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Communiquer, pour les hyper-sensoriels.

publié le 1 mars 2015 à 08:22 par Marc Polizzi   [ mis à jour le·20 oct. 2015 à 01:18 par Pascale Marc ]

7 Clés pour mieux communiquer

7 clés pour pouvoir s'intégrer dans une conversation des 2/3 quand on est un 1/3 ;o)

Avant propos & rappels

La loi de répartition statistique d'une population dite "Normale" suit une loi de Gauss ou loi normale ou courbe en cloche :

Loi normale - Courbe de Gauss

Dans ce cadre la partie centrale majoritaire représente 68% de la population globale soit environ les 2/3. Les 1/3 restant sont couramment désignés comme "marginaux", terme connoté depuis plus de 50 ans, mais initialement considéré comme indispensable dans une population vivante qui perdure. Pour des raisons stratégiques économiques et politiques, ces 1/3 sont rarement pris considération. C'est donc à eux qu'appartient de faire l'effort pour communiquer avec les 2/3.
Évidemment cette présentation succincte ci-dessus est forcément simplifiée, mais elle permet de mieux saisir le modèle 2/3 - 1/3 quand il sera évoqué dans la suite de l'article.
Dans tous les cas, que vous vous considériez dans les 1/3 ou non, hypersensoriels ou non, comme vous allez le découvrir, il s'agit tout simplement de mieux communiquer entre personnes respectueuses.

Introduction

En tant qu'hypersensoriel le challenge de réussir à communiquer avec les 2/3 sans stress ou au moins avec le minimum de stress est quasi obligatoire à assumer. En effet, ils sont par définition les plus nombreux et il est difficile de les éviter. Donc apprendre à vivre avec et au milieu d'eux est incontournable. Le phénomène de la Loi Normale est présent à tous les niveaux. De ce  fait  nous y sommes confrontés aussi bien dans notre milieu familial, amical, professionnel que d'une façon plus large et plus globale. C'est pourquoi nous vous proposons 7 clés pour cultiver l'art de la relation avec les 2/3.
Il va s'agir d'une série de petits principes à avoir présent à l'esprit et à adopter à chaque fois que vous entrez en relation avec une personne des 2/3 (non hypersensoriel ni particulièrement "branché"). La communication se faisant sur deux niveaux : verbal et corporel (via notre gestuelle) : nos conseils porteront tantôt dans un des plans, tantôt dans l'autre voir les deux. Nos conseils seront soit classiques donc valables pour toute personne cherchant à cultiver des relations soit plus spécifiques pour les hypersensoriels.
Communication

A- Première clé : Inspirez la confiance

Nous savons tous que notre état d'esprit déteint sur notre posture. Notre gestuelle parle à l'inconscient de celui qui est en face de nous et exprime en un langage non verbal notre ressenti vis-à-vis de l'autre ou des autres. Si vous êtes dans l'enthousiasme, naturellement, vos gestes seront ouverts, libres et votre interlocuteur aura envie d' établir un contact avec vous.
La première règle sera donc de cultiver cette énergie de l'enthousiasme en interne dès le matin en pratiquant différents exercices qui vont nous recentrer et stimuler la circulation de l'énergie de vie en nous. Qi Qong, respirations, postures de yogas chanter sous sa douche tout ce qui peut être susceptible de vous revitaliser va être un atout pour partir à la conquête du monde ou au moins pour le traverser sans encombre.
Pour vous aider à rester dans cette attitude d'ouverture et d'enthousiasme un autre point clé va être important à garder bien présent à l'esprit. Quel est votre objectif en choisissant d'avoir une relation  avec cette personne ou avec ce groupe ? Pourquoi avoir choisi d'être présent ? Quel est le besoin qui vous motive ? Être clair avec « ce pourquoi » est essentiel.
Cela peut être par exemple un motif d'ordre économique car en lien avec votre activité professionnelle. Ou encore un motif d'ordre personnel, car vous désirez sortir de votre isolement et agrandir votre cercle de relations ou vous faire des amis. Dans ces moments-là, se rappeler que participer à cette soirée est un des moyens pour arriver à votre objectif vous permettra de rester ouvert aux opportunités qui peuvent se présenter. Dès lors qu'un de nos actes retrouve son sens, le stress diminue et devient  plus simple à gérer.
Pour vous souvenir de votre objectif, choisissez un petit objet qui le symbolise et glissez-le dans votre poche. Par exemple une pièce de monnaie peut correspondre au motif économique, une bille ou un bonbon peut symboliser l'amitié ou votre besoin de créer de nouveaux liens, etc. Chercher votre propre symbole est très important, il faut que l'objet vous parle et soit significatif pour vous. Vous pouvez aussi porter une couleur ou un accessoire pourvu qu'il vous relie automatiquement  à votre objectif . C'est un peu le même principe que le fameux nœud à son mouchoir sauf que là l'objet choisi fera référence dans votre conscient à quelque chose de plus précis.

