviseur. Il choisit quels sont les cas qu'il veut évoquer et qui lui posent problème ou sur lesquels il s'interroge.

Pour un thérapeute déjà expérimenté, une séance de supervision de une ou deux fois par an est aussi intéressante. Elle offre la possibilité d'un espace où il va pouvoir vérifier son cadre, réfléchir sur lui-même et faire le bilan sur son travail. Le superviseur constituant à ce moment-là le miroir nécessaire si une prise de conscience doit être faite.

Conclusion

Nous voyons que, poser son cadre est un moment de réflexion important et exigeant. Il ne doit pas être pris à la légère. Il est une nécessité aussi bien pour soi-même que pour ses patients. Plus nous sommes clairs et cohérents dans nos intentions et nos objectifs, plus nous créons un cadre sécurisant où les dérives seront exclues. Ce cadre, qui doit être mis en place dès le début de son activité, peut bien sûr être amené à évoluer. Au fur et à mesure de notre expérience, il pourra être élargi si nous estimons qu'il ne nous correspond plus.

5- Cinq étapes pour devenir Expert

Il peut être intéressant de se remémorer les étapes du chemin, notamment quand on devient plus ou moins expert dans un domaine et que l'on doit transmettre à d'autres sur le début du chemin.

Je vous propose le modèle de H. Dreyfus de 1984 :

  1. Le novice décompose l'activité en tâches indépendantes, son approche est analytique et indépendante du contexte.
  2. Le débutant avancé est capable de construire des prototypes. Il peut pondérer les stéréotypes, anticiper une action.
  3. Le compétent isole l'essentiel pour élaborer une stratégie qui peut être opportuniste et risquée.
  4. L'efficace n'a pas besoin de construire une stratégie. Il "voit" de façon globale et immédiate, mais décide de manière analytique.
  5. L'expert travaille par analogie, de manière associative, sans avoir besoin de calculer ou d'élaborer. Il a du "feeling".

Il ne faut pas brûler les étapes, et ce n'est pas parce qu'on est un expert dans certains domaines que l'on est un expert partout. Si on apprend une nouvelle compétence, il faut commencer comme un débutant par des exercices simples apportant leurs lots de succès avant de passer à des choses plus complexes.

Ce modèle permet aussi de répondre à la fameuse question "Mais comment font les Maîtres ?". Réduire en termes de débutants (règles) une expertise n'est pas possible (sinon ce n'est pas une expertise), il est donc impossible d'expliquer comment procède un Maître ou un Expert. Dans les écoles, la mise en place d'une pédagogie permet de grimper les étapes ci-dessus. L'étape 3 demande de la supervision, de même que l'étape 4. En revanche, seules l'expérience et l'intuition (ou feeling, ou instinct ou biotest) permet d'atteindre le niveau 5 !

6- Le bonheur est stresseur

    • Un zona suite à une très bonne nouvelle, une crise d’eczémas le jour de son mariage, le pied qui part dans un trou du trottoir et se luxe alors que l'on découvre un site merveilleux ... eh oui le bonheur peut être stresseur et amener des somatisations plus que désagréables, alors que faire ...

Quand nous pensons émotions et travail sur l'émotionnel nous pensons pratiquement tous exclusivement aux émotions dites négatives. La colère, la tristesse, le ressentiment, la jalousie nous savons qu'il est nécessaire d'apprendre à les gérer si nous désirons rester sereins. Par contre nous n'avons pas le réflexe d'imaginer un instant que les émotions positives comme la joie, le bonheur peuvent également être perturbantes. Or l'émotion au départ c'est de l'énergie. Si elle est en excès, quelle que soit sa tonalité, le corps ne peut pas la gérer : il va falloir l'éliminer ou sinon elle risque fort d'être somatisée !

Pour les émotions négatives, dansez sans musique, allez marcher, va permettre de consommer ce surplus d'énergie. Pour les émotions comme le bonheur c'est plus simple nous allons l'offrir à l'univers. Cela peut se faire à travers un geste des bras qui part du cœur et monte vers le ciel, ou/et en pensée, à travers la répétition d'une petite phrase en interne à l'image d'un mantra :

"J'offre tout mon bonheur à l'Univers".

Dire cette phrase intérieurement tout en l'accompagnant avec votre souffle comme si l'air que vous expirez était chargé de cette joie.