B- Deuxième clé : Écouter et être écouté

Selon les circonstances dans lesquelles nous sommes amenés à rechercher la communication, notre écoute prendra différentes formes. En effet si le contexte est d'ordre professionnel ou amical les enjeux ne sont pas les mêmes. De même si nous avons affaire à une personne connue ou inconnue notre attitude sera différente. Le challenge de l'hypersensoriel va être de savoir gérer sa nature trop empathique comme de rester discret sur ce qu'il ressent.
Écouter c'est l'art de savoir se taire. Voyons ce que nous mettons en place implicitement quand nous faisons le choix d'être à l'écoute de l'autre. Le comprendre est très important si nous ne voulons pas vivre cette mise en retrait momentanée comme négative et contraire à l'affirmation de soi. Quand nous choisissons d'écouter l'autre, nous envoyons entre autres deux messages « tu es intéressant » et «  je suis disponible pour toi (ou pour vous si votre interlocuteur est un client par exemple) ». Cette maîtrise du silence est un atout d'autant plus si l'on sait que parler par ailleurs éveille instantanément la critique. En psychologie on a défini différents types d'écoute : l'écoute ouverte, l'écoute en miroir, l'écoute active, etc. Celle qui nous intéresse est la première les autres faisant appel à des capacités plus orientées dans la relation d'aide.

Communication Yin/Yang Mars/Vénus

Pour définir ce qu'est l'écoute ouverte, Jacques Salomé (psychosociologue et auteur de vivre avec les autres éditions de l'homme) donne l'image d'une promenade avec un ami. Que se passe-t-il si vous marchez par exemple aux côtés d'un ami plus âgé que vous ? Spontanément vous allez vous adapter à son rythme,vous accepterez les pauses sur un banc vous lui prendrez le bras si le chemin est difficile. L'écoute ouverte c'est pouvoir se mettre dans le même état d'esprit. C'est accepter l'autre dans ses idées, ses sujets, ses expériences son système de croyances sans juger ni interpréter. C'est prendre du temps, rentrer dans le monde de l'autre en toute bienveillance. Pour un hypersensoriel, l'effet peut être aussi dépaysant qu'un voyageur qui arrive dans une contrée inconnue voir carrément sur une autre planète. D'où l'importance de bien se rappeler pourquoi on est là et la fameuse loi Normale. Ensuite, se rappeler que si notre ressenti est en décalage avec le discours ou l'attitude de l'autre il faut rester très prudent, car la plupart du temps il ne faut surtout pas le signifier à la personne. Vous pouvez ressentir que cette personne est par exemple triste ou énervée alors qu'elle fait tout pour le cacher. Respecter son souhait de ne pas montrer son  véritable état intérieur est important si vous voulez éviter de vous en "faire un ennemi". Il est également important de rester vigilant avec notre  ego qui nous pousse volontiers à juger et comparer. Enfin si nous nous sentons mal à l'aise avec ce qu'évoque notre interlocuteur se souvenir d'envoyer à la terre et revenir à la conscience de "ceci ne vous appartient pas".
Heureusement le moment de parler de soi existe aussi et voyons comment renforcer l'intérêt de l'autre pour notre discours. Cela va être le moment de placer votre fameuse étiquette celle qui permet de rassurer les 2/3 : "en tant qu'atypique, en tant qu'artiste en tant que... voici mon avis... ou je me demande si... etc". En parallèle d'une façon plus classique commencer sa phrase par « Bien ou Bon... »suivi d'une petite pause est très utile. Ceci d'autant plus si la situation est tendue : par exemple une dispute avec son conjoint  ou si vous vous apprêtez à argumenter pour obtenir une augmentation. Ce petit mot prononcé tranquillement suivi d'une pause met l'autre dans une disposition d'esprit positive. En cas de conflit il laisse à penser que les choses ont été réfléchies dans un sens positif. De même ralentir le rythme de sa voix, avoir des gestes plus lents renvoie l'image d'une personne calme et posée qui sait de quoi elle parle et qui sait ce qu'elle fait. Votre interlocuteur ressent une personne pleine d'assurance et il sera plus enclin à accueillir favorablement vos arguments ou votre demande.
Il existe une autre astuce de langage qui crée aussitôt de l’intérêt  chez l'autre c'est « parce que ». Dès que nous complétons notre  phrase en introduisant ce simple mot nous allons ajouter de la compréhension  pour l'autre. Nous entrons dans une démarche d'ouverture qui permettra à l'autre de mieux connaître la cause de notre choix, la raison de notre proposition ou de notre démarche, etc. Nous lui offrons une possibilité de mieux nous connaître.
Exemple :
Vous assistez à une conférence et vous désirez entrer en contact avec la personne assise à côté de vous : "Je suis ici parce que je connais Mr X et vous ? Est-ce que vous avez  lu son livre parce que je me demande si  je dois l'acheter."

C- Troisième clé : Créer l'habitude d'émettre des messages positifs

Des études ont démontré que notre cerveau n'entendait pas les négations en cas de stress notamment, mais aussi qu'il ne pouvait concevoir un contraire sans son opposé. Ainsi si je vous demande de ne pas penser à une voiture rouge. À quoi venez-vous juste de penser ? À une voiture rouge n’est-ce pas ? Vous y avez pensé juste avant de réaliser qu'il ne fallait justement pas y penser. Le cerveau ne sait pas « ne pas faire ». Si nous ajoutons qu'en cas de stress l'effet est encore plus accentué nous pouvons comprendre pourquoi certains de nos messages vont aboutir à l'effet inverse de celui recherché.
Avez-vous remarqué que dans notre langage nous utilisons énormément de négations, ou de termes à connotations négatives ? Par exemple, quand on aime quelque chose au lieu de dire c'est bien, c'est beau, etc. on dit ce n'est pas mal ( donc pas et mal ) ou encore ce n'est pas bête, ce n'est pas faux ! Nous sommes dans le paradoxe d'avoir pris l'habitude d'employer deux négations pour exprimer au départ un sentiment positif ou valoriser quelque chose ou quelqu'un. Résultat le message réel  que nous envoyons au cerveau de l'autre et qu'il va enregistrer inconsciemment sera : «c'est mal, c'est bête, c'est faux...». Nous comprenons pourquoi à partir ce ce moment-là son état d'esprit vis-à-vis de nous sera plutôt propice à dire non à nos idées qu'à les accueillir favorablement. L'autre n'est plus réceptif, nous avons fermé des portes sans nous en rendre compte.

Pensée Positive, Joie

Autre exemple très classique : « N'hésitez pas à m’appeler si vous avez besoin d'autres renseignements ». Nous voyons encore ici le message inconscient qui va à l'encontre de notre objectif qui devient: « hésitez à….». Transformez votre phrase avec une affirmation : «Appelez-moi si vous avez d'autres questions». Donc mettre l'accent sur ce qui est à faire et non l'inverse est important (c'est d'ailleurs la base de la fameuse Loi d'Attraction).
Que ce passe-t-il en cas de stress ? Ce phénomène de gommage des négations par le cerveau est encore plus marqué. Comme c'est notre cerveau limbique qui prend le dessus aucune possibilité de rectifier le message, le cerveau de la réflexion étant déconnecté.
Dans notre cadre, où l'objectif est d'établir une communication ouverte et positive, il est également important de repérer et d'éviter les termes à connotations négatives du type : oublier, rater, échouer, erreur, peur, problème, retard, grossir, aucun, défectueux, inadmissible, maladie, difficile, compliqué, tromper, etc. même si ce sont ces mêmes termes qui ont jalonné notre cursus scolaire ! En effet en utilisant ce type de terme nous focalisons l'attention de notre cerveau sur justement ce que nous voulons éviter. Le cerveau devra faire tout un travail pour rétablir avec plus ou moins de succès la signification du message. Utilisez des formes affirmatives voir impératives, choisissez des termes à la signification positive. Vous y gagnerez automatiquement, car, en plus, la formulation positive est beaucoup plus valorisante pour l'autre en terme de reconnaissance et de motivation.
Transformez son langage en limitant les négations au maximum demande au départ beaucoup de vigilance et de persévérance. C'est une observation et un travail de chaque instant,  car il s'agit de créer de nouveaux réflexes dans un environnement et une société qui prône l'inverse.