Si vous pouvez vous isoler, dire la phrase à voix haute et faire le geste d'ouvrir les bras en lançant en l'air tout ce bonheur. Ceci également plusieurs fois.

Ne laissons pas notre inconscient gérer à sa façon - la somatisation - notre excès de joie ou de bonheur, et consciemment utilisons la médiation corporelle pour vraiment profiter.

7- La métaphore

La métaphore outil thérapeutique depuis la nuit des temps

À l'heure où le thème de la communication est une nécessité incontournable, il existe un outil très intéressant, mais souvent sous-estimé et donc négligé: il s'agit de la métaphore.

Qu’est-ce qu’une métaphore?

Considérons d'abord la définition que nous en donne le dictionnaire :

  • La métaphore est une figure de rhétorique, un « procédé de langage qui consiste à employer un terme concret dans un contexte abstrait par substitution analogique, sans qu’il y ait d’élément introduisant formellement une comparaison » (Le Petit Robert, 2000).

Autre définition :

  • La métaphore est un procédé qui consiste, par analogie, à donner à un mot un sens qu'on attribue généralement à un autre.

Exemples :

  • Une avalanche d'applaudissements.
  • La vie est loin d'être un long fleuve tranquille.
  • Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage. (Baudelaire "l'ennemi").

À l’origine, la métaphore vient du grec metaphora qui veut dire transposition.

Nous voyons qu' il s'agit d'une sorte de comparaison implicite, car la métaphore n’utilise pas de mot pour introduire la comparaison. Elle crée la surprise chez le lecteur ou l'auditeur en rapprochant des images inattendues. Il n'y aura donc pas dans l'expression ou dans la phrase de terme tel que : "comme". C'est une figure de style qui permet d'établir une correspondance entre deux objets, une personne et un objet ou une idée, entre deux sensations, etc. Elle permet d'illustrer, de transmettre, d'émouvoir ceci afin de produire certains effets psychologiques.

Élargissement

Dans le cadre de cet article, nous avons fait le choix d'élargir notre réflexion en incluant à cette notion de métaphores les contes, les légendes ou les histoires drôles. En effet ceux-ci fonctionnent de la même manière que les métaphores et peuvent être considérés de ce fait comme des outils de communication voir comme des outils thérapeutiques de la même famille.

D'un point de vue historique, elles rejoignent toutes les histoires en lien avec la tradition orale. Depuis la nuit des temps, le conteur a joué un rôle fondamental dans toutes les sociétés et sur tous les continents. Dans l'antiquité, chez les Grecs comme chez les Romains, l'usage de la métaphore était reconnu comme un moyen privilégié de communiquer avec les Dieux. C'est pourquoi je vous propose, dans un premier temps d'explorer quels sont les mécanismes qu'active en nous la métaphore, donc ce qui la rend impactante. Puis dans un deuxième temps, nous verrons dans le contexte actuel, en quoi, cet outil reste toujours d’actualité.

Comment agit la métaphore?

Aujourd'hui, grâce à de nombreuses études (*George Lakoff) nous avons appris qu'en réalité les métaphores sont des instruments fondamentaux de notre pensée. Prenons un exemple : celui d'une personne qui évoque son parcours personnel et regardons les expressions métaphoriques suivantes :

  • "J'ai encore un long chemin à faire"
  • "Je ne sais pas où aller"
  • "Je suis à un carrefour de ma vie"
  • "Toutes les voies me sont ouvertes"
  • "C était un cul-de-sac"
  • "Je voudrais prendre un nouveau départ"
  • ...

Si nous regardons ces différentes expressions elles partent d'un point, d'une idée qui leurs est commune "la vie est un voyage". Nous voyons bien en quoi, cette métaphore fondamentale - dite conceptuelle-, qui n'est pas exprimée de façon courante dans le langage quotidien, a permis de penser un domaine, celui de la vie, dans les termes d'un autre : le voyage. Les métaphores permettent également de passer d'un domaine inconnu à un domaine connu ceci parce qu'elles rendent possible de "penser l'inconnu à partir du connu" ou encore de transformer un concept abstrait en une réalité palpable.

Prenons un exemple : Vous avez besoin d'expliquer à une personne à quoi sert un coach et vous avez une minute pour le faire. Demander à la personne d'imaginer une mouche ou une abeille prisonnière dans une bouteille à demi-remplie d'eau sucrée. L'insecte à cause des reflets et de la forme de la bouteille ne peut pas voir la sortie. Le coach lui est à l'extérieur de la bouteille et comme il sait où est la sortie, il va pouvoir guider efficacement son coaché. En racontant cette histoire, vous venez d'utiliser une métaphore pour illustrer concrètement en quelques mots une forme d'accompagnement.

La métaphore quand elle prend la forme de contes va s'adresser à notre inconscient et par les symboles qu'elle utilise, mobiliser les ressources de notre hémisphère droit. C'est pourquoi, dans le cadre thérapeutique, la métaphore va pouvoir être un outil à notre service puisqu’elle va être pour notre interlocuteur et son inconscient ce que les contes et autres légendes mythologiques sont à l'inconscient collectif. C'est ce qu'avaient intuitivement compris les anciens. D'une façon plus globale il faut retenir que les histoires peuvent servir à véhiculer et donc à transmettre des messages, d'une façon ludique et qui ne va pas créer de résistance au niveau du mental. Qu'il s'agisse d'une morale comme dans les fables de La Fontaine, ou de mythes plus profonds comme dans les contes de fées, une fois "l'histoire" entendue notre vision du réel n'est plus la même. Nous avons eu une invitation à changer notre façon de penser et de voir la Vie.

Dans ce cadre nous comprenons bien qu'effectivement la métaphore est beaucoup plus qu'une simple figure de style ou de rhétorique et peut devenir un véritable outil à différents niveaux pour celui qui le désire.

Dans quel domaine utiliser les métaphores ?

Les domaines sont infinis dès qu'il s'agit de communiquer de la connaissance, de la compréhension, d'aborder des notions abstraites ou inconnues.

D'un point de vue purement oratoire utiliser des métaphores lors d'un exposé va le rendre automatiquement plus vivant et plus concret. Nous apprécions tous les anecdotes, car, par le biais de leur originalité ou de leur humour, elles viennent créer une rupture dans le rythme d'un discours parfois monotone ou trop complexe. Souvent également elles permettent d'ancrer et de garder en mémoire des notions difficiles à retenir.

D'un point de vue pédagogique, elles vont offrir la possibilité de faire des ponts entre des notions inconnues à acquérir et des domaines déjà connus. Elles faciliteront des explications de phénomènes ou de processus impossibles ou compliqués à décrire. Prenons un exemple : souvent au cours de nos séances nous sommes amenés à expliquer à la personne qu'elle est en train de confondre le moyen et l'objectif. Passer par la métaphore de l'arc, des flèches et de la cible pour recadrer la problématique est un moyen très parlant qui va permettre tout de suite à la personne de comprendre ce qui se passe et à quel niveau se situe son "erreur".

D'un point de vue thérapeutique, comme les métaphores permettent de communiquer directement avec l’inconscient par le biais des émotions, elles permettent de franchir la barrière du mental et d'échapper à ses oppositions ou à ses critiques. Il va donc être possible de lancer des processus de changements, sans créer de résistance dans le mental. Puisque c'est une histoire donc que cela n'a rien à voir avec la personne ni avec la réalité celle-ci va pouvoir écouter sans stress. La personne aura accès à une autre vision des choses qui fera qu'ensuite, elle ne verra plus sa vie de la même façon. Donc elles amènent en toute écologie un changement d'état, de contexte qui favorise l'émergence de nouvelles solutions alors qu'auparavant la personne était face à des problématiques qui lui paraissaient insurmontables. Elle ouvre des espaces pour la créativité.

Conclusion

Si vous aimez raconter des histoires, sachez que cela peut devenir un vrai point fort dans votre qualité de communicant ou de thérapeute. Pour vous y aider nous vous conseillons l'excellent livre de Gérard Szymanski : "La métaphore, voie royale de la communication" chez InterEditions.


* George Lakoff, professeur de linguistique université de Californie, a coécrit "Les métaphores dans la vie quotidienne" avec Mark Johnson, en 1980.