D- Quatrième clé : L'importance du regard, témoin de votre intérêt pour l'autre

L’œil communique bien plus que n’importe quelle partie de notre corps. Non seulement il affiche notre confiance, mais il augmente la crédibilité de notre message, il nous aide aussi à comprendre ce que l’autre essaye de dire. Le regard fournit une information. Regarder l'autre c'est entrer en contact avec lui maintenir son attention tout comme cela nous aide à percevoir ses réactions, savoir s'il nous a écouté ou compris.
La difficulté c'est qu' un regard trop soutenu peut être vu comme agressif, un regard évasif que vous n’avez pas d’intérêt pour les propos de votre interlocuteur. Regardez une personne dans les yeux  peut être délicat aussi il existe des petites astuces pour ne pas se mettre en stress tout en créant un climat de confiance. Par exemple on peut se demander quelle est la couleur des yeux de son interlocuteur. Ensuite, chercher quelles nuances nous y voyons, en affinant la description que nous en ferions. Exemple marrons : noisette ou champagne, etc. Souvent il est conseillé de regarder un point entre ses deux yeux au milieu du front puis on peut déplacer son regard sur les joues revenir au front, etc. Si vous avez du mal, vous pouvez vous dire que vous devez être capable de faire une description fine de la personne suite à la conversation. Dans tous les cas, restez naturel, ciller, respirer !

Le regard en communication

E- Cinquième clé : Donnez des feed-back 

L’étymologie du mot feed-back vient de feed nourrir et back retour. Quand on parle de communication, le feed-back est le curseur qui va nous permettre de prendre conscience de l’effet produit par ce que nous disons sur nos interlocuteurs qui, à leurs tours, verront l’effet qu’ils produisent sur nous par le feed-back que nous leur renvoyons. Il est très difficile d'avoir conscience de ce que nous communiquons. Comment savoir si l'autre nous a bien compris ou comment savoir si ce que nous avons compris est effectivement ce que voulait nous transmettre notre interlocuteur ? On ne peut pas ne pas faire de feed-back, de même que l’on ne peut pas ne pas communiquer. Vouloir ne pas communiquer est déjà communiquer quelque chose. L’écoute du feed-back est importante tout comme son analyse est également une étape vitale afin de réajuster si  nécessaire.