8- Le mythe de la relation adulte-adulte

Si le schéma comportemental BVS (Bourreau-Victime-Sauveur) est certainement le plus destructeur et le plus ancré sur terre, il peut être intéressant d'étudier aussi le schéma PAE (Parent-Adulte-Enfant) plus léger, mais également très actif dans les relations du monde entier ! Nous vous proposons donc une découverte à la méthode "éthérapie" de ce modèle très bien formalisé et approfondi en AT (Analyse Transactionnelle). Cet article ne peut et ne veut pas remplacer une formation AT, en revanche nous mettrons en avant quelques points clefs qui donnent du sens à nos relations et nous aident à mieux gérer le stress relationnel en milieu familial comme en milieu professionnel.

On présente souvent le modèle comme ci-dessus, d'un côté une personne avec ses 3 sous-personnalités (ou états) et de l'autre côté "l'Autre", la personne avec qui vous êtes en relation. En tant qu'adulte responsable et ayant fait du développement personnel, la relation adulte-adulte est naturellement celle que vous recherchez et vous pensez sans doute que c'est "naturel". Et bien, comme vous le laisse à penser le mot "Croyance" du schéma ci-dessus, il n'en est malheureusement rien (ou du moins c'est très rare).

L'état adulte est souvent le fruit d'un travail de conscience sur soi, ce n'est donc pas inné. Et oui, la grande majorité des personnes ne savent pas se mettre en position d'adulte et les événements relatés dans la presse nous le montrent d'ailleurs régulièrement. Si l'état "Adulte" n'est pas notre lot quotidien, c'est donc la position "Parent" ou "Enfant" qui est la position classique de communication ! Surprenant n'est-ce pas ? Et la communication la plus standard est Parent-Enfant !!!

Dans plus des 2/3 de nos communications nous serions donc, à notre insu ou non, soit en position de Parent soit en position d'Enfant ... et ceci est lourd de conséquences dans la communication si on veut qu'elle soit efficace ou/et non-violente.

La communication Adulte-adulte est donc celle que l'on espère et pourtant, même si les deux personnes en relation savent prendre cette position, la communication n'est pas évidente et même loin d'être facile comme le montre l'étude de la communication Yin-Yang souvent abordée dans la newsletter. Établir un dialogue :

  • "Le dialogue réfère à un mode de conversation qui comporte nécessairement raison, discernement, exactitude et sagesse, ainsi qu'une interpénétration des arguments convergents et convaincants, au fur et à mesure de ce que le dialogue se déploie parmi les interlocuteurs. (Wiki)"

demande de la sagesse, du recul et une certaine démarche philosophique très éloignée du "je sais" ou du "j'ai raison". Aussi, si l'autre n'est pas en demande ou en capacité d'atteindre la position "Adulte", alors là on va obtenir ce que l'on nomme "un dialogue de sourd".

Bref le dialogue dont on rêve, mais n'est accessible qu'avec du travail, un entraînement, de la bienveillance, de la bonne foi, de la non-dualité, de l'ouverture et la guérison des principales blessures émotionnelles de sa petite enfance.... tout un chemin !

Il nous reste comme la principale relation possible :Parent-Enfant, c'est donc que nous avons le choix entre... "Parent" ou "Enfant", c'est tout !

Les politiciens, les professeurs se mettant d'office en position "Parent" (celui qui sait), il ne vous reste plus que la position enfant.... Avec votre patron vous adopterez certainement la position "Enfant" et avec vos subalternes la position "Parent".

Mais avec votre père ou votre mère... Eh oui, si Adulte-adulte n'est pas acquis, soit vous restez l'enfant, soit vous "savez pour les autres" et vous passez en mode parent de vos parents. Au boulot, avec une personne de même niveau hiérarchique, vous pensez pouvoir passer en mode Adulte-adulte, mais si ce n'est pas possible, il ne vous reste que deux positionnements possibles : "Être son père ou sa mère" ou être l'enfant !

Enfin, avec les copines et les copains, le mode enfant-enfant est aussi un mode assez naturel (parent-parent est plus rare).

Mais n'est-il pas possible de faire passer l'autre en mode "adulte" comme l'indique le schéma ci-dessus ? C'est certes une louable tâche, Socrate par son discours maïeutique notamment, s'y attachait journellement. Les parents qui accompagnent leurs enfants sur un chemin d'autonomie aussi. Mais ce n'est pas chose aisée : on ne peut pas vouloir à la place de l'autre. Un grand entraînement est donc nécessaire et les stages en résidentiels en AT, CNV, Espère ou Gordon sont un bon moyen d'acquérir cette expertise.