Communication non violente

Si nous sommes amenés à écouter une personne, pour lui renvoyer un feed-back sans l'interrompre, nous allons utiliser le langage corporel. À travers notre corps, notre positionnement, notre regard, nous sommes en mesure de « dire à l'autre » l’intérêt ou le non-intérêt que suscitent ses propos. Nous avons vu que maintenir le contact visuel avec l'autre est vécu comme un signe d'attention, le sourire également, mais il est possible de dodeliner de la tête ou de la pencher légèrement en avant pour acquiescer. Avoir ses pieds et son corps tourner vers l'autre démontre que nous cherchons à être en phase avec lui. De même nous devinons bien que si l'autre soupire, secoue la tête, regarde vers le bas ou plie les bras en se penchant vers l'arrière il n'est pas d'accord, voire mécontent ou irrité par nos propos.
Sur le plan verbal, la reformulation est une forme de message en retour qui montre qu’une communication réelle s’est établie entre les deux interlocuteurs. Reformuler aide à montrer que l’on a écouté son interlocuteur, à vérifier que l’on a compris le sens de ses propos, et éventuellement à faire clarifier ou préciser ce sens. C'est la meilleure façon pour éviter les quiproquos voir les conflits.
Il existe plusieurs techniques de reformulation. Nous en évoquerons essentiellement trois parmi les plus simples à mettre en œuvre :
[1 : écho] La première dite en écho ou perroquet consiste à reprendre les mots de votre interlocuteur. Par exemple :
- C'est difficile en ce moment je me sens fatigué.
- Je comprends, tu te sens fatigué
Il est possible d'utiliser aussi cela pour relancer un échange :
- C'est difficile en ce moment je me sens fatigué.
- Fatigué ? ...
En réagissant ainsi nous montrons bien à l'autre que nous l'avons écouté et entendu.
[2 : reformuler] La deuxième technique est celle de la reformulation en miroir : vous reformulez les propos de votre interlocuteur avec vos propres mots, en paraphrase. Pour cela nous commencerons notre phrase avec des expressions telles que : « En d'autres termes ...si j'ai bien compris....si je comprends bien...tu veux dire que... ». Nous voyons bien que dans ce cas notre objectif va plus loin puisque nous cherchons à vérifier que nous avons bien compris ce que cherche à nous exprimer la personne. Cela démontre une vraie marque  intérêt pour ses propos elle va se sentir comprise.
[3 : résumer] La troisième possibilité va être très utile quand nous sommes face à un interlocuteur qui nous a abreuvé de détails. Il s'agit de la reformulation résumée. Elle consiste à faire une synthèse de ce qui a été évoqué, voir à dégager un ou deux points qui nous intéressent ou nous semblent essentiels. Nos débuts de phrases pourront commencer par : « En résumé tu me dis que... Si je résume... Au final... En deux mots.... » Cela va permettre de recentrer la discussion ou si notre synthèse ne convient pas nous donnons la possibilité à l'autre de préciser sa pensée.
En tant qu'hypersensoriel notre difficulté va être au niveau de l'évaluation du feed-back et de son analyse. En effet via le phénomène d'amplification, il y a un réflexe à avoir pour se ramener à la réalité de l'intention de l'autre. Si une personne m'envoie des signes d'irritation en tant qu’hypersensoriel je reçois cette information avec un ressenti, un vécu émotionnel multiplié par 4 ou 6 voir plus pour certains. Si j’interprète ce ressenti sans la conscience de mon hyper-sensorialité, je vais croire que l'irritation de l'autre est 4 ou 6 fois plus forte que sa réalité intérieure. Je vais rentrer en stress avec le risque de réagir de façon disproportionnée puisque la réalité est 4 ou 6 fois moins « grave » que ce que j'ai perçu. De la même manière, si je ressens que l'autre me trouve sympathique il va falloir me rappeler de diviser par 4 ou 6 cet élan envers moi si je ne veux pas être déçu et alimenter des illusions.

F- Sixième clé : La cohérence

Évoquons d'abord le cas de la communication classique : S'il y a un décalage entre ce que nous pensons et disons, ou avec les actes que nous posons, nous perdons aussitôt notre crédibilité auprès de notre interlocuteur. L'autre ressent inconsciemment cette incohérence entre notre discours extérieur et notre état d'esprit en intérieur. Or il peut y avoir des situations où  exprimer nos pensées, voir nos opinions, n'est pas possible avec en parallèle, la nécessité de rester dans l'ouverture. Comment rester cohérent dans ce cadre ? Une des solutions est de pratiquer certains petits exercices afin de rester bien centré donc de ne pas rentrer en stress. Le premier est de respirer. Respirer de manière ample et profonde en ayant un inspir égal à l'expir. Si dans un deuxième temps vous désirez mettre votre attention sur le cœur pour pratiquer ce qu'on nomme la respiration dite cohérence cardiaque c'est aussi très bien. Ceci peut paraître simple, mais soyez assuré que c'est très efficace pour retrouver du calme et de la sérénité en intérieur. C'est très discret donc possible dans tous les contextes. Dès que nous réussissons à mettre notre corps dans une attitude agréable de détente, notre mental et nos émotions suivent, nous pouvons redevenir au moins neutres.
Dans le cas de l'hypersensoriel, la difficulté est renforcée par le fait que l'autre ressent que nous ne sommes pas comme lui sans pouvoir l'identifier. De ce fait il va être en stress il se sent en insécurité puisqu'il ne peut pas expliquer son ressenti. La solution va être de lui donner ce que l'on appelle une étiquette. En nous présentant avec un qualificatif que l'autre peut reconnaître parce qu'il fait partie de ses références nous allons le rassurer, il va pouvoir tout expliquer grâce à notre message de départ.
L'étiquette, un point clef

Prenons un exemple : vous êtes végétarien et votre famille est branchée viande rouge. Si vous leur rappeler à chaque réunion de famille : «  OK je viens, mais tu sais bien que moi côté menu je suis l'atypique de la famille ». Les autres ne pourront qu'en convenir. Ensuite soit ils vous acceptent dans ces conditions, soit s'ils se sentent trop dérangés dans leur référence et ils ne vous invitent plus au déjeuner, mais uniquement pour le café. Tout le monde est gagnant on aboutit à une solution avec le minimum de stress pour chacun. Vous voyez bien comment ensuite tout ce que vous ferez de différent d'eux va devenir normal puisque vous êtes atypique ou original. Bien choisir son étiquette est très important, car il ne doit pas y avoir de connotation négative derrière le mot choisi. Éviter les mots tels que bizarre, marginal, différent. Mots dont risquent de vous qualifier les 2/3 si vous ne prenez pas les devants en leur donnant le mot de votre choix. Cette étiquette va être votre bande-annonce dès que vous rencontrez de nouvelles personnes. Il va falloir apprendre à la donner systématiquement afin que l'autre puisse tout de suite vous situer et donc avoir une explication logique à tous vos comportements, systèmes de croyances, valeurs qui ne rentrent pas dans son monde. Par exemple vous venez inscrire votre enfant à l'école. Avertissez tout de suite la maîtresse que vous êtes une maman atypique. Ainsi quand vous lui demanderez de ne pas donner de bonbons à votre enfant, car vous estimez que le sucre n'est pas bon pour sa santé,  elle n'en sera pas étonnée et acceptera plus facilement votre idée « un peu étrange ». Autres étiquettes possibles: artiste, bohème, d'avant-garde...

G- Septième clé : Cultiver les affinités

La grande difficulté en tant qu' hypersensoriel et donc, en tant qu'appartenant au groupe du tiers marginal, c'est de trouver des points communs, des centres d’intérêt compatibles avec l'univers des 2/3. Or créer des points d'affinités assure une certaine base de confiance qui peut être très utile. Pour pouvoir communiquer avec eux, la stratégie va consister à vous documenter sur les sujets qui les intéressent.
Vous savez et vous avez bien intégré qu'eux ne chercheront jamais à vous comprendre, donc ce sera toujours à vous de faire le premier pas et d'entretenir la relation. Une astuce pour connaître le monde de l'autre est de feuilleter régulièrement un ou deux magazines qui vous donneront les sujets qui sont dans l'air du temps chez les 2/3. Prenez par exemple Marie-Claire ou femme actuelle et vous aurez pour les filles les tendances à la mode, le thème psy ou beauté du mois. Pensez à Automagazine ou l’Équipe pour les garçons.
Passe-temps, passions

Une autre astuce vis-à-vis des personnes plus proches va être de s'intéresser à ce qui les passionne, leurs loisirs préférés, leurs talents, leur thème favori. En les branchant sur leur activité préférée vous apprendrez pleins de choses dans des domaines que vous n'auriez jamais explorés, parce que trop éloignés de votre univers. Ainsi grâce à l'autre vous allez vous enrichir d'une connaissance indirecte qui peut se révéler tout à fait intéressante. Et bien sûr si vous avez des affinités ou des centres d’intérêt communs profitez-en pour le souligner, c'est un moyen simple et rapide pour créer de la confiance et tisser des liens.

H- Conclusion

Pour résumer il faut bien reconnaître que communiquer pour un hypersensoriel est un challenge qui exige non seulement d'utiliser les règles de communication classiques qui sont déjà tout un art, mais en plus de tenir compte de ses spécificités personnelles. Ces spécificités exigent une vigilance et une gestion de tous les instants. Être bien conscient de ce qui caractérise cette nature hypersensorielle est donc vitale si nous voulons réussir notre intégration dans la société ou au sein de tout groupe, quel qu’il soit. Bien évidemment le modèle 1/3-2/3 est caricatural, mais il permet pédagogiquement de mieux décrire les 7 clés. Ensuite, comme toujours dans la "vraie vie", tout est plus subtil, mais reste une histoire d'adaptation ;o)
Communiquer avec le monde de l'autre