9- Les nouveaux couples quantiques

Alors que dans l'air du poisson, l'émotionnel guidait les choix amoureux, suscitant de l'excitation...de l'agitation ?

Dans l'ère du Verseau qui s'ouvre, le couple se crée autour de la notion de cohérence et de simplicité.

L'énergie n'a plus la même direction.

La forme du vortex est la clé. La danse du yin et du yang crée un vortex qui crée un espace cohérent et simple, base de la présence pure a l'autre. L'écoute cellulaire de l'être devient la base de sa capacité à créer un couple 1+1 = 3. Être avec l'autre devient une évidence.

La notion de fidélité rattachée à la morale et à la dualité dans l'ère du poisson est remplacée par une notion de cohérence dans l'ère du Verseau. C'est évident et cohérent de rester avec l'autre. Le lien n'est plus basé sur l'attachement, mais sur le service de l'énergie de vie. Être avec l'autre est alors un choix de cohérence et de simplicité. L'évolution spirituelle et les choix des âmes deviennent le socle de l'union. L'équilibre du vortex du couple est alors conditionné par la capacité à se mettre au service de la Source, de l'énergie de vie. Les couples de l'ère du Verseau seront donc thérapeutiques au sens ou porteurs d'une onde cohérente Guérisseuse. Cette onde implique la non-dualité, l'engagement et le dépassement de l'ego...

Aux prémisses du Nouveau Monde, le couple devient source d'évolution et de guérison individuelle et collective.

Les vortex ainsi créés apportent la connaissance au monde sous une nouvelle forme...il nous faut aujourd'hui transformer toutes nos références internes et externes face au couple.

SDG (source inspirée)

10- Presse & cyber-presse

Circle-songs

Vous pouvez retrouver la compilation de tous les circle-songs de réharmonisation via trois chemins :

Thérapies Quantiques : la newsletter

Pour offrir ou pour s'offrir, la compilation de toutes les newsletter "Thérapies Quantiques 1 à 16" est disponible en livre relié de qualité chez Lulu.com :

www.lulu.com/shop/product-22334481.html

No-stress la compil

La compilation papier de tous nos kindles sur la gestion du stress par la médiation corporelle est maintenant disponible à l'international (Doula au Cameroun, Montréal au Canada, US, Brésil, Hong-kong, Australie...) :

http://passeport-no-stress.fr/2015/07/01/no-stress-la-compil/

Le mémento de la Zénitude

Un ouvrage tout public, un bon cadeau pour Noël;o)

http://passeport-no-stress.fr/2015/10/15/memento-zenitude/

Ingénieurs, experts et intuition

Comme le disait déjà le consultant Lionel Meneghin dans les Echos en 2013 : "Expertise et intuition : à quel moment l'expert passe-t-il en mode intuitif ? ", la revue "Techniques de l'Ingénieur" reprends la même thématique en 2015 :

"Quand les pros de l’intuition se mêlent au recrutement"

Notre "Top 7" sur la page publique FB

  1. Tao Te King : les célèbres aphorismes de sagesse ordinaire interprétés avec notre vocabulaire, et mis en images symboliques via des Uqn !
  2. Ondes Scalaires : un article complet qui remet aussi bien en évidence les fondamentaux comme : "La première machine à ondes scalaires, c'est nous" ou encore "l’exercice physique harmonisé - Yoga, Tai Chi chuan, Qi Gong ou… danse - , sont une autre façon de capter la lumière - les ondes scalaires -, cette fois par son corps en mouvement.
  3. Le célèbre livre de John Gray "Les hommes viennent de mars, les femmes de venus" en ligne sur Issuu
  4. Intention / Attention, un essai de définition par Marc Sokol (et un beau partage)
  5. Qi-Gong pendant le Coaching : le fait de faire l'exercice de Qi-gong avec le patient, face-face, à aussi une implication positive comme le rappel ce compte-rendu.
  6. La conscience comme clef de la non-fatalité : "Je conjure la fatalité" une vidéo de Jean-Jacques Crèvecoeur.
  7. Le Qi-Gong est officiellement bon pour la santé. Depuis le 5 mars 2013, le Qi-gong est officiellement reconnu comme thérapie complémentaire (ThC) par l’Académie Française de médecine.

Rappel : les pages Ethérapie et Passeport-No-Stress sur le réseau social Facebook sont publiques, c'est-à-dire que vous pouvez les lire sans vous inscrire.

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